Les éditions Æthalidès ont dix ans d’existence, mais c’est la première fois qu’elles participent au Marché de la poésie, place Saint-Sulpice. Aussi ont-elles décidé d’inviter tous leurs auteurs « poètes » à y participer.
— On s’y voit ?
Les éditions Æthalidès ont dix ans d’existence, mais c’est la première fois qu’elles participent au Marché de la poésie, place Saint-Sulpice. Aussi ont-elles décidé d’inviter tous leurs auteurs « poètes » à y participer.
— On s’y voit ?
Nota Bene : Cette action s’appuie sur une Théorie du jeu de lettres – théorie entièrement dada et immédiate – qui « paraîtra » bientôt.
(Permutation à la Jakobson, et discrétion / Rotation façon cadenas antivol à chiffres / Jarry 23 ans / Invention de lettres neuves, en 49, par Claude Empereur, dont le digamma inversé Ⅎ / Maligne ou savante erreur de prote, etc. / … / Exltation.)
Le bonheur des Jeux olympiques, c’est le rendez-vous avec les invisibles. Tous les quatre ans, les Jeux sont l’occasion de revoir ce qu’on ne voit jamais : les haltérophiles plantés comme des Botero en barboteuse devant leur barre, les lutteurs en rouge et bleu qui se roulent à terre dans des passes sensuelles et mystérieuses, les taekwondistes qui s’affrontent de biais et refusent de voir leur adversaire en face, les waterpolistes qui sortent à peine de l’eau bouillonnante et dont on confond le casque avec la balle, les frénétiques du BMX qui moulinent à la folie sur leurs trop petits vélos et se balancent joyeusement en dehors de la piste, les tireurs au pistolet hiératiques qui lèvent le bras au ralenti pour tirer plus vite entre deux battements de leur cœur olympique.
[...]
Paul Fournel, Ouest France, 25 juin 2024
[source]
rêve — nuit du 7 au 8 juillet
Un député élu sous l'étiquette PLC consent enfin à nous révéler quelle organisation secrète se cachait sous ce sigle : il est militant pour le mouvement Pincez Le Chien — une espèce de parti animaliste.
rêve — nuit de jeudi à vendredi
Contraints par la loi et pour cause d’égalité absolue à passer leur dernière nuit avant l’élection ensemble dans une même chambre, les douze candidats sont allongés en pyjama sur des matelas posés côte à côte à même le sol.
Philippe Poutou, qui téléphone à sa sœur, parle haut et fort, empêchant les onze autres de dormir ; ceux-ci râlent car ils vont devoir être en forme et faire bonne figure le lendemain, le dimanche du résultat.
Poutou est hilare, il cite le professeur Choron : « Il est absurde d’offrir un whisky à une girafe sans ajouter une très longue paille dans son verre. » Je m’étonne que Flaubert fasse partie des douze. « Comment peut-on voter pour un mort ? », me demandé-je.