mercredi 30 juillet 2008

la gloire


Me suis arrêté chez Schrafft sur la 58e et Madison. Les serveuses disaient toutes : « Est-ce que c’est lui ? » « C’est lui. » « Ce n’est pas lui. »
Alors quand je suis sorti j’ai dit : « C’est moi. »
Ça les a excitées.



Andy Warhol, Journal

lundi 7 juillet 2008

AVIS à la POPULATION





INCITE à la COPULATION

vendredi 4 juillet 2008

— Quel est le mot de la langue française que vous détestez le plus ?



— INTERACTIVITÉ…

Ça serait trop long à t'expliquer.

Mais déjà, ça rime avec RADIOACTIVITÉ.
Ça ira, dis ?...

mercredi 2 juillet 2008

Entrer dans un con nu, c’est entrer dans l’inconnu.


« Si, maintenant, nous sexualisons l’image, nous percevons que l’action de plonger dans l’inconnu évoque le mouvement que fait le pénis quand il pénètre dans le vagin : dans ce cas, nous pouvons extraire de l’IN-CONNU un CON NU, et ajouter que l’IN représente la moitié visible de l’inscription (INRI) par laquelle la Fable chrétienne transforme Jésus en roi des Juifs. »

Charles Duits, « La seule femme vraiment noire », in Supérieur Inconnu, n° 2, janv.-mars 1996 (p. 75-76).

vendredi 27 juin 2008

fragrance (fauve)


Obole n. f. — Pièce d’or coincée sous la langue du défunt, donnée en guise de gage, pour le passage du Styx, fleuve des Enfers — « séjour des morts » —, dans la barque du nocher, du nautonier, du psychopompe, du passeur d’âmes — du sombre Charon, vieillard sale à l’aspect revêche et peu engageant, ou du mélancolique Caron…

mercredi 25 juin 2008

plumes : calamus & barbules

Plumes (Larousse pour tous, 1907-1910)

lundi 23 juin 2008

— À part ça, quoi de neuf ?

1/ La cinquième lettRe du pRemier mot (de six lettRes) pRononcé sur la scène à l’entRée du pèRe ubu (acte pRemieR, scène pRemièRe), dans ubu Roi (théâtRe), d'alfRed jaRRy ;

2/ la troisième lettre du premier vers, de « zone », de guillAume ApollinAire, premier poème d’Alcools (vers libres) ;

3/ la dernière lettre du premier alexandrin deS « VoyelleS » (Sonnet), d’arthur rimbaud.


(les copies seront relevées à cinq heures)

samedi 21 juin 2008

« Exquis disent ? »



tchakhatchak khatchak

Jacques Demarcq
quoi qu’ça cache ? ta tchatche

ton simulacre en syllablablague
qui plaque d’inaptes charabias
sur chaque aria d’piaf

[…]

tout ça parce que ! pas cap
tu cales alors tu calques
volage qui dégoises des craques
parade cavalcade arnaque
lieu d’passage à l’acte

[…]

j’parle pas d’la palme à ta patte
qu’à la chassse on la canarde
ta barbaque mal au plumard

en somme Jacques tu cauchemardes
et t’jacte à clés rate à t’ragaillarde

[…]



« & pie » (2006), p. 176-177, in les Zozios, Jacques Demarcq, Éd. Nous, juin 2008 (345 pages + CD 26 titres), 28 euros

mercredi 18 juin 2008

Au bonheur des ânes-à-listes


— Der Esel aber schrie dazu I-A.

mardi 17 juin 2008

superpositions

[…] selon que la pulsation putassière du moment impose d’être maquereau ou d’être maquereauté ; du reste, il m’arrive très souvent, en cours de séance, dans l’intervalle des orgasmes, de changer de slip, donc de me sliper mac ou putain — le tout accompagné de l’écriture simultanée du texte orgiaque : à slip mac, parler mac ou vice versa, à slip pute, parler pute ou vice versa —, ou bien, dans mes instants d’indécision quant au désir de posture sociale, je slipe le tout superposé, mais jamais jusqu’à ce que je ne puisse plus sentir sous ma main, paume et doigts, la forme entière de mon sexe, et, alors, simultanément, le texte […]

