Le correcteur n’est en général pas assoiffé d’argent ni de renommée, tout au contraire. Il veut tout au plus qu’on note de temps en temps qu’il existe. Son plaisir est d’être dans la coulisse, d’observer, il déteste le plein jour et la lumière brutale. Il est à la manière de Céline un « raffiné », qui trouve trop dur l’éclat des plages en été et trop vulgaire le troupeau des caméras. « Voir sans être vu », « entendre sans être entendu », c’est non seulement le propre du grand général selon Sun Tsé, mais aussi celui du correcteur. Il a trop de respect pour la littérature pour écrire des livres. S’il en commet, ils sont courts et rares. […]
in Souvenirs de la maison des mots (anonyme)
L’auteur, anonyme, correcteur d’édition, a chassé depuis deux décennies pour Galligrasseuil et leurs « scripteurs » (M. Hirsch, Fr. Weyergans, M. Onfray, B. Kouchner et autres BHL), ou leurs nègres, bourdes, galimatias, à-peu-près, anachronismes, hénaurmités sans pareille — un travail dit de « débotulisation * » —, et la relation qu’il en donne provoque (selon le point de vue que l’on adopte) franche hilarité ou morne consternation.
* du nom du philosophe fictif Jean-Baptiste Botul.
















































