lundi 17 janvier 2022

un artiste visionnaire

Markus Schinwald

 (1972, Salzbourg, Autriche -   ) 

 

 
 Carlotta (2005)

Adam (2009)
 
Grita (2010)

 
Mel (2012)

vendredi 14 janvier 2022

dans l’œuf

 

 


 

— Ne reste pas là à jacasser toute seule, dit le Gros Coco* en la regardant pour la première fois, mais apprends-moi ton nom et ce que tu viens faire ici.
— Mon nom est Alice, mais…
— En voilà un nom stupide ! déclara le Gros Coco* d’un ton impatienté. Que veut-il dire ?
— Est-ce qu’il faut vraiment qu’un nom veuille dire quelque chose ? demanda Alice d’un ton de doute.
— Naturellement, répondit le Gros Coco* avec un rire bref. Mon nom, à moi, veut dire quelque chose ; il indique la forme que j’ai, et c’est une très belle forme, d’ailleurs. Mais toi, avec un nom comme le tien, tu pourrais avoir presque n’importe quelle forme.


Lewis Carroll
(Charles Lutwidge Dodgson)
De l’autre côté du miroir, et ce qu’Alice y trouva
(trad. Jacques Papy)


———————————
* Humpty Dumpty dans l’original. (Dodu-Mafflu pour Antonin Artaud.)

 

C’est du propre, p. 35 — Nous, 2020, 208 p., 20 euros.




 

samedi 8 janvier 2022

fin-de-siècle


Elle [Clarisse] sourit et, affectant pour la dame une parfaite indifférence, fut se placer à son tour devant la barre d’appui. L’infirmière lui retira son peignoir ; et, presque aussitôt, le docteur ayant crié : « Voilà ! » elle sentit à sa nuque l’écrasement du jet tiède ; il la remplit de douceur, l’enveloppa d’une caresse insinuante. Les forces de l’eau la pénétraient. Le docteur changea de lance, et les jets de plus en plus froids lui arrivèrent, pesants, drus, brusques. Elle subissait l’assaut d’une force, se ruant, s’étalant sur elle, se prolongeant par toutes les courbes du corps… Clarisse s’amusa de frémir. Elle oublia le docteur, la dame, sa crainte. Un être fluide la possédait jusqu’à lui valoir des sanglots, des énervements et des spasmes…
— N’est-ce pas, docteur ? mademoiselle Gabry est une nymphe de Houdon ?… C’est un bonheur de la regarder.
— Tournez-vous vers moi, mademoiselle !
Clarisse se tourna ; la possession devint plus réelle. En virant sur ses orteils elle s’offrit à la caresse brutale, aux baisers glacés des jets.
— Hein ! madame Stival, un Houdon. Entrez, mais gardez vos lunettes noires. Elle éblouit, cette jeune personne !
Sans percevoir même la voix dolente et traînarde de Mme Lyrisse, ni les petits rires de la femme du docteur, Clarisse continuait à prendre de la volupté. Elle ne savait plus rien. À ses yeux clos, une extase pourpre et or ne cessait pas de s’approfondir. Et, dans son corps, un grand frisson ondoya.
— C’est tout, pour une première fois.
— Vous avez été héroïque, mademoiselle.
Confuse, mais toute pleine de joie, elle sentit la mousse du peignoir s’appliquer à ses épaules et les mains vigoureuses d’une infirmière la frotter. Vite revêtue, elle quittait la maison des fous après bien des remerciements au docteur.

Paul Adam (1862-1920)
L’Année de Clarisse
préface de Valentine Coppin
Les Âmes d’Atala, 2021 (1897), 404 p.


