« Puisqu’il y en a ici quelques-uns qui ont autrefois lu Poe, vous devez savoir qu’il y a un ministre dans le coup, celui qui a barboté la lettre. Il est clair que c’est uniquement en fonction de cette circulation de la lettre que le ministre nous montre, au cours du déplacement de ladite lettre, des variations, tel [tel] ses variations de couleur le poisson courant. »
lundi 17 février 2020
jeudi 13 février 2020
samedi 8 février 2020
Sur un cheval
Pour moi, le choix est encore impossible entre Dieu et l’Evolution, entre le plein et l’atome. Tout ce que je regarde est de plus en plus hanté par l’atome. C’est-à-dire que la « beauté » elle-même m’est de plus en plus interdite, en ce sens que dans toute chose, tout événement devant moi, paysage, corps, « ciel », etc., je vois immédiatement sa désintégration, son inexistence en somme ; et comment aimer humainement corps humain, esprit de ce corps, cœur de ce corps, quand, en quelques secondes, sa forme en quelque sorte disparaît, pour vous, dans l’abondance infinie de sa composition atomique ? Comment à plus forte raison y trouver de la beauté ? Mais il faut admirer, aimer et donc vivre malgré tout en connaissance de cause ; et n’est-ce pas au fond ce que l’art dans son ensemble universel nous apprend chaque fois ?
Pierre Guyotat (1940-2020), entretien avec Marianne Alphant (14-15 juillet 2000), le Cahier du refuge, cipM, sept. 2000, p. 35 (repris dans Divers, Les Belles Lettres, 2019, p. 199)
jeudi 6 février 2020
vécu
M. Sinet est le secrétaire-qui-fait-le-jour. […]
À son travail, M. Sinet n’est jamais saoul. Il est simplement plus ou moins rouge, avec une haleine plus ou moins à l’alcool, à la bière ou au vin, suivant ce qu’il a trouvé, quand il vient de dire :
— Eh ! petit ! guette une minute ; je reviens.
Crac ! Il tombe à M. Sinet une grosse enveloppe. Un raz-de-marée. Des milliers de morts ! Quelle catastrophe ! Pour vous, peut-être. Pour M. Sinet, c’est une vague copie qui le submerge ; c’est du français d’Agence à redresser ; et ces milliers de morts, peut-être bien qu’en s’arrangeant il pourra en tirer quelque joli sous-titre.
André Baillon
Par fil spécial. Carnet d’un secrétaire de rédaction.
(1924 ; 2020, avec une préface, « La prise d’Homsk », d’Eric Dussert, Héros-Limite, Genève)
Libellés :
confrère,
Orthotypographie,
un livre en papier
mardi 4 février 2020
GP / PG
Georges Perec dans le train entre Paris et Lyon, 1978
photographie de Bernard Plossu
Album Georges Perec, par Claude Burgelin
Nrf / Gallimard / La Pléiade
2017 (cinquante-sixième album)
p. 190-191
dimanche 2 février 2020
À dada ! À dada !
[…]
Écru, pur, ce
lit a-t-il
été
sali ? Las !
Pardon, ô drap !
Guillaume Pô
illustr. Fabius Lorenzi
16 p., chez l’auteur
Libellés :
frais du jour,
Miss… c'est l'année
lundi 27 janvier 2020
Retour à l’envoyeur
Entre « la tarte de l’art pour l’art », « la tarte de sidération partagée », « la tarte tombée pour rien » et « la tarte pour avoir le dernier mot »…
Evitant « le conflit du paris-brest contre une omoplate » (puisque le film a fait un four),
Pierre Senges — arbitre des élégances, maître de ballet — saute du coq à l’âne
— « le coq est Søren Kierkegaard, l’âne Kiki de Montparnasse » —
sans en passer par Deleuze, Gilles — « Qu’est-ce qu’un visage ? Système mur blanc / trous noirs », de mémoire —, le contournant adroitement, ni même par une certaine « gazette bimestrielle d’orthographe et de poésie » — souvenir, souvenirs…
Il fait se confronter — face à face
— ou, à ma droite :
Stan Laurel, gagman de Californie (épaulé — épaulé-jeté — par Hardy),
armé de sa déclaration about La Bataille du siècle (The Battle of the Century, court-métrage, 1927), dont une bobine — le film en rouleau, non le visage, la binette, la bouille — manquerait,
échos du burlesque, « quand il a été inventé, quelques années après le filament et le téléphone », le plus long attentat pâtissier — un record du temps du muet (ou dix minutes d’entartrages, entre peaux de banane et courses-poursuites, sur pellicule), et non sans le renfort salarié de cohortes d’« assignateurs de significations » (les descendants des herméneutes et des exégètes) expressément engagés :
« On a voulu faire en sorte que chaque tarte ait un sens. »
— et, à ma gauche :
Angelus Silesius, plus léger que la plus légère — des crèmes
ravi de la crèche, mystique allemand contemplatif
équipé de cet extrait (distique) du Pèlerin chérubinique (1657), un recueil de 1 676 poèmes courts (souvent des alexandrins), soutenu par des hordes de moniales, de solitaires de couvent, une infanterie de pères de l’Eglise, férus de Bible et de sacré :
« La rose est sans pourquoi [ohne warum]. Elle fleurit parce qu’elle fleurit.