Pierre Guyotat (9 janvier 1940 Bourg-Argental - …)
« Langage du corps » (1972), in Vivre, Denoël, 1984

samedi 14 juin 2008

gIacomettI vs bOterO

Est-ce seulement un hasard s’il y a deux « I » dans le mot
« f I l I forme »…


… ainsi que deux « O » dans celui de « r O t O ndité » ?

mercredi 11 juin 2008

Entrez chez les fictifs


Le magicien hypnotiseur l’a plongée par la seule force de son regard dans un état cataleptique qui l’a rendue de pierre ; il fait passer son cerceau de la tête jusqu’aux pieds puis des pieds à la tête de nombreuses fois et sans effort.

Elle le regarde dans les yeux :
C’est renversant !
Maintenant elle plane !
Dans le cercle, il l’horizontalise !

vendredi 6 juin 2008

en croiX

La Prière (1930), Man Ray



« Je peux te montrer mon cul. C'est aussi un petit morceau de cœur. »

Louis Calaferte, la Mécanique des femmes (1992)

lundi 2 juin 2008

« parce qu'il sort la nuit comme un lémure »



« La Lémurie (parfois, Mu) serait, selon le mythe, le continent berceau de l’humanité.
« Le plus prolixe au sujet de la Lémurie fut sans doute Jules Hermann, maire de Saint-Pierre-de-la-Réunion et premier président de l’Académie de la Réunion. Ses écrits — signés de la main d’un grand érudit à l’adresse de ses pairs — étaient publiés dans la revue des colonies avec un aplomb qui ne laissait aucun doute sur la véracité de ses théories. Ils ont été regroupés dans les Révélations du Grand Océan à titre posthume.
« Malcolm de Chazal (à l’île Maurice) a donné une crédibilité à ce mythe de l'océan Indien dans ses écrits surréalistes et ses diverses participations écrites (articles, préfaces). Chazal, qui impressionnait par son talent, a influencé nombre d’auteurs autour de lui. Pour lui, le créole est une langue qui vient aussi du lémurien. »

source texte d'après
http://www.reunionweb.org/decouverte/culture//lemurie

samedi 31 mai 2008

capi(ta)l(e hi)larité


QUAND
LA FUMÉE DE TABAC
SENT AUSSI
DE LA BOUCHE
QUI L’EXHALE
LES DEUX ODEURS
S’ÉPOUSENT PAR
INFRA-MINCE


Marcel Duchamp (in View, n° 1, New York, 1945)


photo :
http://defecto1024.free.fr/photoblog/

lundi 26 mai 2008

Sophie


Le chat fait miaou, le coq fait cocorico, le chien fait ouah, le mouton fait bêêêê, la vache fait meuh, la girafe fait pouët.



© Éric Chevillard, l’Autofictif, dim. 25 mai 2008, n° 235 (1/3)
l-autofictif.over-blog.com

dimanche 25 mai 2008

lapidaire


Écœuré par la vie (« poussière, tu retourneras poussière »), mais manquant singulièrement de courage pour en finir, il paie un tueur à gages pour le liquider — désirant signifier en un même geste sa préférence pour l’incinération & innocenter par avance son assassin, il prépare son épitaphe :



JE ME SUIS FAIT DESCENDRE

POUR ME FAIRE DES CENDRES

jeudi 22 mai 2008

W. W.


Je crois en ces fins en soi munies d’ailes
Et j’ajoute foi au rouge, au jaune et au blanc qui jouent en moi
Et je considère le vert, le violet et la tête garnie d’une huppe comme voulus
Et je ne dis pas que la tortue est vile parce qu’elle n’est pas différente de ce qu’elle est
Et le geai dans les bois n’a jamais étudié la gamme, pourtant il ne chante pas mal à mon avis
Et la simple vue de la jument baie me fait honte et me guérit de ma sottise.



Walt Whitman (1819-1892)
Feuilles d’herbe (Leaves of Grass), « Chant de moi-même », 13, traduit (de l’américain) par Roger Asselineau
Aubier, collection bilingue (1989)

lundi 19 mai 2008

dimanche 18 mai 2008

Un écurœil, des écurieux




Images :

1/ L’hélicoptère français AS 350 Écureuil en service dans la gendarmerie française. Maquette Heller composée de 44 pièces en matière plastique (éch. : 1/48, 1981).

