lundi 17 mai 2021

inclusion

 


fourmi légionnaire fourmi termite fourmi aztèque chacune dans l’ambre mexicain jaune miel + les millions d’années (deux luttent une cohabite compétition coopération (la pierre fixe les chose en sa nature d’oléorésine transformée (avec du vivant d’abord devenu pierre en écran jaune non évolutif petite plaque qui peut flotter (la fourmi imprimée dans la vie d’avant fossile par paléo-protection bénéficie de la longue durée (la matière d'avant l’homme montre l'image non l'image montre la matière

Jean-Patrice Courtois
Descriptions
Nous, 2021
160 p., 18 €
(p. 26) 


samedi 15 mai 2021

Maquereaux et Oreiller

 


Mackerel & Pillow (1979)
Michiko Kon

vendredi 7 mai 2021

 


les éléphantasmatiques

 

Rien qu’avec le mot éléphant et la façon dont les hommes en usent, il arrive aux éléphants des choses, favorables ou défavorables, fastes ou néfastes — de toute façon, catastrophiques — avant même qu’on ait commencé à lever vers eux un arc ou un fusil.

D’ailleurs, c’est clair, il suffit que j’en parle, il n’y a pas besoin qu’ils soient là, pour qu’ils soient bien là, grâce au mot éléphant, et plus réels que les individus-éléphants contingents.

p. 201


L’important est que ce petit animal humain [l’enfant] soit capable de se servir de la fonction symbolique grâce à laquelle, comme je vous l’ai expliqué, nous pouvons ici faire entrer les éléphants quelle que soit l’étroitesse de la porte.

p. 243-244


Penser, c’est substituer aux éléphants le mot éléphant, et au soleil un rond.

p. 250


Certes, le concept n’est pas la chose en ce qu’elle est, pour la simple raison que le concept est toujours là où la chose n’est pas, il arrive pour remplacer la chose, comme l’éléphant que j’ai fait entrer l’autre jour dans la salle par l’intermédiaire du mot éléphant. Si ça a tellement frappé certains d’entre vous, c’est qu’il était évident que l’éléphant était bien là dès lors que nous le nommions.

p. 267


7 JUILLET 1954.


Lacan fait distribuer des figurines représentant des éléphants.

p. 316 [excipit]


Jacques Lacan

Le Séminaire, livre I

« Les écrits techniques de Freud », Seuil, 1975

mardi 4 mai 2021

les éléphantastiques

— Pourquoi l’éléphant est-il grand, gris et ridé ?

— Parce que s’il était petit, blanc et lisse, ce serait un cachet d’aspirine.


— Comment fait un éléphant pour se cacher dans un champ de fraises ?

— Il se peint les ongles en rouge.


— Combien peut-on faire entrer d’éléphants dans une Mini ?

— Cinq : deux à l’avant, deux à l’arrière, et un dans la boîte à gants.


— Combien peut-on faire entrer de girafes dans une Mini ?

— Aucune. Elle est déjà remplie d’éléphants.


— Comment sait-on qu’un éléphant est entré dans son frigo ?

— Il a laissé des traces de pas dans le beurre.


— Comment sait-on qu’il y a deux éléphants dans son frigo ?

— Vous pouvez entendre des rires lorsque vous fermez la porte.


— Comment sait-on qu’il y a trois éléphants dans son frigo ?

— Vous ne pouvez pas fermer la porte.


— Comment sait-on qu’il y a cinq éléphants dans son frigo ?

