dimanche 30 mai 2021
vendredi 28 mai 2021
esseffe
« Je ne suis jamais parti du principe qu’un jour un gigantesque monstre métallique descendrait la Cinquième Avenue dans un grand bruit de ferrailles, avec l’intention de dévorer tout New York ; en revanche, j’ai toujours redouté que mon téléviseur, mon fer à repasser, mon grille-pain ne m’annoncent, dans le secret de mon logis, sans personne pour me tirer de là, qu’ils prenaient le pouvoir et tenaient à ma disposition le règlement auquel j’allais dorénavant devoir me conformer. »
Philip K. Dick
cité (p. 99) in
vendredi 21 mai 2021
C(h)ATS
Tout prouve que les chats ont d’abord été apprivoisés en Égypte. Les Égyptiens entreposaient le grain, ce qui attirait les rongeurs, qui attiraient à leur tour les chats. (Il n’y a aucune preuve qu’une telle chose arriva chez les Mayas, bien qu’un certain nombre de chats sauvages soient originaires de leur région.) Je ne pense pas que ce soit exact. Ce n’est certainement pas l’histoire dans son entier. Les chats ne commencent pas comme chasseurs de souris. Belettes, serpents et chiens sont plus efficaces comme agents de contrôle des rongeurs. J’avance l’hypothèse que les chats commencèrent comme compagnons psychiques, comme Familiers, et n’ont jamais dérogé à leur fonction.
[…]
Le chat n’offre pas de services. Le chat s’offre lui-même. Bien sûr, il veut de l’attention et un abri. On n’achète pas de l’amour pour rien.
William S. Burroughs
Entre chats (The Cat Inside)
trad. Gérard-Georges Lemaire
Christian Bourgois Éd., coll. « Titres »
(p. 41 et 43)
lundi 17 mai 2021
inclusion
fourmi légionnaire fourmi termite fourmi aztèque chacune dans l’ambre mexicain jaune miel + les millions d’années (deux luttent une cohabite compétition coopération (la pierre fixe les chose en sa nature d’oléorésine transformée (avec du vivant d’abord devenu pierre en écran jaune non évolutif petite plaque qui peut flotter (la fourmi imprimée dans la vie d’avant fossile par paléo-protection bénéficie de la longue durée (la matière d'avant l’homme montre l'image non l'image montre la matière
Jean-Patrice Courtois
Descriptions
Nous, 2021
160 p., 18 €
(p. 26)
samedi 15 mai 2021
vendredi 7 mai 2021
les éléphantasmatiques
Rien qu’avec le mot éléphant et la façon dont les hommes en usent, il arrive aux éléphants des choses, favorables ou défavorables, fastes ou néfastes — de toute façon, catastrophiques — avant même qu’on ait commencé à lever vers eux un arc ou un fusil.
D’ailleurs, c’est clair, il suffit que j’en parle, il n’y a pas besoin qu’ils soient là, pour qu’ils soient bien là, grâce au mot éléphant, et plus réels que les individus-éléphants contingents.
p. 201
L’important est que ce petit animal humain [l’enfant] soit capable de se servir de la fonction symbolique grâce à laquelle, comme je vous l’ai expliqué, nous pouvons ici faire entrer les éléphants quelle que soit l’étroitesse de la porte.
p. 243-244
Penser, c’est substituer aux éléphants le mot éléphant, et au soleil un rond.
p. 250
Certes, le concept n’est pas la chose en ce qu’elle est, pour la simple raison que le concept est toujours là où la chose n’est pas, il arrive pour remplacer la chose, comme l’éléphant que j’ai fait entrer l’autre jour dans la salle par l’intermédiaire du mot éléphant. Si ça a tellement frappé certains d’entre vous, c’est qu’il était évident que l’éléphant était bien là dès lors que nous le nommions.
p. 267
7 JUILLET 1954.
Lacan fait distribuer des figurines représentant des éléphants.
p. 316 [excipit]
•
Jacques Lacan
Le Séminaire, livre I
« Les écrits techniques de Freud », Seuil, 1975
mardi 4 mai 2021
les éléphantastiques
— Parce que s’il était petit, blanc et lisse, ce serait un cachet d’aspirine.
— Comment fait un éléphant pour se cacher dans un champ de fraises ?
