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samedi 1 mars 2025

hybridation



 
Raúl Cañibano (Cuba)

dimanche 31 décembre 2023

jeudi 1 décembre 2022

poly-injures

 
Daniel


Cabanis
 

 
— afin de renouveler
le répertoire —

 
 

 

vendredi 17 septembre 2021

jeudi 5 novembre 2020

éléphante

un ventre énorme est l’éléphante

emmanchée d’un long nez

pour un peu moins humer

l’odeur qu’elle essaime abondante


car elle a une bonne descente

200 kg de feuille ou palme

bambou broussaille ou bout de canne

à sucre écrabouillés dans les bruyantes

 

mâchoires sous son nez

qui les arrosent de 150 

litres d’eau par journée

et qu’elle mettra 30 h à transformer


font en moyenne 4 quintaux

dans les boyaux de l’éléphante

pour porter ça du muscle il faut

et une charpente impressionnante


ajoutez tous les 4 ou 5

ans un mignon éléphanteau

pesant à peine 200 kg

lorsqu’à 20 mois enfante enfin

l’emphatique éléphante


sur ses guibolles tels des poteaux 

pas surprenant qu’elle soit prudente

que sur des œufs avancent très lentes

ses 4 tonnes de bouffe et chair


ce n’est que dans la rivière

où son long nez gaîment serpente

qu’elle se sent aussi légère

qu’une baleine égrenant derrière


une guirlande étonnante

de verte et moussue matière

se dandinant tels des colverts

au fil de l’eau son ailée fiente



Ban Xieng Lom, Laos, 2009



Jacques Demarcq 

La Vie volatile (Les Zozios, suite)

« d’Asie » [p. 228-229]

Nous, MMXX

400 p. (dont nombreuses couleurs), 30 euros




samedi 16 mai 2020

G rare


Dans l'ancienne Egypte, Osiris régnait sur le royaume des morts. Au Jugement dernier, dans l’un des plateaux de la balance, le mort déposait son cœur, dans l'autre Anubis posait la plume de la Vérité. Thot le scribe inscrivait le résultat. Si le cœur était aussi léger que la plume, Osiris prononçait la parole qui ressuscite : « Passe, tu es pur. »

Florence Delay
Dit Nerval
Gallimard, « L’un et l’autre »
1999, p. 103



dimanche 29 mars 2020

papyrornithologie

Cocotologie se compose du mot français cocotte, « petit oiseau en papier », et du mot grec logie, de logos, « discours ». En français, la cocotte appartient au langage des enfants ; au sens propre et direct, le mot s’applique à la volaille et, par extension, à tous les oiseaux ; au sens métaphorique, il s’applique aux cocottes en papier et aux filles de joie. Ici, je devrai développer une comparaison entre les filles de joie et les cocottes, fragiles par nature les unes et les autres.


Observez la perfection avec laquelle la cocotte pose ses pieds à terre et se tient debout ; remarquez qu’elle entretient le moins de contact possible avec le sol et ne le touche que sur les trois points nécessaires pour se maintenir en équilibre stable ; dites-moi s’il ne s’agit pas là d’une nouvelle et mirifique perfection de son être, une perfection qui l’élève au-dessus de tant de plantigrades humains qui ont besoin de toucher le sol autant qu’ils le peuvent couvrir. La cocotte est un être tripode, et la cocotte parfaite, la cocotte archétype ou idéale, ne devra toucher le sol que sur trois points géométriques, trois points purs, déterminants, d’un plan rigoureux. 


Chez le mâle parfait (comme le montre la fig. 4), la pomme d’Adam forme une protubérance triangulaire dont l’extrémité se situe aux trois quarts de la ligne qui va de la pointe du pied à celle du bec. De cette pointe, une autre ligne va jusqu’à la moitié du cou. En revanche, chez la femelle parfaite (fig. 3) apparaît une gorge trapézoïdale dont l’angle libre, également situé aux trois quarts de la ligne susnommée, trace une ligne vers le sommet de la tête. On voit donc que chez le mâle, c’est le cou qui commande la pomme d’Adam, tandis que chez la femelle c’est le sommet de la tête qui commande la gorge d’Eve. Je laisse aux mystiques et aux humoristes − qui ne sont qu’un − le soin de passer au crible, ordonner, perquisitionner et réquisitionner ce symbolisme. Le sérieux notoire de la recherche scientifique ne me permet pas de me laisser distraire par cela.


Il va sans dire qu’aucun être studieux ne se contentera de méditer sur ces figures, il doit prendre un papier, le plier et faire, comme dans un séminaire ou un laboratoire de recherche scientifique, sa propre expérience, car le pire pour la science serait d’être réduite à un exercice de mémoire ou de littérature.