 — Il y a une Mini vide garée à l’extérieur.



sources

• Thangam Ravindranathan, « L’absent de tous troupeaux », in Critique, n° 855-856, août-sept. 2018, « Éric Chevillard. Angles d’attaque ».

article « Elephant joke », Wikipédia

vendredi 30 avril 2021

Amer # 9

 C’est un grand (b/h)on(h/n)eur d’avoir été convié par Ian Geay (glouglous) à rejoindre — d’un plongeon ! — le pléthorique sommaire (Jean Lorrain, Laurine Roux, Anna d’Annunzio, Yves Letort, Éric Dussert, Christophe Esnault…) de la neuvième livraison — ou « immersion » — d’Amer, revue finissante, Lille, 480 pages, 504 grammes, avril 2021, thème : « Eaux, lavement littéraire » (baignades et noyades), textes, nouvelles (crues), cours de natation (l’Art de nager appris seul en moins d’une heure), entretiens (Sarah Haidar) plus ou moins fleuves (cent deux questions posées), articles critiques (« Faire la planche, posture fin-de-siècle »), rivières de diamants, vague à l’âme, lacs ou méandres, courants et marées, tempêtes et pot-au-noir, dessins, images, photographies, portfolios (Pole Ka), chroniques attendues (« De bruit et de fureur », « La revue des revues »), couverture de Jean-Luc Navette, poster (wOOlf) en prime, dont la quatrième — Rachilde, La Tour d’amour — écrit :

Quand la vague se recroquevillait sur elle-même, on découvrait des trous, des vieux trous de dents gâtées, et cela sentait la marée, âprement, avec un surgoût de sang pourri.

 

 

Les Âmes d’Atala

 


samedi 24 avril 2021

Pour PLP

Extrait du court texte (deux phrases) de la quatrième de couverture de Ça et pas ça, de Pierre Le Pillouër (Le Bleu du ciel, 2015) :

«  Ce livre est le recueil des visions et des auditions issues de l’état de semi-conscience qui se dissipe vite dans le sommeil ou dans le retour à la norme. [...] nulle épreuve sinon celle de la lutte contre les processus et les tentations de l’effacement. »

Petit garçon bronzé brun vêtu de rouge debout sur un lit complètement protégé par une moustiquaire


LA VOIX DIT

Il faut enlever le mot « poésie »


Rebord en or (proche d’une grande capsule retournée)

d’un tambour très plat

ET LA VOIX DIT

... me rendrait service aussi...


Gros corps de baigneur sans tête (humain ou non ?)

éclairé de l’intérieur par des flammes de bougie


Petites jambes de femme en verre soufflé rouge

ET LA VOIX DIT

Livre de vie et de détenu


(p. 83)

* * * * * * * * * *

> Pour relayer et poursuivre l’initiative de Patrick Beurard-Valdoye et de Florence Trocmé :

https://poezibao.typepad.com/poezibao/2021/04/pour-soutenir-pierre-le-pillou%C3%ABr.html



lundi 19 avril 2021

R. R. [x 2]

 


• Europe, n° 714, octobre 1988, 224 p. [75 F]


La liste des médications, tenue à jour par Charlotte Dufrène (« mon amie » comme dit le dernier manifeste), est, des œuvres de Roussel, une des mieux abouties : Phanodorme, Hypalène, Vériane, Rutonal, Sonéryl, Somnothyril, Neurinase, Acetile Veronidin.

Elle suit encore, après abandon de l’écriture visible, le cours de la « création imprévue due à des combinaisons phoniques ». Les commentaires aussi laissent croire à l’efficace du nom et de la chose : sommeil euphorie extra, euphorie très grande euphorie euphorie toute la journée sommeil bon sommeil formidable euphorie euphorie désordonnée.


On commence mal une biographie par sa fin, sauf dans le cas, prédicable ici, où l’on ne sait rien… sinon ce qu’implique ce rapport du docteur Pierre Janet : « Sa vie était construite comme ses livres. »


« Raymond Roussel, presque »

Philippe G. Kerbellec

[p. 138]


• Europe, n° 1104, avril 2021, 370 p. [20 €]


Une félicité qui est peut-être un autre nom de la gloire : de fait, dans l’imaginaire rousselien, la gloire apparaît moins comme un effet de la réussite de l’œuvre que comme une substance, lumière ou fluide émanant d’un sujet sans failles, dont ce rayonnement atteste la plénitude. C’est pourquoi l’expérience, cruelle, de son irréalité sociale a son lieu dans le corps même de l’auteur : lorsque, à l’été de 1897, personne ne soulève son chapeau pour saluer le jeune auteur de la Doublure et de « Mon âme ». […] 


