Affichage des articles dont le libellé est cleptomanie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est cleptomanie. Afficher tous les articles

vendredi 20 février 2026

le portefeuille d’un homme de lettres

 Aristide Filoselle*, « brave » fonctionnaire retraité, collectionne compulsivement les portefeuilles qu’il a barbotés — après avoir collé méticuleusement une étiquette avec le nom de chaque propriétaire sur chacun d’entre eux, il les classe par ordre alphabétique dans les rayonnages de sa bibliothèque. Il découpe aussi dans les rubriques « faits-divers » des journaux et magazines tous les articles relatant ses filouteries et autres larcins, et les répertorie. C’est là son « œuvre », espiègle, celle d’un personnage attachant, inoffensif quoique hors la loi (outlaw), singulier, naïf et pour cela profondément original.

« J’ose dire, messieurs, que c’est une collection unique en son genre… », affirme Tintin (Le Secret de la Licorne, p. 59, III, 2)



_______________

* philo-selles —> « aimant les étrons » (bloqué au stade anal ?).



> cf. Nicole Benkemoun, La Dernière Aventure de Tintin et Hergé. L’Alph-Art et l’art de l’inachevé, éditions Sépia, 2022, p. 73

samedi 15 juin 2024

Schachnovelle


(1943 ; 2023)


« Et soudain mon regard resta fixé sur quelque chose. J’avais découvert que la poche latérale d’un des manteaux était légèrement enflée. À la forme rectangulaire de la proéminence, je crus reconnaître ce que cette poche légèrement bombée cachait : un livre ! Mes genoux se mirent à trembler : un LIVRE ! Cela faisait quatre mois que je n’avais pas eu un livre entre les mains, et l’idée d’un livre, la simple idée d’un ouvrage dans lequel je pourrais voir des mots les uns à côté des autres, lignes, pages, feuilles, d’un livre dans lequel d’autres pensées, nouvelles, inconnues, divertissantes, pourraient être lues et que je pourrais prolonger et emporter dans mon cerveau, avait quelque chose d’aussi enivrant qu’étourdissant. Hypnotisés, mes yeux ne quittaient pas la petite proéminence que le livre formait à l’intérieur de la poche, ils fixaient avec incandescence cet endroit banal, comme s’ils voulaient forer un trou dans la laine du manteau. »

(p. 73) 

jeudi 2 mai 2024

chapardage (larcin)

 




capture d’écran de « Langue sauce piquante », 

blog, lancé en 2004, de Martine et Olivier, camarades de casse, correcteurs du Monde

— 29 août 2016 — 




samedi 16 octobre 2021

passage obligé

 
« Pour Benjamin, la citation est la clé de voûte de son dispositif de lecteur. Non pas la citation comme simple exposition de la pensée de l’autre, mais la citation comme geste d’appropriation. Si le lecteur prélève des fragments du passé, c’est parce qu’il est animé par cette mission de sauvetage. C’est tout l’enjeu du Livre des passages, au point que certains lecteurs, comme Adorno, ont pu penser que Benjamin, dans la version achevée, s’abstiendrait de toute écriture propre, se contentant de manifester sa pensée par l’articulation et le montage de celle des autres, au sens cinématographique du terme. »

Bruno Tackels, « Walter Benjamin, lecteur absolu »
Revue de la Bibliothèque nationale de France, n° 41, « L’homme qui lit », 2012, p. 8
 

lundi 5 juin 2017

dimanche 19 février 2012

heute


Jean Michel Basquiat (1960-1988)

jeudi 28 avril 2011

entre Verhaeren et Verlaine

Passant inopinément du wallon au normand, Jean-Pierre Verheggen propose un pas au-delà, un opus en plus, un truc en peluche, le tour des Puces.
Parmi trente-six sortes de poètes — dont « alcoolo », « avec accent circonflexe » ou « avec Petite Gloire Locale Personnelle », « pêcheur à la ligne », « Facteur » ou « cherchant soutien », la « Poétesse griffée » — Vous continuez à rigoler, les gars ? Comme si c’était pas d’la graaaaaaaande poésie ça ! —, comme autant de portraits de confrères,
le « Poète SurDouai » (à Jacques Bonnaffé)
 […] le babil grandiose et le monosyllabique à trous savants / le bagou sans mâcher ses mots et le dialecte carnassier, / l’idiome clair, le bigorne sang mêlé et le poissard sublime, / le borborygme cadencé et le tatafoira tout cru, / le jap de boxe poids plume et le Cafougnette des corons […],
— huit « Persona non gaga » et le « Charabia mode d’emploi »,