———————

Miguel de Unanumo (1864-1936), Apuntes para un tratado de cocotología

La Cocotologie. Notes pour un traité, traduit de l’espagnol par Emma H. Clouard, Ed. Self, 1946
Traité de cocotologie, trad. Sylvie Coudel, présenté par Fernando Arrabal, Ed. de Paris, 1994



lundi 23 mars 2020

cAnArdAges


Un Jardin Ecosystème (FB)


Nicolas Portnoi / Paris Match


signé Didier Deux-Coins

vendredi 3 janvier 2020

volière


(pleine page publicité, le Magazine littéraire, n° 93, octobre 1974, p. 22)

vendredi 28 décembre 2018

poésie


Les poissons font des bonds
Les oiseaux sont des cons




Les pichons font des bulles
Les zoziaux sont des nuls

dimanche 15 octobre 2017

un choc, une bible


« Si Rimbaud, le voyant, est un passant considérable, Vélimir Khlebnikov est une constellation fulgurante et sidérante dont il n’est pas sûr que le visage soit même aujourd’hui devenu visible tant il a bouleversé le vers et la poésie de langue russe.
« À le dire abruptement : les révolutionnaires ont cherché la langue de la révolution, Vélimir Khlebnikov l’a trouvée.
« Ombre lumineuse comme une étoile pestiférée. »

préface, p. 29 

« En mai 1905, il part avec son frère Alexandre en mission dans l’Oural. Découvre une nouvelle espèce de coucou : le Cuculus minoris. »

notice biographique, p. 1083

La valise a fait place à une légendaire taie d’oreiller dans laquelle il entasse ses manuscrits, poèmes, proses, lettres, feuilles parfois volées ou envolées, qui accueille aussi son sommeil. Il écrit aussi dans l’urgence, dans l’obscurité, dans la maison des fous, au profond de la faim, des abris de fortune, devant des feux de camp où s’échangent pain et poèmes, pain et immortalité.

Langue des oiseaux, poésie stellaire, écritures des nombres…

quatrième de couverture

Œuvres, 1919-1922
Traduit du russe, préfacé et annoté par Yvan Mignot.

Verdier, coll. « Slovo »
2017, 1 150 pages, 47 euros

samedi 17 octobre 2015

galamment


« Ou prétexter une rage de dents pour sortir plus tôt du travail salarié et prendre un train pour Cardiff, simplement cela.

Un bouquet de violettes sur sa table de nuit, souvent. »


Sub poena affidavit
Jean-Marc Baillieu

« mông-mông » (24 p.)

mardi 28 avril 2015

jeudi 20 mars 2014

revue


Miss Baker semble être venue aux Folies Bergère après avoir participé à un spectacle nègre qui avait déclenché une tempête à Paris. Quand les girls y étaient apparues « telles que » et avaient « secoué la chose », les bons Parisiens (qui plus que tout peuple sur terre peuvent se montrer respectables) objectèrent, et si fortement, que les girls furent obligées de revêtir une respectable semi-nudité. C’est du moins ce qu’on raconte. Toujours est-il que Miss Baker s’échappa aux Folies Bergère. Et là, votre humble serviteur peut en témoigner, il n’est rien qui soit le moins du monde respectable, semi-nu, ou autrement insatisfaisant dans la tenue de Miss Baker — qui consiste en quelques bananes et nul autre bijou. Bref, les Folies Bergère ont permis à Joséphine Baker d’apparaître — pour la première fois sur scène — telle qu’elle est.
[…] Aux Folies Bergère, la revue fait usage d’idées, odeurs, couleurs, Irving Berlin, nus, tactilités, escaliers escamotables, trois dimensions, feux d’artifice, pour intensifier Mlle Joséphine Baker.

E. E. Cummings, « VIVE LA FOLIE ! », Vanity Fair, sept. 1926
in Paris, Seghers, « Poésie d’abord », éd. bilingue, traduit et présenté par Jacques Demarcq, 2014, 160 p.


dimanche 20 janvier 2013

Also spRAch zARAthustRA


— Ainsi parla Zarathustra —

samedi 5 février 2011

éclipse (& laps)



Jaune et puis noir temps d’un battement de paupières et puis jaune de nouveau : ailes déployées forme d’arbalète rapide entre le soleil et l’œil ténèbres un instant sur le visage comme un velours une main un instant ténèbres puis lumière ou plutôt remémoration (avertissement ?) rappel des ténèbres jaillissant de bas en haut à une foudroyante rapidité palpables c’est-à-dire successivement le menton la bouche le nez le front pouvant les sentir et même olfactivement leur odeur moisie de caveau de tombeau comme une poignée de terre noire entendant en même temps le bruit de soie déchirée l’air froissé ou peut-être pas entendu perçu rien qu’imaginé oiseau flèche fustigeant fouettant déjà disparue l’empennage vibrant les traits mortels s’entrecroisant dessinant une voûte chuintante comme dans ce tableau vu où ? combat naval entre Vénitiens et Génois sur une mer bleu-noir crêtelée épineuse et d’une galère à l’autre l’arche empennée bourdonnante dans le ciel obscur l’un d’eux pénétrant dans sa bouche ouverte au moment où il s’élançait en avant l’épée levée entraînant ses soldats le transperçant clouant le cri au fond de sa gorge
Obscure colombe auréolée de safran

Claude Simon, la Bataille de Pharsale
(Minuit, 1969, incipit)

lundi 17 janvier 2011

« [...] pensai-je dans le fauteuil à oreilles [...] »

Des arbres à abattre — Une irritation, Thomas Bernhard
(Gallimard, « Du monde entier », 1987)
traduit de l’allemand par Bernard Kreiss