Quand la Doublure parut, le 10 juin 1897, son insuccès me causa un choc d’un violence terrible. J’eus l’impression d’être précipité jusqu’à terre du haut d’un prodigieux sommet de gloire. La secousse alla jusqu’à provoquer chez moi une sorte de maladie de peau qui se traduisit par une rougeur de tout le corps, et ma mère me fit examiner par notre médecin, croyant que j’avais la rougeole. […]


« Le style substantif de Raymond Roussel »

Christelle Reggiani

[p. 32]



mardi 13 avril 2021

Noël

 


Peut-être écrit-on pour s’entraîner à la disparition — tant pis si le rapport paraît choquant —, s'entraîner : lutter contre. Puisque nous n'avons plus rien à dire, plus rien à décrire depuis que le réalisme fuit par tous les bouts, que nous reste-t-il à part le rien ? La situation n'est pas désespérée : on peut faire tant de choses à partir de rien — le rien interdit seulement qu'on les prenne pour le tout. Ainsi, la place est nette, et elle le demeure. Pas question de s’exprimer — exprimer quoi ? Mais l’on peut créer, c’est-à-dire jouer. Il faut d'abord se souvenir un peu pour nourrir le mouvement des mots et rencontrer l'histoire, puis l’on devient guignol ou l’autre ou soi-même, et tout cela sous son nom, à condition de prendre ce SOUS très littéralement.


« L’outrage aux mots »

13/20 février 1975

Jean-Jacques Pauvert, 192 p., 1975

[p. 183-184]


vendredi 9 avril 2021

[ ]

 

Tous dans le salon, tous en manteau, dont trois qui, en plus, ont enfilé des gants et quatre qui donnent l’impression d’écouter Martin, le seul à être debout et qui parle avec de grands gestes.

Cette façon dont le temps semble avoir fait un bond en avant. S’est-il passé, à minuit, quelque chose qui amplifie le dérèglement ? Et cette façon qu’a la voix de Martin de se modifier peu à peu.

Les armes biologiques et les pays qui les possèdent.

Il débite une longue liste qu’interrompt une quinte de toux. Les autres détournent les yeux. Lui s’essuie la bouche du revers de la main, inspecte la main en question et revient à son discours.

Certains pays. Jadis partisans forcenés de l’arme nucléaire, qui utilisent désormais le langage de l’armement vivant.

Microbes, gènes, spores, poudres.

[p. 75]



Le Silence, Don DeLillo

roman traduit de l’américain par Sabrina Duncan

Actes Sud, 112 p., 2021


« Et qu’est-ce qui se passe ensuite ? dit Tessa. C’était dans les marges de notre perception depuis toujours. Panne d’électricité, technologie qui dérape, une chose puis une autre. On en a été témoins à plusieurs reprises, chez nous comme ailleurs, tempêtes, feux de forêts, évacuations, typhons, tornades, sécheresse, brouillard épais, air pestilentiel. Glissements de terrain, tsunamis, rivières qui disparaissent, maisons qui s’effondrent, bâtiments entiers qui s’écroulent, ciels saturés de pollution. Excusez-moi, je vais essayer de me taire. Tous ces souvenirs encore frais dans les mémoires, virus, épidémie, cette ribambelle de gens dans les terminaux des aéroports, les masques sur le visage, ces rues désertes dans les villes. » 

Tessa remarque le silence qui accompagne ses moments de pause.

« De l’unique écran noir de cet appartement à la situation qui nous environne. Qu’est-ce qui se passe ? Qui nous inflige ça ? Est-ce qu’on a remastérisé nos cerveaux en numérique ? Est-ce qu’on est une expérience en train de tourner court, un programme mis en œuvre par des forces qui transcendent notre entendement ? Ce n’est pas la première fois que ces questions sont posées. Des savants ont dit et écrit des choses à ce propos, des physiciens, des philosophes. »

[p. 81]



jeudi 1 avril 2021

— Chat ou café ?