Ne prend soin d’elle. Ne demande pas : suis-je regardée ? »
Les deux sœurs McKensie, de la Los Angeles Cream Pie Company (un empire : grandeur et décadence), vont régler les assauts — d’amabilités — de ce débat subtil, néanmoins carabiné, légèrement chicaneur, spéculatif.
On y verra passer — de cour à jardin — quelques considérations renversantes (« on ne le dira jamais assez : recevoir une tarte en pleine figure demande de savoir viser »), « des tartes de vaudeville côtoyant des tartes compréhensibles seulement d’un point de vue shintoïste * » et — de fond en comble — les hauts paniers de la théologie, le Monastère des Noms infusés dans l’Eau Chaude, « les membres d’un chœur d’Aristophane déguisés en hippopotames ou en docteurs de la foi », la lévitation en tulles & l’invention de la crème Chantilly (bulles, air, bulles d’air…) rococo par le surintendant des Finances Nicolas Fouquet au fin fond de sa cellule de prison, « l’iconographie du chou depuis Nicolas Poussin (du chou expressionniste, du chou chez Eisenstein…) » (je n’invente rien, je me contente de citer **), « des ouvrages de six volumes et douze mille pages au sujet d’un seul zeste de citron »…
Produit par Hollywood (Universal ou Warner Bros). Illustré par Bretzel et Bretelle. Avec, outre les figurants ne figurant que pour leurs figures (au sens propre), leurs faces éphémères de lune enfarinée, Giordano Bruno, Rodolphe Töpffer, le docteur Caligari, John Ford, Marlene Dietrich, les frères Marx, Wittengstein et Heidegger..., et la participation exceptionnelle de Jean-Jacques Rousseau (parvenu jusqu’ici en passant par on ne sait quel soupirail), Buster Keaton, Rudolph Valentino et Henri Bergson (la crème fouettée claquée sur du vivant).
_________________
« Encore faut-il que ça existe. » (NdPS)
** « Si j’ai bien compris à force de l’entendre répéter, il n’existe que des copies, l’original est toujours la copie d’autre chose. » (id.)
————————
Pierre Senges, Projectiles au sens propre
Verticales, 2020, 168 pages, 16,50 euros
(publié sur Sitaudis le 16 janvier)
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en noir et blanc,
t-ART-e,
Tu vois la vie en rose bébé ?
samedi 18 janvier 2020
vendredi 10 janvier 2020
« toute écriture est l'histoire d'un nom »
un sondage d’opinion
Tandis que paraîtra au dernier trimestre de cette année un nouveau titre, un nouveau livre, aux éditions Nous, le quatrième — après A As Anything, Anthologie de la lettre A ; 1960, Chronique d’une année exemplaire et H ! Hache ! Hasch ! Hallucinations de la lettre H —, pour la fabrication duquel la commission Poésie du CNL a (à nouveau) refusé la subvention à l’éditeur — preuve que mon livre n’en est pas (de la poésie) —, et que d’ordinaire les titres me sont venus en premier, parfois même en furent les déclencheurs…
Pour une fois, j’hésite entre plusieurs titres — ou je n’ai pas encore décidé.
Ce livre d’un peu plus de deux cents pages — dont « Petit Traité d’onomastique amusante » pourrait être le sous-titre — traite, essentiellement sous la forme de prélèvements, de la question du nom propre, du prénom, de l’anthroponyme, du nom de famille, des noms de scène, de plume ou d’artiste, du pseudonyme…
— Alors ?…
C’est du propre
Au propre
Proprement dit
Des noms
— autres ?…
(toute contribution bienvenue)
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entre nous,
Ono-MASTIC,
un livre en papier
mercredi 8 janvier 2020
K.