— Il se peint les ongles en rouge.
— Combien peut-on faire entrer d’éléphants dans une Mini ?
— Cinq : deux à l’avant, deux à l’arrière, et un dans la boîte à gant.
— Combien peut-on faire entrer de girafes dans une Mini ?
— Aucune. Elle est déjà remplie d’éléphants.
— Comment sait-on qu’un éléphant est entré dans son frigo ?
— Il a laissé des traces de pas dans le beurre.
— Comment sait-on qu’il y a deux éléphants dans son frigo ?
— Vous pouvez entendre des rires lorsque vous fermez la porte.
— Comment sait-on qu’il y a trois éléphants dans un frigo ?
— Vous ne pouvez pas fermer la porte.
— Comment sait-on qu’il y a cinq éléphants dans son frigo ?
— Il y a une Mini vide garée à l’extérieur.
sources
• Thangam Ravindranathan, « L’absent de tous troupeaux », in Critique, n° 855-856, août-sept. 2018, « Éric Chevillard. Angles d’attaque »
• article « Elephant joke », Wikipédia
vendredi 30 avril 2021
Amer # 9
C’est un grand (b/h)on(h/n)eur d’avoir été convié par Ian Geay (glouglous) à rejoindre — d’un plongeon ! — le pléthorique sommaire (Jean Lorrain, Laurine Roux, Anna d’Annunzio, Yves Letort, Éric Dussert, Christophe Esnault…) de la neuvième livraison — ou « immersion » — d’Amer, revue finissante, Lille, 480 pages, 504 grammes, avril 2021, thème : « Eaux, lavement littéraire » (baignades et noyades), textes, nouvelles (crues), cours de natation (l’Art de nager appris seul en moins d’une heure), entretiens (Sarah Haidar) plus ou moins fleuves (cent deux questions posées), articles critiques (« Faire la planche, posture fin-de-siècle »), rivières de diamants, vague à l’âme, lacs ou méandres, courants et marées, tempêtes et pot-au-noir, dessins, images, photographies, portfolios (Pole Ka), chroniques attendues (« De bruit et de fureur », « La revue des revues »), couverture de Jean-Luc Navette, poster (wOOlf) en prime, dont la quatrième — Rachilde, La Tour d’amour — écrit :
Quand la vague se recroquevillait sur elle-même, on découvrait des trous, des vieux trous de dents gâtées, et cela sentait la marée, âprement, avec un surgoût de sang pourri.
samedi 24 avril 2021
Pour PLP
Extrait du court texte (deux phrases) de la quatrième de couverture de Ça et pas ça, de Pierre Le Pillouër (Le Bleu du ciel, 2015) :
« Ce livre est le recueil des visions et des auditions issues de l’état de semi-conscience qui se dissipe vite dans le sommeil ou dans le retour à la norme. [...] nulle épreuve sinon celle de la lutte contre les processus et les tentations de l’effacement. »
Petit garçon bronzé brun vêtu de rouge debout sur un lit complètement protégé par une moustiquaire
LA VOIX DIT
Il faut enlever le mot « poésie »
Rebord en or (proche d’une grande capsule retournée)
d’un tambour très plat
ET LA VOIX DIT
... me rendrait service aussi...
Gros corps de baigneur sans tête (humain ou non ?)
éclairé de l’intérieur par des flammes de bougie
Petites jambes de femme en verre soufflé rouge
ET LA VOIX DIT
Livre de vie et de détenu
(p. 83)
* * * * * * * * * *
> Pour relayer et poursuivre l’initiative de Patrick Beurard-Valdoye et de Florence Trocmé :
https://poezibao.typepad.com/poezibao/2021/04/pour-soutenir-pierre-le-pillou%C3%ABr.html
lundi 19 avril 2021
R. R. [x 2]
• Europe, n° 714, octobre 1988, 224 p. [75 F]
La liste des médications, tenue à jour par Charlotte Dufrène (« mon amie » comme dit le dernier manifeste), est, des œuvres de Roussel, une des mieux abouties : Phanodorme, Hypalène, Vériane, Rutonal, Sonéryl, Somnothyril, Neurinase, Acetile Veronidin.