 


Félix Vallotton, 1896


Chuck Patch, 1975


(Cette photographie [ce photographe], je la découvre ce 25 mars grâce au blog inlassablement renouvelé depuis 2006,
Pop9,
quasi toujours en tête du Top 25 des sites amis [ordre automatique géré selon mise à jour chronologique],

et que je consulte incessamment plusieurs fois par jour : 

que son animateur en soit ici remercié.)

jeudi 25 mars 2021

Hmohmohmohmo !


 

Binet/Grasset — 448 p. — 2010


Toussaint/Minuit — 704 p. — 2017


Wegerif/MeMo — 28 p. — 2009



mardi 23 mars 2021

la suite dans les idées

 


Károly Keserü




samedi 20 mars 2021

docker au port international Ahmed-Abdallah-Abderemane de Mutsamudu (île d’Anjouan, Comores)

 


C’était une femme éblouissante qui s’était adonisée d’une manière à déstabiliser tout ce qui était jusque-là normal : une beauté divine, un chant d’oiseau, un vent impétueux qui ravage tout sur son passage. Avec son physique harmonieux, elle était faite à peindre. Le diable m’emporte si je mens, rien qu’en la voyant s’approcher gracieusement de moi je commençais à perdre la raison. J’étais en érection : j’ai senti tout à trac quelque chose s’animer à tout risque dans mon pantalon comme un serpent. « Hé ! Imprudente que tu es, petite queue bavarde ! Reste tranquille là où tu es. Cette femme est mariée. Elle n’est donc pas à toi », me suis-je dit in petto, moi dérangé que je suis. Je voulais retenir mon insolente matraque par ma main pour éviter un scandale, mais j’avais honte de le faire, devant cette femme surtout. J’ai donc laissé le petit serpent se déchaîner un moment. Je résistais en contractant mes mâchoires et en tremblant comme si j’avais froid. Mais lui, ce n’était pas son affaire. Rien ne pouvait l’arrêter. C’était parti comme un animal sauvage ! Il était au pinacle et n’avait rien dans son petit crâne que l’idée de se faire baster. 


Ali Zamir

Dérangé que je suis

Le Tripode, 2019

(p. 52-53)


lundi 15 mars 2021

roumaine extase

« Les visions provoquées par le haschich, les mosaïques étincelantes apparaissant sous les yeux des adeptes de la mescaline, l’orgasme anéantissant dans la tête des épileptiques, l’étonnement enchanté des amateurs d’autostéréogrammes quand, par chevauchement des lignes et des couleurs, se révèlent les symboles cachés, tridimensionnels et étincelants comme s’ils étaient de cristal, l’état de satori atteint par le bouddhiste zen quand il comprend après des années d’efforts et de torture qu’il n’y a aucune contradiction dans le koan et que l’esprit est libre comme l’oiseau, le rire pur de l’enfant de deux ans et tous les bonheurs qui nous sont permis, ne rendent compte que de très loin du soulagement accablant que ressentent, selon leurs propres dires et quand ils ont été en état de le faire, lorsque volent en éclats le crâne et le thorax les retenant prisonniers, ceux qui ont vu le tesseract. » (p. 445)

 

mercredi 3 mars 2021

samedi 27 février 2021

NL

 


Marc Riboud — « Hollande », 1993

*  *  *

La chevelure au vent courtisanes lascives 

Vont vers toi les locomotives.


Tous les moulins de Don Quichotte 

Tournent autour de tes marais, 

Et des cygnes de porcelaine

Évoluent en flotte 

Au long des quais. 

 

Chez toi le soleil est rouge et rond 

Comme une pomme d’api 

Tes canaux sont laqués


Hollande !


Ô Chine minuscule !

Où l’on joue aux boules avec des fromages,

Je t’ai créée selon l’esthétique des rêves

Amsterdam aux toits dentelés

Avec ses juifs et ses banquiers

Et le diable dans le clocher

Comme le conte Edgar Poe.

[...]