ces pages 95 & 96 :

in

Poète bin qu’oui, poète bin qu’non ?, Jean-Pierre Verheggen
Gallimard, mars 2011, 144 p., 15 €.
____________________
D’emblée pour le génie des titres, quarante et un indiqués en biblio — le Degré Zorro de l’écriture (Christian Bourgois/TXT, 1978), Ninietzsche, peau d’chien (TXT, 1983) & [sélectionnons dans le vingt et unième siècle] un Ridiculum vitæ précédé de Artaud Rimbur (Poésie/Gallimard, 2001), un Petit Classique comique, On n’est pas sérieux quand on a 117 ans (zuteries) et l’Idiot du Vieil-Âge (excentries) [L’Arbalète/Gallimard, 2001 et 2006] —, toujours l’oral est hardi.




lundi 25 avril 2011

1 1 1


[…]
cette Année, il y A quAtre dAtes rAres: 1/1/11, 11/1/11, 1/11/11, 11/11/11, mais ce n’est pas tout…
Si vous prenez les deux derniers chiffres de l’année de votre naissance et que vous les additionnez avec l’âge que vous aurez cette année, le résultat sera 111 pour tout le monde !
[…]

dimanche 27 février 2011

faces book


Julien Torma


Jonas englouti par le déluge continue à pisser dans la baleine.


— page 64 [la dernière du recueil], in





mardi 17 août 2010


Engendrer

— Ah ! monsieur le savant, ne pourriez-vous point me dire comment les enfants se font ?
— Non, mon ami ; mais si vous voulez, je vous dirai ce que les philosophes ont imaginé, c’est-à-dire comment les enfants ne se font point.
Voltaire
L’Homme aux quarante écus.


Attendre

Pour dire d’un mot cette sublime et délicieuse poésie : dès le berceau, la femme est mère, folle de maternité. Pour elle, toute chose de nature, vivante et même non vivante, se transforme en petits enfants.
Jules Michelet
La Femme


Mettre au monde

Des naissances on en a à revendre ! Les énumérer ! « Je suis née ici, je suis née là-bas, je suis née ailleurs, à l’envers, à l’endroit, au diable, au milieu de, à l’encontre de, à la place de, à l’étonnement, au grand dam, au grand remords… », on n’en finit plus !
Robert Pinget
Le Renard et la Boussole

mardi 6 juillet 2010


Je sais nager, je sais voler. Formidable. Qu’est-ce que ça veut dire ? C’est tout simple : ne pas savoir nager, c’est être à la merci de la rencontre avec la vague. Alors, vous avez l’ensemble infini des molécules d'eau qui composent la vague ; ça compose une vague et je dis: « c’est une vague » parce que ces corps les plus simples que j’appelle « molécules », en fait, ce n’est pas les plus simples, il faudra aller encore plus loin que les molécules d’eau. Les molécules d'eau appartiennent déjà à un corps, le corps aquatique, le corps de l’océan, etc., ou le corps de l’étang, le corps de tel étang. C’est quoi la connaissance du premier genre ? C’est : aller, je me lance, j’y vais, je suis dans le premier genre de connaissance : je me lance, « je barbote » comme on dit. Qu’est-ce que ça veut dire « barboter » ? Barboter, c’est tout simple. Barboter, le mot indique bien, on voit bien que c’est des rapports extrinsèques. Tantôt la vague me gifle et tantôt elle m’emporte ; ça, c’est des effets de choc. C’est des effets de choc, à savoir : je ne connais rien au(x) rapport(s) qui se compose(nt) ou qui se décompose(nt), je reçois les effets de parties extrinsèques. Les parties qui m’appartiennent à moi sont secouées, elles reçoivent un effet de choc des parties qui appartiennent à la vague. Et alors tantôt je rigole et tantôt je pleurniche, suivant que la vague me fait rire ou m’assomme, je suis dans les affects-passion.

Gilles Deleuze
transcription du cours du 17 mars 1981 (Vincennes)



samedi 25 juillet 2009

« Ô ! le luxe imprévu de la fainéantise !