Elle suit encore, après abandon de l’écriture visible, le cours de la « création imprévue due à des combinaisons phoniques ». Les commentaires aussi laissent croire à l’efficace du nom et de la chose : sommeil euphorie extra, euphorie très grande euphorie euphorie toute la journée sommeil bon sommeil formidable euphorie euphorie désordonnée.
On commence mal une biographie par sa fin, sauf dans le cas, prédicable ici, où l’on ne sait rien… sinon ce qu’implique ce rapport du docteur Pierre Janet : « Sa vie était construite comme ses livres. »
« Raymond Roussel, presque »
Philippe G. Kerbellec
[p. 138]
• Europe, n° 1104, avril 2021, 370 p. [20 €]
Une félicité qui est peut-être un autre nom de la gloire : de fait, dans l’imaginaire rousselien, la gloire apparaît moins comme un effet de la réussite de l’œuvre que comme une substance, lumière ou fluide émanant d’un sujet sans failles, dont ce rayonnement atteste la plénitude. C’est pourquoi l’expérience, cruelle, de son irréalité sociale a son lieu dans le corps même de l’auteur : lorsque, à l’été de 1897, personne ne soulève son chapeau pour saluer le jeune auteur de la Doublure et de « Mon âme ». […]
Quand la Doublure parut, le 10 juin 1897, son insuccès me causa un choc d’un violence terrible. J’eus l’impression d’être précipité jusqu’à terre du haut d’un prodigieux sommet de gloire. La secousse alla jusqu’à provoquer chez moi une sorte de maladie de peau qui se traduisit par une rougeur de tout le corps, et ma mère me fit examiner par notre médecin, croyant que j’avais la rougeole.
« Le style substantif de Raymond Roussel »
Christelle Reggiani
[p. 32]
mardi 13 avril 2021
Noël
Peut-être écrit-on pour s’entraîner à la disparition — tant pis si le rapport paraît choquant —, s'entraîner : lutter contre. Puisque nous n'avons plus rien à dire, plus rien à décrire depuis que le réalisme fuit par tous les bouts, que nous reste-t-il à part le rien ? La situation n'est pas désespérée : on peut faire tant de choses à partir de rien — le rien interdit seulement qu'on les prenne pour le tout. Ainsi, la place est nette, et elle le demeure. Pas question de s’exprimer — exprimer quoi ? Mais l’on peut créer, c’est-à-dire jouer. Il faut d'abord se souvenir un peu pour nourrir le mouvement des mots et rencontrer l'histoire, puis l’on devient guignol ou l’autre ou soi-même, et tout cela sous son nom, à condition de prendre ce SOUS très littéralement.
« L’outrage aux mots »
13/20 février 1975
Jean-Jacques Pauvert, 192 p., 1975
[p. 183-184]
vendredi 9 avril 2021
[ ]
Tous dans le salon, tous en manteau, dont trois qui, en plus, ont enfilé des gants et quatre qui donnent l’impression d’écouter Martin, le seul à être debout et qui parle avec de grands gestes.
Cette façon dont le temps semble avoir fait un bond en avant. S’est-il passé, à minuit, quelque chose qui amplifie le dérèglement ? Et cette façon qu’a la voix de Martin de se modifier peu à peu.
Les armes biologiques et les pays qui les possèdent.
Il débite une longue liste qu’interrompt une quinte de toux. Les autres détournent les yeux. Lui s’essuie la bouche du revers de la main, inspecte la main en question et revient à son discours.
Certains pays. Jadis partisans forcenés de l’arme nucléaire, qui utilisent désormais le langage de l’armement vivant.
Microbes, gènes, spores, poudres.
[p. 75]
Le Silence, Don DeLillo
roman traduit de l’américain par Sabrina Duncan
Actes Sud, 112 p., 2021
« Et qu’est-ce qui se passe ensuite ? dit Tessa. C’était dans les marges de notre perception depuis toujours. Panne d’électricité, technologie qui dérape, une chose puis une autre. On en a été témoins à plusieurs reprises, chez nous comme ailleurs, tempêtes, feux de forêts, évacuations, typhons, tornades, sécheresse, brouillard épais, air pestilentiel. Glissements de terrain, tsunamis, rivières qui disparaissent, maisons qui s’effondrent, bâtiments entiers qui s’écroulent, ciels saturés de pollution. Excusez-moi, je vais essayer de me taire. Tous ces souvenirs encore frais dans les mémoires, virus, épidémie, cette ribambelle de gens dans les terminaux des aéroports, les masques sur le visage, ces rues désertes dans les villes. »
Tessa remarque le silence qui accompagne ses moments de pause.