 

Ophélie (1894-1895), Paul Steck

Petit Palais, Paris

lundi 3 janvier 2022

poi(sson/ds)

Sergio Larrain (Isla Negra, Chili, 1957)

 

« Un poids pend à un crochet et parce qu’il pend il souffre de ne pouvoir descendre : il ne peut se dégager du crochet puisqu’en tant qu’il est un poids il pend et en tant qu’il pend il est dépendant. »

Carlo Michelstaedter (1887-1910)
La Persuasion et la Rhétorique [incipit]

(traduit de l’italien par Marilène Raiola)

samedi 1 janvier 2022

pour une année bien arrosée


 Rachel Stella & Jacques Demarcq

(avec P. Picasso)

mardi 28 décembre 2021

jeudi 23 décembre 2021

A mbul A toire


František Dostál

A
______
A

lundi 20 décembre 2021

soyons précis


Vous expliquez que ce mouvement de complexification de la matière est encore d'actualité. L’Univers crée 10 000 étoiles par seconde…
David Elbaz : Le chiffre précis c'est 9 774, dans l’Univers observable. […]

Libération,
sam. 18-dim. 19 décembre 2021 — « La plus belle ruse de la lumière pour se multiplier, c’est la vie ! » (interview, p. 16-17)

mercredi 15 décembre 2021

œ(il/uf)

 

 
 
 

La série des déplacements métonymiques, dans l’Histoire de l’œil, a pour fonction de montrer que le désiré n’est jamais ceci ou cela, mais toujours à côté de ceci, à côté de cela. Le regard amoureux, l’œil de l’amante, ne se chargent de sens, de signification érotique, que pour autant qu’ils sont immédiatement déplacés vers autre chose (« différés ») ; d’où la série des déplacements et des médiations : de l’œil on passe à l’œuf, puis à l’anus, puis au testicule, puis à la vulve, où Simone introduit, à la fin du roman, l’œil qu’on vient d’arracher à un prêtre ; c’est alors, contemplant le sexe de Simone qui entoure l’œil du prêtre, que le héros revoit soudain le regard de Marcelle, son amante. À travers ses différentes pérégrinations, le sens érotique est revenu à l’objet qui lui a servi de point de départ ; mais entre-temps il a circulé, et n’aurait pas eu lieu s’il n’avait ainsi circulé : car la signification érotique n’est pas sise en l’œil de l’amante, mais dans le chemin qui le conduit à l’œil énucléé d’un homme, glissé dans la vulve d’une autre femme. Comme le dit Michel Sardou en son langage : « Elle court, elle court, la maladie d’amour. » Tel en tout cas court le sens. Il y a un cycle du sens, un flux, un courant ; le sens n’est ni ici ni là, le sens est ce qui « passe », et c’est se condamner à le manquer que de prétendre l’arrêter pour s’en saisir.

Clément Rosset
Le Réel. Traité de l’idiotie
Éd. de Minuit, 1977, p. 56-57

 




jeudi 9 décembre 2021

la lyre

 dans la nouvelle série

« Daniel Cabanis a trouvé » (4) :



© Bianca Saldine, 2021 [1977]

Collection particulière de Marcel Navas 

mardi 7 décembre 2021

Chiffre d’affaires

 

« Je peux vous proposer deux cent mille pesetas, dit-il. J’accepte, mais en quoi puis-je vous aider ?
« En affaires de poésie, dit-il. Wieder était poète, j’étais poète, ergo pour trouver un poète il avait besoin de l’aide d’un autre poète.
« Je lui répondis que pour moi Carlos Wieder était un criminel, pas un poète. D’accord, d’accord, dit Romero, ne soyons pas intolérants, peut-être que pour Wieder ou pour quelqu’un d’autre c’est vous qui n’êtes pas un poète, et lui ou les autres le sont, tout dépend de la couleur du verre à travers lequel on regarde, comme disait Lope de Vega, vous ne croyez pas ? Deux cent mille pesetas au comptant tout de suite ? demandai-je. Deux cent mille pesetas à l’instant, dit-il énergiquement, mais rappelez-vous qu’à partir de ce moment vous travaillez pour moi, et que je veux des résultats. »

Roberto Bolaño, Étoile distante (chap. 8)

[traduction : Robert Amutio] 

 

mardi 30 novembre 2021

jeudi 18 novembre 2021

Cafe Zanzibar

 

 

Broadway, New York, 1944, The New York Times — Hulton Archive/Getty Images

lundi 8 novembre 2021

minimal art


 

« L’anthologie des poèmes en zéro mot tiendrait aisément sur un timbre-poste. »

