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jeudi 2 novembre 2023

dimanche 30 octobre 2022

Ubucédaire

[...]

 

 [...]
 
édité par Guillaume Pô
Illuminé de dessins de Pierre Bonnard
turpidement empruntés
aux Almanachs illustrés de 1899 et 1901 
(58 p., 2022)
 

samedi 8 janvier 2022

fin-de-siècle


Elle [Clarisse] sourit et, affectant pour la dame une parfaite indifférence, fut se placer à son tour devant la barre d’appui. L’infirmière lui retira son peignoir ; et, presque aussitôt, le docteur ayant crié : « Voilà ! » elle sentit à sa nuque l’écrasement du jet tiède ; il la remplit de douceur, l’enveloppa d’une caresse insinuante. Les forces de l’eau la pénétraient. Le docteur changea de lance, et les jets de plus en plus froids lui arrivèrent, pesants, drus, brusques. Elle subissait l’assaut d’une force, se ruant, s’étalant sur elle, se prolongeant par toutes les courbes du corps… Clarisse s’amusa de frémir. Elle oublia le docteur, la dame, sa crainte. Un être fluide la possédait jusqu’à lui valoir des sanglots, des énervements et des spasmes…
— N’est-ce pas, docteur ? mademoiselle Gabry est une nymphe de Houdon ?… C’est un bonheur de la regarder.
— Tournez-vous vers moi, mademoiselle !
Clarisse se tourna ; la possession devint plus réelle. En virant sur ses orteils elle s’offrit à la caresse brutale, aux baisers glacés des jets.
— Hein ! madame Stival, un Houdon. Entrez, mais gardez vos lunettes noires. Elle éblouit, cette jeune personne !
Sans percevoir même la voix dolente et traînarde de Mme Lyrisse, ni les petits rires de la femme du docteur, Clarisse continuait à prendre de la volupté. Elle ne savait plus rien. À ses yeux clos, une extase pourpre et or ne cessait pas de s’approfondir. Et, dans son corps, un grand frisson ondoya.
— C’est tout, pour une première fois.
— Vous avez été héroïque, mademoiselle.
Confuse, mais toute pleine de joie, elle sentit la mousse du peignoir s’appliquer à ses épaules et les mains vigoureuses d’une infirmière la frotter. Vite revêtue, elle quittait la maison des fous après bien des remerciements au docteur.

Paul Adam (1862-1920)
L’Année de Clarisse
préface de Valentine Coppin
Les Âmes d’Atala, 2021 (1897), 404 p.


 

Ophélie (1894-1895), Paul Steck

Petit Palais, Paris

vendredi 30 avril 2021

Amer # 9

 C’est un grand (b/h)on(h/n)eur d’avoir été convié par Ian Geay (glouglous) à rejoindre — d’un plongeon ! — le pléthorique sommaire (Jean Lorrain, Laurine Roux, Anna d’Annunzio, Yves Letort, Éric Dussert, Christophe Esnault…) de la neuvième livraison — ou « immersion » — d’Amer, revue finissante, Lille, 480 pages, 504 grammes, avril 2021, thème : « Eaux, lavement littéraire » (baignades et noyades), textes, nouvelles (crues), cours de natation (l’Art de nager appris seul en moins d’une heure), entretiens (Sarah Haidar) plus ou moins fleuves (cent deux questions posées), articles critiques (« Faire la planche, posture fin-de-siècle »), rivières de diamants, vague à l’âme, lacs ou méandres, courants et marées, tempêtes et pot-au-noir, dessins, images, photographies, portfolios (Pole Ka), chroniques attendues (« De bruit et de fureur », « La revue des revues »), couverture de Jean-Luc Navette, poster (wOOlf) en prime, dont la quatrième — Rachilde, La Tour d’amour — écrit :

Quand la vague se recroquevillait sur elle-même, on découvrait des trous, des vieux trous de dents gâtées, et cela sentait la marée, âprement, avec un surgoût de sang pourri.

 

 

Les Âmes d’Atala

 


lundi 11 mai 2020

deux jets




Félicien Rops
La Douche (1878)



Pierre Jamet
(auberge de jeunesse de Villeneuve-sur-Auvers, 1937)
[de dos : Dina Vierny]

lundi 17 février 2020

Lacan, encore


« Puisqu’il y en a ici quelques-uns qui ont autrefois lu Poe, vous devez savoir qu’il y a un ministre dans le coup, celui qui a barboté la lettre. Il est clair que c’est uniquement en fonction de cette circulation de la lettre que le ministre nous montre, au cours du déplacement de ladite lettre, des variations, tel [tel] ses variations de couleur le poisson courant. »



[ 2006, p. 102

« D’une fonction à ne pas écrire », 17 mars 1971 ]