« De l’unique écran noir de cet appartement à la situation qui nous environne. Qu’est-ce qui se passe ? Qui nous inflige ça ? Est-ce qu’on a remastérisé nos cerveaux en numérique ? Est-ce qu’on est une expérience en train de tourner court, un programme mis en œuvre par des forces qui transcendent notre entendement ? Ce n’est pas la première fois que ces questions sont posées. Des savants ont dit et écrit des choses à ce propos, des physiciens, des philosophes. »
[p. 81]
jeudi 1 avril 2021
— Chat ou café ?
Félix Vallotton, 1896
jeudi 25 mars 2021
mardi 23 mars 2021
samedi 20 mars 2021
docker au port international Ahmed-Abdallah-Abderemane de Mutsamudu (île d’Anjouan, Comores)
C’était une femme éblouissante qui s’était adonisée d’une manière à déstabiliser tout ce qui était jusque-là normal : une beauté divine, un chant d’oiseau, un vent impétueux qui ravage tout sur son passage. Avec son physique harmonieux, elle était faite à peindre. Le diable m’emporte si je mens, rien qu’en la voyant s’approcher gracieusement de moi je commençais à perdre la raison. J’étais en érection : j’ai senti tout à trac quelque chose s’animer à tout risque dans mon pantalon comme un serpent. « Hé ! Imprudente que tu es, petite queue bavarde ! Reste tranquille là où tu es. Cette femme est mariée. Elle n’est donc pas à toi », me suis-je dit in petto, moi dérangé que je suis. Je voulais retenir mon insolente matraque par ma main pour éviter un scandale, mais j’avais honte de le faire, devant cette femme surtout. J’ai donc laissé le petit serpent se déchaîner un moment. Je résistais en contractant mes mâchoires et en tremblant comme si j’avais froid. Mais lui, ce n’était pas son affaire. Rien ne pouvait l’arrêter. C’était parti comme un animal sauvage ! Il était au pinacle et n’avait rien dans son petit crâne que l’idée de se faire baster.
Ali Zamir
Dérangé que je suis
Le Tripode, 2019
(p. 52-53)
lundi 15 mars 2021
roumaine extase
« Les visions provoquées par le haschich, les mosaïques étincelantes apparaissant sous les yeux des adeptes de la mescaline, l’orgasme anéantissant dans la tête des épileptiques, l’étonnement enchanté des amateurs d’autostéréogrammes quand, par chevauchement des lignes et des couleurs, se révèlent les symboles cachés, tridimensionnels et étincelants comme s’ils étaient de cristal, l’état de satori atteint par le bouddhiste zen quand il comprend après des années d’efforts et de torture qu’il n’y a aucune contradiction dans le koan et que l’esprit est libre comme l’oiseau, le rire pur de l’enfant de deux ans et tous les bonheurs qui nous sont permis, ne rendent compte que de très loin du soulagement accablant que ressentent, selon leurs propres dires et quand ils ont été en état de le faire, lorsque volent en éclats le crâne et le thorax les retenant prisonniers, ceux qui ont vu le tesseract. » (p. 445)
dimanche 7 mars 2021
mercredi 3 mars 2021
samedi 27 février 2021
NL
Marc Riboud — « Hollande », 1993
* * *
La chevelure au vent courtisanes lascives
Vont vers toi les locomotives.
Tous les moulins de Don Quichotte
Tournent autour de tes marais,
Et des cygnes de porcelaine
Évoluent en flotte
Au long des quais.
Chez toi le soleil est rouge et rond
Comme une pomme d’api
Tes canaux sont laqués
Hollande !
Ô Chine minuscule !
Où l’on joue aux boules avec des fromages,
Je t’ai créée selon l’esthétique des rêves
Amsterdam aux toits dentelés
Avec ses juifs et ses banquiers
Et le diable dans le clocher
Comme le conte Edgar Poe.
[...]
Robert Desnos
« À la Hollande »
Destinée arbitraire
samedi 20 février 2021
contraptonyme
Question : quel est le nom du procureur impérial qui requiert contre Les Fleurs du mal, et notamment contre « Le vin de l’assassin » ?