2/ L’Écureuil (chope de bière, queue en fourrure), Meret Oppenheim (1913 Berlin - 1985 Bâle).

mardi 13 mai 2008

Q.I. Q.I. CUI-CUI...



Il y avait une formule choc… je crois… trois mots latins… question d’ego… ou d’ergot

samedi 10 mai 2008

« La passe » — ou le fil


bon, voilà que je parle chinouk j’eldo
rad’ polisson pacotille casca
belle itinéraire de
souple sur l’arbre de
l’ours polisson voyez-
vous
l’arbre dé
borde ses chiens d’anglais proprio p
halte au village john bull
d’île avalée comme une
huître

[…]

croire que le regard au fond du
sac polyglott’le sang d’
phoqu’dans les
veines, ------ à
perte de vue sur la

Alain Frontier

reçu ce jour d’Alain Helissen
(60 ex. sur Bristol numérotés de 1 à 60 [celui-ci : 19/60]
dessin de Philippe Boutibonnes)

vendredi 9 mai 2008

BULLE sur TOILE

éphémère vs éternel

frêle vs pérenne




>>> bouille, boucles *, houppe


* à garder dans mes favoris

mercredi 7 mai 2008

RIEN A DECLARER


Veuillez ouvrir en grand votre bagage à main.

— Quetzalcóatl ?

Tout colis non étiqueté
ou agrémenté de son papillon réglementaire
sera systématiquement détruit.


objet :
Import/Export, Emmanuel Rodoreda

(sa page : http:/www.myspace.com/rodoreda)

dimanche 4 mai 2008

méfiez-vous des illusions



« Place du Panthéon, je lus les plaquettes alchimiques de Strindberg, dont l’Inferno m’avait comme envoûté par une explication pseudo-scientifique, en réalité purement délirante, de la présence d’un simulacre de tête de mort sur le corselet d’Acherontia atropos. »

Roger Caillois
le Fleuve Alphée, Gallimard, 1979 [p. 59].

vendredi 2 mai 2008

le cas Roussel



Pour ne plus voir ces idolâtres
Je travaille en fermant les yeux,
Sans souci de ces roussellâtres
Qui me mettent au rang des dieux.


Raymond Roussel (Paris 20 janvier 1877 - Palerme 14 juillet 1933).
« Mon Âme »
(poème écrit à dix-sept ans, publié à vingt, dans Le Gaulois, 12 juillet 1897)

jeudi 1 mai 2008

un miracle d'équilibre

Le Cirque (1891) [musée d'Orsay]
Georges Pierre Seurat (Paris 2 décembre 1859 - Gravelines 29 mars 1891), peintre pointilliste-divisionniste


Claquement de fouet, sciure et sable de la piste, crins de cheval, écume aux lèvres, tonnerre d'applaudissements…



Finalement l'esprit libre et vagabond, assez ouvert à tout ce qui, ici ou là, à l'intérieur, pourrait surgir.

mercredi 30 avril 2008

ô Anna O



— Un été à lire, si, abbé Huétée, mi à aimer Ré…

— Tu as sucé ce valet, ô Anna O ?

— Tel ! (avec écus !) : sauter (Rémi a aimé) et… euh… éb… baiser !

— Il a été nu ?

mardi 29 avril 2008

« combattre une sensation de carton-pâte »


Je profite d’un aquarium luminescent pour unique lampe et du grand lit sur lequel je vois luire les fesses imposantes d’une Africaine plutôt âgée nommée Victoria. J’ai patienté toute ma puberté durant pour que l’aquarium auquel je sacrifiais mes loisirs me fît pareil effet. Je comprends le sort des poissons exotiques (leur insomnie colorée, la pariade). La lueur de l’aquarium pose sur nos flancs des aplats bleuâtres. Nous formons un tableau légendaire.


Éric Meunié
Le Prostituant, cipM / Spectres Familiers, coll. « Le Refuge », 2008
(41/78)

samedi 26 avril 2008

Comment l'entendez-vous ?