Robert Desnos

« À la Hollande »

Destinée arbitraire


samedi 20 février 2021

contraptonyme

Question : quel est le nom du procureur impérial qui requiert contre Les Fleurs du mal, et notamment contre « Le vin de l’assassin » ? 

[...]

Réponse à la question du n° 152 : Pinard.

Jacques Jouet, Des ans et des ânes 

Ramsay, 1988 (p. 83 et 113)

 



jeudi 18 février 2021

proprement dit

 


« On sait, ou on ne sait pas, que Jacques Barbaut n’est pas exactement ou plutôt pas complètement ou peut-être pas entièrement l’auteur de ses livres. […] »

 

R.-Y. R.

 

https://www.en-attendant-nadeau.fr/2021/02/17/nom-barbaut/




lundi 15 février 2021

« ... »

     J’ai le plus formidable, le plus sympathique, le plus remarquable et le plus insatiable complexe d’infériorité qu’eut jamais bonhomme au monde.

 Louis Scutenaire 

Mes inscriptions

dimanche 7 février 2021

garder les distances

 


Jacob A. Pfeiffer 

le Feu et la Glace

2019, huile sur panneau


mercredi 3 février 2021

en lignes

      Le plus grand nombre de soldats du contingent, c’est cinq cent mille, ça montre le lien qui me lie à tous ceux qui étaient dans cette guerre, malgré eux. Tombeau, c’est très symphonique. Je l’ai terminé par l’évocation du couple adamique, ce qu’on a jamais lu vraiment. Ces figures puissantes, comme une population, nommées d’une façon particulière, comme fantasmagorie philosophique. Un livre, c’est une chose qu’on s’arrache à soi et qu’on donne.

Pierre Guyotat
cité par Colette Fellous
in Revue Lignes, n° 64
« Tombeau pour Pierre Guyotat »
248 p., février 2021, 20 euros [p. 144]



https://www.sitaudis.fr/Parutions/revue-lignes-n-64-1612329201.php

samedi 30 janvier 2021

malpropretés

 

terrain propre                   vs                  terrain collectif


linge propre                     vs                           linge sale


terme propre                    vs                 terme impropre


sens propre                      vs                         sens figuré


nom propre                     vs                     nom commun

 

vendredi 22 janvier 2021

protection FFP *

 

 

le Grand Vocabulaire françois
tome troisième
M. DCC. LXVIII (1768)
 
p. 465 (bas)

1767-1774 — 15 vol. regroupant 30 tomes
(environ 18 240 pages)
 
consultable sur Gallica
 
________________________

( * Filtering Face Piece )
 

dimanche 17 janvier 2021

Regarder par la fenêtre (2)

« Beckett, Film »

 


Steve Schapiro

... ou...

jeudi 14 janvier 2021

un dessert d’Eric Dussert


Le Matricule des anges, n° 219, janvier 2021, « Poésie », p. 44
 

lundi 11 janvier 2021

plagiat par anticipation

 

JULIE,

sèchement.

En tous cas jʼai cherché dans les « E » ; cʼest plus logique que dans les « Z ».


FOLLAVOINE,

haussant les épaules.

Ah ! là, là ! « plus logique dans les E » ! pourquoi pas aussi dans les « H »?


JULIE, vexée

« Dans les H… dans les H… » ! Quʼest-ce que ça veut dire ça, « dans les H » ? (Changeant insensiblement de ton.) Mais, au fait… dans les « H »… pourquoi pas ?… mais oui : « Hébrides… Hébrides », il me semble bien que ?… oui ! (Elle sʼest précipitée sur le dictionnaire quʼelle feuillette dʼune main fébrile.) H !… H… H…


FOLLAVOINE,

la singeant.

Quoi, « achachache » ?


Georges Feydeau

On purge bébé

(scène 1)



(1910, Théâtre des Nouveautés)


vendredi 8 janvier 2021

entretien

 


n° 1635, du 7 au 13 janvier

avec Christophe Kantcheff 

p. 26-27 

(photo : Léo Aupetit)



mardi 5 janvier 2021

jeudi 31 décembre 2020

M M X X I

*

a n


 aime / deux

aiment / mille

ixe / vingt

X / &

1


!


mercredi 30 décembre 2020

de l'autre côté

 

Où ?