[...]
Réponse à la question du n° 152 : Pinard.
Jacques Jouet, Des ans et des ânes
Ramsay, 1988 (p. 83 et 113)
jeudi 18 février 2021
proprement dit
« On sait, ou on ne sait pas, que Jacques Barbaut n’est pas exactement ou plutôt pas complètement ou peut-être pas entièrement l’auteur de ses livres. […] »
lundi 15 février 2021
« ... »
J’ai le plus formidable, le plus sympathique, le plus remarquable et le plus insatiable complexe d’infériorité qu’eut jamais bonhomme au monde.
Louis Scutenaire
Mes inscriptions
jeudi 11 février 2021
dimanche 7 février 2021
mercredi 3 février 2021
en lignes
Le plus grand nombre de soldats du contingent, c’est cinq cent mille, ça montre le lien qui me lie à tous ceux qui étaient dans cette guerre, malgré eux. Tombeau, c’est très symphonique. Je l’ai terminé par l’évocation du couple adamique, ce qu’on a jamais lu vraiment. Ces figures puissantes, comme une population, nommées d’une façon particulière, comme fantasmagorie philosophique. Un livre, c’est une chose qu’on s’arrache à soi et qu’on donne.
Pierre Guyotat
cité par Colette Fellous
in Revue Lignes, n° 64
« Tombeau pour Pierre Guyotat »
248 p., février 2021, 20 euros [p. 144]
https://www.sitaudis.fr/Parutions/revue-lignes-n-64-1612329201.php
samedi 30 janvier 2021
malpropretés
terrain propre vs terrain collectif
linge propre vs linge sale
terme propre vs terme impropre
sens propre vs sens figuré
nom propre vs nom commun
vendredi 22 janvier 2021
protection FFP *
1767-1774 — 15 vol. regroupant 30 tomes
(environ 18 240 pages)
( * Filtering Face Piece )
dimanche 17 janvier 2021
jeudi 14 janvier 2021
lundi 11 janvier 2021
plagiat par anticipation
JULIE,
sèchement.
En tous cas jʼai cherché dans les « E » ; cʼest plus logique que dans les « Z ».
FOLLAVOINE,
haussant les épaules.
Ah ! là, là ! « plus logique dans les E » ! pourquoi pas aussi dans les « H »?
JULIE, vexée
« Dans les H… dans les H… » ! Quʼest-ce que ça veut dire ça, « dans les H » ? (Changeant insensiblement de ton.) Mais, au fait… dans les « H »… pourquoi pas ?… mais oui : « Hébrides… Hébrides », il me semble bien que ?… oui ! (Elle sʼest précipitée sur le dictionnaire quʼelle feuillette dʼune main fébrile.) H !… H… H…
FOLLAVOINE,
la singeant.
Quoi, « achachache » ?
Georges Feydeau
On purge bébé
(scène 1)
vendredi 8 janvier 2021
mardi 5 janvier 2021
jeudi 31 décembre 2020
mercredi 30 décembre 2020
de l'autre côté
Où ?
lundi 28 décembre 2020
mise à jour
vendredi 25 décembre 2020
mercredi 23 décembre 2020
dick
La phrase la plus dickienne qui ait été prononcée depuis très longtemps, je l’ai lue avec une stupéfaction assez admirative, c’est Elon Musk, le patron de Tesla, qui est réputé à la fois pour certaines fulgurances et pour des traits alors là assez cinglés, mais il disait récemment : « Les chances pour que nous soyons dans la réalité de base sont d’environ une sur dix millions », je ne sais pas d’où il sort cette statistique, mais cette idée de « la réalité de base », c’est-à-dire de la réalité réelle, à laquelle se sont superposés entre-temps des infinités de clones ou de substituts de la réalité, c’est une idée totalement dickienne — je pense que c’est une description précise du monde dans lequel on vit.
Emmanuel Carrère
in La Compagnie des œuvres, de Matthieu Garrigou-Lagrange
« Regards sur Philip K. Dick », « Dick a gagné » (4/4)
jeudi 17 décembre 2020 (début à 22:35) — France Culture
[ma retranscription]

















