Non pas calant

samedi 8 juin 2019

jeudi 13 décembre 2018

dimanche 11 novembre 2018

mercredi 27 décembre 2017

Enc(o)re mieux qu'à Noël


Peut-on donc dire que l’on a affaire ici à de la poésie ? Quelle que soit la réponse donnée à cette question, le livre s’ouvre sur une citation de Léo Ferré qui souligne une évidence trop souvent oubliée dans la tribu des poètes : toute ségrégation lexicale (dans un sens ou dans un autre) n’a rien à voir avec ce qui fait d’un texte un poème – il suffit de (re)lire Villon, par exemple, pour illustrer cela. Même si dans la plupart de ces 238 quintils l’auteur appelle une chatte une chatte, cette dominante érotique ou pornographique (chacun en décidera, conformément à la fameuse formule dont l’origine est discutée  : « la pornographie, c’est l’érotisme des autres ») ne l’empêche pas de traverser les lexiques les plus divers en évoquant des sphères culturelles qui vont de Betty Boop à Magritte, en passant par de nombreux écrivains : Hugo Ball, Sade, Kafka, Dante, Pierre Louÿs, Kerouac, Mallarmé, Poe, Sagan, Foucault, etc.

Bruno Fern

(26 décembre 2017)



(co)dirigé par Fabrice Thumerel


samedi 9 décembre 2017

Une attente


Jeu : prendre le premier chapitre de Aventures de trois Russes et de trois Anglais dans l’Afrique australe, de Jules Verne, en extraire plusieurs phrases afin qu’elles correspondent à une thématique obsessionnelle, à savoir la série sur Le Fleuve. Ne se permettre que de rares mots de liaison, élaguer quand nécessaire, mais garder la succession des phrases à partir du texte original. En faire une courte nouvelle du Fleuve dont Verne sera l’auteur et Yves Letort le soutier.


Yves Letort (d’après Jules Verne)
Granit House, 2017, 16 pages, jaquette avec rabats

(À vingt exemplaires pour les lecteurs du Fleuve.)

lundi 5 juin 2017

vendredi 6 janvier 2017

archives sonores


« Le Coup de cœur », d'Anthony Bellanger :

H ! Hache ! Hasch ! de Jacques Barbaut


France Inter, mardi 21 juin 2016 (durée : 3 min 25)

dimanche 23 octobre 2016

Appel à la désobéissance civile !



Construction — en forme de coupole ou de dôme — en neige servant d’habitat à certains groupes proches du pôle nord, montée par superposition de blocs de neige compacte, sur un plan circulaire.
***
Selon les réformes orthographiques de 1990, le mot « igloo » s’écrit désormais « iglou ».
Citons : « Entre ces deux formes qui existent en concurrence, on choisit la forme plus française iglou. »

***

Vu le schéma qui symbolise idéalement l’igloo — un petit « o » inclus dans un grand « O » —, et considérant que peu d’habitants de l’Hexagone privilégient ce mode de domicile assez spartiate, nous choisissons logiquement la forme la moins française et n’écrirons — quitte à en assumer toutes les conséquences légales — jamais ce mot que sous cette seule forme, disons « exotique » :

Igloo.

________
Nota bene

1/ Alors que certains de nos contemporains voudraient le prononcer tel, nous n’écrirons pas davantage « zou » !

2/ En revanche, si tu tombes ou t’effondres dans un trou de glace, va pour :

— I glou, i glou, glou, glou…



Avant la définitive fonte des glaces,
contre le réchauffement de la planète et le grand hiver nucléaire,
rejoignez
le Mouvement international pour le rétablissement
dans ses justes formes orthographiques de l’igloo !

dimanche 2 octobre 2016

rectHO / versOH


anneau pour clés / carton découpé


samedi 23 avril 2016

Janine


« Super-foutre les couilles à l’air / Bites pointues reins bien ouverts / 
Aiguilles plantées au derrière / Une nouvelle manière de plaire / 
A trois, à trois dans les waters »
(p. 16)

Janine, Olivier Hodasava
Inculte, 2016 (128 p., 16,90 €)

Françoise Wald (1958-1984, Fontaine, banlieue de Grenoble)
(Emmanuelle / Jeanine, Jeannine…)
A 3 dans les WC / WC3 (1978-1984)
Saint-Quentin (« c’est-à-dire à peu près nulle part », Aisne, Picardie)


spéciale dédicace (PCH)


lundi 4 janvier 2016

[ de Montparnasse ]

« On s’échangeait les filles. Kiki était toujours entièrement nue sous sa robe, et n’hésitait pas à la relever entre les tables, au café, pour le plaisir, ou pour faire la manche… »

Didier Blonde
Leïlah Mahi 1932
(Gallimard 2015, p. 79-80)

jeudi 23 octobre 2014

origine


La Source, ou la Baigneuse à la source
Gustave Courbet
(1862)

« Pour moi, ce corps féminin cristallisait, dans toutes les dimensions de son paraître, et la face, les seins, le ventre livrés à la chute de l'eau, toute une charge d’émotions sentimentales et érotiques restée en suspens sur un point précis de mon passé. »

Claude Louis-Combet, le Nu au transept, L’Atelier contemporain, 2014, p. 11.

Ailleurs