François Le Lionnais
« Bibliothèque oulipienne », n° 4, 1977

jeudi 4 novembre 2021

samedi 30 octobre 2021

craduction

Dans sa « note introductive », Antoine Brea nous rencarde :

    « Bien sûr Dante a le genre d’humour à la Buster Keaton : c’est un visage de bois. Son comique réside essentiellement dans le contraste. Contraste entre la langue ou plutôt les langues vulgaires employées et la théologie édifiante du poème. […]
    « Partant de cette perception plaisante certes d’abord diffuse, me voilà donc laissant libre cours à une “vulgaire parlure” personnelle remontée en partie de l’enfance, en partie d’autres grands auteurs que j’aime, et des vieux répertoires de chansons populaires, du rap que j’écoutais plus jeune, du roman noir que je lis encore, de la bibliothèque de mes parents, des dictionnaires d’argot que je collectionne, tout ça mâtiné d’archaïsmes et d’antépositions comme dans Thierry la Fronde ou dans Les Visiteurs. Tout ça censé restituer Dante. »


Sans moisir, il embraye d’un coup — c’est parti (chant 1, 37-54) :

On était juste au début du matin,
le soleil s’haussait aux constellations
qu’il côtoyait quand tout était éteint

et que l’Amour les mit en rotation ;
si bien qu’à l’entrain quand même me pousse,
face à ce fauve aux gaies colorations,
 
l’heure du luisant et la saison douce.
Mais trop peu pour que les foies ne m’harponnent
à la vue m’arrivant d’un lion de brousse :

on dirait qu’il fonce dans ma personne,
haute la trogne, en rogne, inassouvi,
et que tout l’air alentour en frissonne !

Puis une louve qui, de mille envies,
se voyait obèse dans sa maigreur
(à mille gens ayant pourri la vie)
 
me mit à son tour en telle stupeur
par l’horreur de sa pure apparition
que j’en paumai mon besoin des hauteurs.


Pour boucler — un glossaire in fine —, BreA nous affranchit : les foies, c’est la peur ; les salsifis, c’est les doigts ; la gourance, l’erreur ; les radis, des ronds — avec des citations tirées des meilleurs auteurs que vous ne trouverez pas même dans Littré.

 
L’Enfer de Dante mis en vulgaire parlure
Antoine Brea
Le Quartanier, 2021
(402 p., 23 €)


dimanche 24 octobre 2021

Ubik


Les citations ont un intérêt particulier dans la mesure où nous ne notons jamais que nos propres paroles quel que soit celui qui les a écrites. Le « quel que soit », c’est le citateur lui-même mais sous d’autres traits, à une autre époque, en d’autres circonstances.


Marcel Cohen
Autoportrait en lecteur
Éric Pesty Éditeur / Héros-Limite, 2017
[p. 9, exergue]

 




mercredi 20 octobre 2021

Vous avez raté la sortie ?

nov. 2020, 208 p., 20 euros


Retrouvez-le, retrouvez-moi, retrouvez-nous, ce dimanche au Marché dit « de la poésie »

Place Saint-Sulpice (Paris)

Dimanche 24 octobre, à 15 heures, sur le stand — 110-112 — des éditions NOUS

 

 

samedi 16 octobre 2021

passage obligé

 
« Pour Benjamin, la citation est la clé de voûte de son dispositif de lecteur. Non pas la citation comme simple exposition de la pensée de l’autre, mais la citation comme geste d’appropriation. Si le lecteur prélève des fragments du passé, c’est parce qu’il est animé par cette mission de sauvetage. C’est tout l’enjeu du Livre des passages, au point que certains lecteurs, comme Adorno, ont pu penser que Benjamin, dans la version achevée, s’abstiendrait de toute écriture propre, se contentant de manifester sa pensée par l’articulation et le montage de celle des autres, au sens cinématographique du terme. »

Bruno Tackels, « Walter Benjamin, lecteur absolu »
Revue de la Bibliothèque nationale de France, n° 41, « L’homme qui lit », 2012, p. 8
 

dimanche 10 octobre 2021

le Liseur

Odilon Redon
le Liseur, 1892
(lithographie)


« Je ne vis jamais vieillard plus beau : sur le visage pas une ride et un front tout pur. […] Parce que Bresdin était le plus grand liseur que j’aie connu. Un livre ouvert, il ne s’arrêtait qu’à la fin. L’aurore se lève, la chandelle s’éteint, il lit encore… »

Odilon Redon, sur Rodolphe Bresdin, lequel fut son maître, l’initiant à la gravure.

