vendredi 10 juillet 2026

very bad book

 « Il y a des écrivains ravalés, dangereux loustics, farceurs au quarteron, sombres mystificateurs, véritables aliénés, qui mériteraient de peupler Bicêtre. Leurs têtes crétinisantes, d’où une tuile a été enlevée, créent des fantômes gigantesques, qui descendent au lieu de monter. »

Lautréamont, Poésie I 


Question affaires louches, trafic en tout genre, lâcheté, loupés, chantages,

prévarications et maquereautages en ses diverses acceptions…


Pour progresser dans l’art de l’assassinat...


« Le vol est affaire de technique, l’assassinat, un art. Pour combiner les deux, faut être un cador.

C’est pas à la portée d’un gland comme toi qui vit avachi sur son canapé. » (p. 31)



— Feel bad book —



« Toi t’es qu’un nain, il dit ; et un sous-con. Jagotti permet pas. Ça s’envenime. Ils vont en venir aux mains, je les connais. J’en profite pour m’éclipser. Dans la rue, j’aperçois Odette qui lèche vitrines. Elle est avec un type. On dirait Jagotti. Pas le Jagotti que Faussard à c’t’heure lui casse une gueule, non, son frère ou un cousin. Ou un homonyme ? Et ils entrent dans une boutique de sous-vêtements. Vite, retour au bistrot. Les gars sont toujours à se foutre sur. Eh, je dis, stop, y’a du nouveau, bande de tarés ! Quoi ? ils disent. Odette ! Elle est à côté, à se faire payer des culottes à trous par un type louche. »


« Bistrot », p. 56


Daniel Cabanis exagère — et pas qu’un peu

Il exagère à plein tube

— là où passent cruauté, connerie et crânerie


(On dirait qu’il boit sans nous l’ dire)


Daniel Cabanis exagère

— Quant à gérer c’est une autre affaire

Mordre, bêtifier, médire et encourager 

À la délation, au meurtre

C’est le moins qu’il puisse faire


Il trouve ça drôle

En soirée de faire l’idiot

Il le fait si bien qu’on y croit

C’est un maître clown

On dirait qu’il aboit

Qu’il geint

— Qu’il se terre !


En vérité il est tout en mesures

En feintes & en réthorique

(Penche au quart à la cour de Pise)

Il hésite entre le pire

      & le pire du rire


Daniel Cabanis exagère

Commandite et exécute

Quelques basses œuvres

Il achète un parapluie d’apparat

Provoque railleries et rictus

Cauchemarde sévère

Entre « Chien » et « Croûte »


Entr’absurde & grand-guignol

Cabanis manipule des marionnettes de triste cire

Ça se gondole et dégouline

Entre cauchemars éveillés

Vastes tromperies

Salles blanches

& hôpital psy



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Daniel Cabanis

J’exagère sans peine

L’Incertain, 2026

84 p. [10 €]