La grève générale sur une grève ensoleillée ! »


(in)


_____
source image :
www.lib.uiowa.edu/dada/PANSAERS.htm

vendredi 1 mai 2009

my creative method




« On doit pouvoir écrire avec une paire de ciseaux et un tube de colle, et sans crayon même, j’ai pensé, juste avec ce qui a déjà été écrit par les autres. »

Jean-Jacques Schuhl

dimanche 12 avril 2009

récup’




description matérielle : petit sachet (7 x 5 cm) individuel en papier
(ici présenté vidé et en écarté) contenant quelques grammes
de cristaux purifiés de sucre — sac-à-roses
destiné à édulcorer yaourts naturels,
cafés, thés, chocolats,
jus de citron ou
d’orange
[…]

mercredi 1 avril 2009


— Hou ! Laissez-moi parler ! 
Et Bouvard s’échauffant, alla jusqu’à dire que l’Homme descendait du Singe !
Tous les fabriciens se regardèrent, fort ébahis, et comme pour s’assurer qu’ils n’étaient pas des singes.
Bouvard reprit :
 — En comparant le fœtus d’une femme, d’une chienne, d’un oiseau… 
— Assez ! 
— Moi, je vais plus loin ! s’écria Pécuchet. L’homme descend des poissons ! 
Des rires éclatèrent.

Gustave Flaubert, Bavard et Perroquet (chap. III)

dimanche 21 décembre 2008

algues à l'âme


« Mais les Olaimpiennes craignent trop de perturber les habitués pour se permettre une telle métamorphose. Il serait pourtant si facile de passer de Rubis à Topaze, de Sissi à Extasia… Quant à la Paimpolaise, fille du peuple qui branle en riant les barbeaux blafards, son nom dit la fusion du sexe et de la géographie. »

Frédéric Ciriez, Des néons sous la mer, Gallimard, « Verticales/Phase deux », sept. 2008, 304 pages (cit. p.175).

_____
Dans son billet du 1er septembre 2008, intitulé « Bordel flottant », le Clavier cannibale concluait : « Objet composite, qui n'a pas peur des grands écarts (…), Des néons sous la mer se permet tout ou presque : le poète en conseillera la lecture à sa catin. »

(ou vice versa)

jeudi 4 décembre 2008

la barbe au chat



filtré au noir par la cornue du Préfet maritime

________
source : http://www.lekti-ecriture.com/blogs/alamblog/
(4 déc. 2008)

vendredi 28 novembre 2008

transit


L’opposition ou le carré Mercure-Saturne dénote-t-il une inappétence intellectuelle et par suite une paresse de l’esprit, ou, au contraire, une boulimie mentale, une avidité de l’intelligence ? Dans une classe, ceux qui le possèdent sont les derniers et les premiers. Dans quel cas la dissonance de Saturne bloque-t-elle la tendance de la planète qu’il aspecte, et dans quel autre lève-t-elle, au contraire, l’inhibition pour laisser passer une tendance qu’il infantilise ? De même, sait-on quand la conjonction Vénus-Uranus exprime une disposition au coup de foudre et quand elle dénote la répression des sentiments ? Sans doute, l’inhibition et l’explosion d’Uranus sont l’expression de deux moments d’un même processus, mais Uranus n’explose pas toujours.

p. 350 [1961]

lundi 24 novembre 2008

Perse, Nishapour, XIe-XIIe siècles


Elle était nue.
Elle était nue et nue et large au lit ; ample et précise dans le flottement des hanches, silencieuse et concentrée dans l’amour. Comme une déesse hindoue, partout à la fois.
— Schahine, combien êtes-vous ?
— Je suis voisine de une ; par le milieu.
Elle ajouta rêveuse : « Mais dis-moi, Khayyam, au juste, est-ce la poésie qui t’intéresse, ou le cul des poétesses ? »

Jean-Yves Lacroix, le Cure-dent, Allia, août 2008, p. 69.

jeudi 18 septembre 2008

en langues

André Martel La Djingine du Théophélès (& les Corps de Dames de Jean Dubuffet) Cheval d’attaque Achevé d’imprimer le 30 septembre 1975 par Pierre-Jean Balbo à Joinville-le-Pont in-8° carré br. [non paginé, 72 p.]