17, rue de Jouy — Paris IV


Où ?


— Là !

Où ?



— Ici !

 (Entre A. A. & P. P. P.) 


***

publi-reportage : Olivier Guilbaud
modèle : Françoise Sironi

lundi 28 décembre 2020

mise à jour



édition privée hors commerce, 2020

https://situationnisteblog.com/2020/12/05/ne-teletravaillez-jamais-2020/

vendredi 25 décembre 2020

mercredi 23 décembre 2020

dick

La phrase la plus dickienne qui ait été prononcée depuis très longtemps, je l’ai lue avec une stupéfaction assez admirative, c’est Elon Musk, le patron de Tesla, qui est réputé à la fois pour certaines fulgurances et pour des traits alors là assez cinglés, mais il disait récemment : « Les chances pour que nous soyons dans la réalité de base sont d’environ une sur dix millions », je ne sais pas d’où il sort cette statistique, mais cette idée de « la réalité de base », c’est-à-dire de la réalité réelle, à laquelle se sont superposés entre-temps des infinités de clones ou de substituts de la réalité, c’est une idée totalement dickienne — je pense que c’est une description précise du monde dans lequel on vit. 

Emmanuel Carrère

in La Compagnie des œuvres, de Matthieu Garrigou-Lagrange

« Regards sur Philip K. Dick », « Dick a gagné » (4/4)

jeudi 17 décembre 2020 (début à 22:35) — France Culture

[ma retranscription]

dimanche 20 décembre 2020

&

 


Simone Debout
&
Poulet-Malassis


jeudi 17 décembre 2020

l’écrit voyageur

 


Merci à Zadig, librairie française — Französische Buchhandlung — de Berlin ; merci à Jena.


*   *   *


Elle tenait en main une petite baguette, avec laquelle elle traçait des caractères sur un sable fin qui se trouvait entre le gazon et le ruisseau. Zadig eut la curiosité de voir ce que cette femme écrivait ; il s’approcha, il vit la lettre Z, puis un A ; il fut étonné ; puis parut un D ; il tressaillit. Jamais surprise ne fut égale à la sienne quand il vit les deux dernières lettres de son nom. Il demeura quelque temps immobile ; enfin, rompant le silence d’une voix entrecoupée : « Ô généreuse dame ! pardonnez à un étranger, à un infortuné, d’oser vous demander par quelle aventure étonnante je trouve ici le nom de ZADIG tracé de votre main divine ? » À cette voix, à ces paroles, la dame releva son voile d’une main tremblante, regarda Zadig, jeta un cri d’attendrissement, de surprise et de joie, et, succombant sous tous les mouvements divers qui assaillaient à la fois son âme, elle tomba évanouie entre ses bras. C’était Astarté elle-même, c’était la reine de Babylone, c’était celle que Zadig adorait, et qu’il se reprochait d’adorer ; c’était celle dont il avait tant pleuré et tant craint la destinée. 


lundi 14 décembre 2020

avenue royale

 

« Il est vrai que j’ai avec les noms propres un rapport qui m’est énigmatique, qui est de l’ordre de la signifiance, du désir, peut-être même de la jouissance. La psychanalyse s’est beaucoup occupée de ces problèmes, et l’on sait très bien que le nom propre est, si je puis dire, une avenue royale du sujet et du désir. Je reconnais cet attachement à la fois amoureux et énigmatique aux noms propres, notamment aux noms propres de mon enfance. »



Vingt mots-clés pour Roland Barthes

« Noms de personne, pronoms personnels »

Le Magazine littéraire, février 1975


repris in le Grain de la voix (1981), p. 202-203

samedi 12 décembre 2020

mercredi 9 décembre 2020

par l’oreille de Loret

 



[ mercredi 9 décembre 2020 ]




tirez les barbes !
— à la barbe ôtée