 

mardi 5 octobre 2021

8888888

  @33   Idée de la distinction

[…] Par exemple il n’y a aucun mal à concevoir le nombre 1014, indépendamment de la difficulté à compter effectivement depuis le nombre 1. On « voit » bien, par la pensée, où il se trouve dans la séquence, et on peut l’écrire sans mal dans la notation de position, qui indique les pas à faire pour l’atteindre : 1, suivi de 14 zéros. Mais le nombre 915, celui qui est 9 multiplié par lui-même 15 fois ? Quel est son visage génétique, le seul qu’on est en droit de lui accorder réel, dans cette conception du nombre ? 
Les ordinateurs, peut-être, nous le diront ; certes ; mais ils ne nous diront pas quel est le nombre génétique représenté comme le résultat de la somme 1753 + 5317. De ce point de vue, les très grands nombres sont frappés de gêne, sinon d’impuissance arithmétique.

@34   Recompter

Ce n’est pas tout. Supposons que vous me disiez : « Voilà le nombre 8888888, je l’ai compté ; le voilà. » Je vous dis : « Vraiment ? Voyons un peu cela. Pourriez-vous recompter, s’il vous plaît ? »

Jacques Roubaud, « Le Nombre d’Opalka »
in Roman Opalka, Christine Savinel, Jacques Roubaud, Bernard Noël, éditions Dis Voir, 1996, p. 38-39


 

samedi 2 octobre 2021

grand nombre : pour suivre...


« Il y a quelques années, Morellet a essayé de le décourager en lui apprenant que le nombre qui s’écrit [99]9, c’est-à-dire neuf puissance neuf à la puissance neuf, qui est le plus grand nombre que l’on puisse écrire en se servant uniquement de trois chiffres, aurait, si on l’écrivait en entier, trois cent soixante-neuf millions de chiffres, qu’à raison d’un chiffre par seconde, on en aurait pour onze ans à l’écrire, et qu’en comptant deux chiffres par centimètre, le nombre aurait mille huit cent quarante-cinq kilomètres de long ! »

Georges Perec

La Vie mode d’emploi

chap. XV, « Smautf (chambres de bonne, 5) »

(P.O.L, 1978, p. 86) 


lundi 27 septembre 2021

100 000 000 000 000 000 000 000 000 000

 

Il me réveilla dans la nuit. Combien d’étoiles tu as dit qu’il y avait ?

Impossible de me fâcher. Même arraché au sommeil, j’étais ravi qu’il poursuive sa contemplation.

« Multiplie tous les grains de sable de la Terre par le nombre d’arbres. Cent mille quatrillions. » 

Je l’obligeai à réciter vingt-neuf zéros. Au bout de quinze, son rire dégénéra en grognements.

« Si tu étais un astronome de l’Antiquité et que tu  comptais en chiffres romains, tu n’aurais jamais réussi à écrire ce nombre. Toute ta vie n’aurait pas suffi. » 

Et combien ont des planètes ?

Ce nombre-là ne cessait de changer.


Sidérations, Richard Powers

(traduit de l’anglais [É.-U.] par Serge Chauvin)

Actes Sud, 2021, p. 19




jeudi 23 septembre 2021

Au Cabaret du Néant

 


Sur un point cependant ceux que j’ai conviés au Cimetière de la morale s’accordent : leur refus de l’existence, dont jamais ils ne perdent de vue l’horreur. Ils considèrent pour la plupart la procréation comme un crime, la création comme une faute de goût, la société comme une association de malfaiteurs et le suicide comme leur honneur, quand ce n’est pas leur devoir. Ils sont de la famille de Schopenhauer, et c’est pourquoi nous avons été lui rendre visite à l’Hôtel d’Angleterre. Tous, un jour ou l’autre, l’ont écouté comme nous l’avons fait nous-même, et ce qu’ils ont entendu les a confortés dans leur mépris de l’humanité, leur défiance de l’amour, leur nihilisme invétéré.