OREILLE EXTERNE
a) pavillon
b) conduit auditif

OREILLE MOYENNE

c) tympan

osselets :
d) étrier
e) marteau
f) enclume

g) fenêtre ovale
h) fenêtre ronde

i) trompe d’Eustache

OREILLE INTERNE
j) cochlée
l) canaux semi-circulaires

k) nerf auditif


[ source illustr. : anatomie de l'oreille, in
www.snv.jussieu.fr/vie/dossiers/auditionvision/audition.htm ]

En progression constante…

de

l'échec est patent !

à

l'échec épatant.

vendredi 25 avril 2008

b(o oo ooo oooo ooooo)ulles

• Notre maquereau, lui, tient son nom du vieux français maquer qui veut dire « contusionner », « marquer », cette espèce commune présentant en effet des taches (latin macula), des traces, des rayures, tout au long de son corps.


• « Je sais qu’il n’y a rien de plus incertain que l’onomastique des poissons […] »
Jacques Roubaud, ‘Le grand incendie de Londres’, récit avec incises et bifurcations (1985-1987), Seuil, « Fiction & Cie », 1989, p. 225 (in Branche un : Destruction (récit). 5. Rêve, décision, Projet. 87. Stratégie du montrer).


L'Invention collective (1935), René Magritte.

lundi 21 avril 2008

un conte de fées




511 — Gide : « Vers 1920, je suis allé à Médrano avec tous les enfants Allégret. Nous étions au premier rang. Nous avons vu l’homme-aquarium : il avait une très belle tête d’intellectuel, il ressemblait à Artaud. Il faisait le tour de la piste en dégurgitant ses grenouilles. En passant devant moi, il me murmure : “Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire dans la vie…” »


Raymond Queneau
« Notes récentes (depuis juillet env.) recopiées à partir du 3 novembre » [1950]
in Journaux (1914-1965)

vendredi 18 avril 2008

« Maudit Bic ! »




« Disons donc, pour être brefs, que la baleine est un poisson qui souffle un jet d’eau et qui a une queue horizontale. Maintenant vous l’avez. Bon ! Quoique condensée, cette définition est le résultat d’une longue réflexion. »

Herman Melville, Moby Dick, chap. XXXII, « Cétologie » (trad. Lucien Jacques, Joan Smith et Jean Giono)

jeudi 17 avril 2008

Toujours plus à l'ouesT



TT

— est un peu sourdingue puisqu’il a l’Oreille cassée,
— est un savant fou puisqu’il a pour Objectif Lune,
— est déboussolé par le Sceptre d’Ottokar,
— est dans l’œil de la spirale des Sept Boules de cristal,
— est azimuté par trop de Coke en stock.


(illustr. : Tintin et les Picaros)

dimanche 13 avril 2008

cahier de divertissements amusants pour un jour de pluie



les êtres microscopiques de l’étang ;
fabrique des marionnettes de pluie ;
avec quoi arroser les caoutchoucs ;
une grenouille dans une bouteille ;
prépare des cocktails de couleurs ;
fais de la musique avec de l’eau ;
fontaines, gerbes et bouquets ;
le petit nuage et le haricot ;
une centrale hydraulique ;
faire des ronds dans l’O ;
comme vache qui pisse ;
de l’eau dans les tiges ;
après nous le déluge ;
barbote dans la mare ;
crache dans un seau ;
retenues & barrages ;
averses v/s envers ;
le mouton mouline ;
bulles de sa v O n ;
le jet de la baleine ;
cirrus ou cumulus ?
le cycle de l’eau ;
hache deux os ;
sec ou humide ?
flic flaques floc
[…]


[ illustr. : Parapluie rouge (1934), Agence eureka, 6 avril 2008 ]

jeudi 10 avril 2008

Qui de même les suive…



Certaque de sola est mobilitate fides.
(« L’inconstance est la seule certitude. »)
Albertino Mussato, Epistola, 1, 108


« L’oie réapparaîtrait dans le nord du pays, prélude d’une suite logique : excité, le faisan crie, le laboureur affûte ses outils, déjà le poireau pousse. Sortie des campagnols, il est temps de cueillir telle simple pour la porter au temple. Orion culmine, les saules bourgeonnent, aux roseaux on voit des tubercules. »

L’Inconstance, Jean-Marc Baillieu, Éditions Spectres Familiers, Marseille, 2008, 120 p. [cit. p. 102, III, section « Blizzard », sous-section « Fonderie – baudrier »].


(reçue ce jour)

____________

[ illustr. : Allégorie de l’Inconstance (détail), Abraham Jansens Van Nyssen ]

mardi 8 avril 2008

deux avis autorisés




« Comment notre univers s’est-il créé ? À partir de rien ? Comme un lapin sorti d’un chapeau sans prestidigitateur ? Comme le baron de Münchhausen s’extirpant d’un marais en tirant sur ses bottes ?
« Edgard Gunzig montre comment ce stratagème permet à l’Univers de s’engendrer lui-même sans le fracas cataclysmique du big bang. De renaître de ses cendres et de se répliquer sans cesse. Notre univers actuel ne serait alors qu’un maillon de cette chaîne infinie. Il existerait depuis 13,7 milliards d’années mais aussi depuis toujours et pour toujours.
« Une nouvelle cosmologie qui résulte de la confrontation de la relativité générale et de la théorie quantique des champs sur la scène du vide quantique. »

Edgard Gunzig (professeur honoraire de physique à l’Université libre de Bruxelles)
Que faisiez-vous avant le big bang ?, Odile Jacob, mars 2008, 336 p.
(quatrième de couverture)

______________________________

« Depuis l’enfance, je pense que Dieu est une femme triste, et que l’Univers est un utérus. Bizarre comme idée pour un gamin, non ? »

Jean-Louis Murat (« funambule du sentiment amoureux »)
entretien, in À nous Paris (hebdomadaire gratuit du métropolitain parisien), du 7 au 13 avril 2008, p. 24.

dimanche 6 avril 2008

Trois nouvelles en trois lignes

E. Périchot, de Pailles, près de Saint-Maixent, avait chez lui Mme Lemartier. 
E. Dupuis vint l’y chercher. Eux le tuèrent.
L’amour.

« Aie ! cria le rusé mangeur d’huîtres, une perle ! »
Un voisin de table l’acheta 100 francs.
Prix : 30 sous au bazar de Maisons-Laffitte.

Madame Fournier, Monsieur Voisin, Monsieur Septeuil
se sont pendus : neurasthénie, cancer, chômage.



Félix Fénéon, Le Matin (1906)

jeudi 3 avril 2008

Poils : 1 / Plumes : 0



Couin Couin Couin Couin Couin Couin Couin Couin Couin Couin Couin Couin Couin Couin Couin Couin Couin
COUIC

Couin Couin
COUAC

lundi 31 mars 2008

pour se désaccoutumer du regard d'autrui




Un jour, un jeune homme d’une famille de distinction sollicita Diogène de Sinope pour étudier la philosophie sous sa direction ; celui-ci lui donna un hareng, lui demanda de l’attacher au bout d’une ficelle, de la relier au pan de son manteau, le pria enfin de le suivre et de traverser la place du marché en traînant derrière lui ce curieux attirail.
L’autre, tout honteux et marri, jeta le poisson d’un air dégoûté et s’en fut.
Quelque temps après, le Chien rencontra ce compagnon en brillante société et lui dit en éclatant de rire :
— Un hareng a brisé notre mutuelle amitié !

D’après Diogène Laërce
Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres (VI, 36)


(L’Ouverture de la pêche, Éd. les Petits Matins, coll. « Les grands soirs », 2006)

dimanche 30 mars 2008

[alabarbote] (9)



« Le premier qui eut de la laine fut l’aîné. Comme aussi il était couvert de crin, il était craint. On craint encore celui qui est fortement poilu, le gaillard à poil. La venue de la barbe déplut : ai barbe, ébarbe. On commença donc par s’ébarber. À ce moment on était encore dans les eaux : j’ai barbe ôté, j’ai barboté. »

Jean-Pierre Brisset, la Grande Nouvelle [É.O. 1900].
La Véritable Création de l’Homme. La Résurrection des morts. Tous les mystères expliqués

samedi 29 mars 2008

légume de saison



Édouard Manet, Une botte d'asperges (1880)