Roland Jaccard, le Cimetière de la morale, Puf, « Perspectives critiques », 1995, p. 7.


mardi 21 septembre 2021

mimologisme

 

« Il serait tout aussi absurde d’imprimer en rouge le mot “ rouge ” que d’imprégner de parfum la page où se lit le nom d’une fleur : absurde en science comme en littérature. »



Michel Vachey, « Ramages dans une allée », Revue des sciences humaines, n° 175, « Honoré de Balzac » (Université de Lille-III, 1979, p. 138), cité par L. L. de Mars — section « Caviard », p. 161 — de Archipel plusieurs (1967-1987), Flammarion, « Poésie », 2021 (464 p., 30 €).





vendredi 17 septembre 2021

et manque

 


sauf Cabanis

mardi 24 août 2021

samedi 14 août 2021

phrère simpliste

 

Ces temps, que se passe-t-il avec Daumal, René ?


longtemps, j’ai écrit « frère sympliste »




mercredi 11 août 2021

la vache qui rit

 

 
Magritte, le Contenu pictural, 1947 
 
« On veut pas vous faire du mal, notez, vous dépayser, vous effrayer, c’est pour ça qu’on vous cause nègre américain comme vous êtes habitués. On veut bien vous dire merde poliment, dans votre faux langage. Parce que nous, les péquenots, les mangebouses, on n’en est pas à une façon près, tu te rends compte. On veut même être assez gentils pour vous parler comme vos derniers nés gawasse pirtée coxigés vobée rimmpliplîre et picoultire x y z cou li bi la ba ba x x x Zim boum tra la la la peût peût barbapoux Célina tichien madame tichat Monsieur a c e g ik kss kss 1 m no p qu qu qu qu qu qu jusqu’à demain pouf pouf !
« Alors ça va ? On reste en pays de connaissance ? N’allez pas imaginer qu’on soit des dadas, hein, nous on monte sur les dadas, on est des écuyers. »

Louis Scutenaire, « Les pieds dans le plat », préface au catalogue de la première exposition personnelle de René Magritte à Paris, « Peintures et gouaches », Galerie du Faubourg (11 mai-5 juin 1948), que l’on a retenue sous l’appellation « période vache », une peinture nouvelle, jetée et agressive, soit quelques semaines, une quarantaine de tableaux et de gouaches aux sujets vulgaires et aux couleurs criardes — le contrepied exact de sa manière habituelle —, destinés à choquer les marchands parisiens et à outrager le bon goût français.

Côté critique, les résultats furent divertissants. Sans parler ni des Français ni des Belges qui ne faillirent pas à leur réputation, de doctes zoïles valaisans, des descendants éclairés des convicts de la Nouvelle-Hollande traînèrent sur la claie l’artiste et son préfacier. Ce qu’ils regrettaient le René Magritte « d’antan » ! Quant au Livre d’or de la Galerie du Faubourg, ce fut plutôt un livre d’ordures si on le juge sur la vulgarité, la malveillance des jugements qu’y tracèrent les visiteurs. Il n’aurait pas été conservé, dommage… Il y avait, dans cette nuit, une seule étoile : « Rira bien qui rira le dernier », signé Éluard.
Personne n’acheta.


in Avec Magritte, Louis Scutenaire
L’Atelier contemporain, coll. « Studiolo »
(p. 137 et 142) 224 p. – 8,50 € 
 

 


jeudi 5 août 2021

crever l’écran

 

 
À 10:24, lorsque l’exceptionnelle Machiko Kyō (qui joue Mickey) entre au « Rêve » 
 

elle fait exploser par son charisme
 

la Rue de la honte (1956), le chef-d’œuvre
 

de Kenji Mizoguchi (1898-1956),
 
 
réalisateur de 94 films (dont 63 sont perdus).
 
 
Film disponible en accès libre sur Arte Cinéma jusqu’en janvier 2022,
avec sept autres de Mizoguchi,
dont les Contes de la lune vague après la pluie (1953), avec Machiko Kyō 
et les Amants crucifiés (1954).