Libération, « Crumb dessine Kafka » (détail), jeudi 20 octobre 1994
Le Monde, Patrick Kéchichian, vendredi 3 juin 2005
« Le Procès et Le Château sont des histoires où il s’agit d’expédier une affaire : se dégager d’une procédure pénale, obtenir la confirmation d’une nomination. Le point autour duquel tout tourne est toujours l’élection, le mystère de l’élection, son obscurité impossible à égratigner. Dans Le Château, K. veut l’élection — et cela complique infiniment chacun de ses actes. Dans Le Procès, Joseph K veut se soustraire à l’élection — et cela complique infiniment chacun de ses actes. Être choisi, être condamné : deux modalités du même procédé.» (Roberto Calasso, K., p. 14-15)
dimanche 5 janvier 2020
Un cas : Cahun
Claude Cahun (autoportrait au crâne rasé, 1920)
— née Schwob —
(Cas 1 / Cas A)
Claude Cahun (autoportrait, 1929)
samedi 4 janvier 2020
Un cas inca
traduit de l’italien par Jean-Paul Manganaro
« Du monde entier », 2000, 512 p.
traduit de l’italien par Jean-Paul Manganaro
« Du monde entier », 2005, 384 p.
— à Dino Buzzati —
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distiques,
K,
Ono-MASTIC
vendredi 3 janvier 2020
mardi 31 décembre 2019
lundi 30 décembre 2019
mardi 24 décembre 2019
mural
in
Sorbonne Odéon Nanterre etc.
Citations recueillies par Julien Besançon
Ce volume a été achevé d’imprimer sur les presses d’Aubin
à Ligugé le 20 juin 1968
pour le compte de Claude Tchou, éditeur à Paris
* * *
sinon, ces temps, c’est là :
lundi 23 décembre 2019
vendredi 13 décembre 2019
samedi 7 décembre 2019
mardi 26 novembre 2019
jeudi 21 novembre 2019
dimanche 17 novembre 2019
Des aventures...
Un livre qui commence par :
Il fut un temps — que les moins de cent ans ne peuvent pas connaître — où la poésie était partout. On la trouvait dans une multitude de petites revues qui lui étaient consacrées, mais aussi dans les journaux, jusqu’en première et dernière page des quotidiens, où elle servait aussi bien à commenter l’actualité qu’à vanter tel savon ou telle pastille contre la toux.
(Grégory Haleux, préface, p. 7)
qui rassemble cinquante contes de la prétendue « Belle Epoque » mettant en scène la figure du poète — « le poète bourgeois, le poète fonctionnaire, le poète de province, l’amoureux, le débutant, l’arrivé, l’oublié, le Prince des poètes, le chef de file avant-gardiste… » —, exhumés par un grand amateur et phantastique lecteur,
et qui se termine par
Jules VINCENT (?-?). Nous ne savons rien sur cet auteur, qui signe quelques contes, dans La Lanterne, en mai-juin 1914…
(G. H., « Les auteurs », p. 281)
ne peut être que foncièrement excitant.
Libellés :
à plus d'un titre,
un livre en papier
dimanche 10 novembre 2019
signes conventionnels
Thomas Bernhard
Corrections
traduit de l’allemand par Albert Kohn
Gallimard, « Du monde entier », 1978
(Korrektur, 1975)
Jonathan Franzen
Les Corrections
traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Rémy Lambrechts
L’Olivier, 2002
(The Corrections, 2001)
Libellés :
à plus d'un titre,
Orthotypographie
jeudi 7 novembre 2019
treize points d’interrogations (sur mille huit cent vingt) ?
[...]
Les interlignes se couchent-elles sous des phrases pour s’accoupler avec le vide ?
L’alphabet reconnaît-il son intensité lorsqu’il se déguise en une énergie ?
Te mélanges-tu avec le réel grâce à un décalage entre ta présence et tes rêves ?
Les lettres parlent-elles de nous-mêmes lorsqu’elles sont lues en silence ?
Te réjouis-tu au moyen d’une angoisse qui intensifie tes extases bestiales ?
Les choses se dissolvent-elles dans des formes qui court-circuitent la matière des causes ?
Ma langue prend-elle corps dans mon silence si j’écris pour avoir peur de mes paroles ?
Les nombres refroidissent-ils des ordinateurs qui attendent d’être réanimés par des lettres ?
Ton humanité s’incarne-t-elle dans une bête si elle est domestiquée par l’intelligence d’un animal ?
S’allégeait-il depuis qu’il était poursuivi par des empreintes d’oiseaux ?
Nos peaux s’adaptent-elles à toutes les couleurs parce que le soleil brille pour tout le monde ?
Les arts sont-ils certains d’être ridicules s’ils sont mis en doute par une musique inadmissible ?
Tes lignes matérialisent-elles des flèches qui visent un nombre totémique ?
[...]
Questions
[2019]
(inédit)
Libellés :
Calcul,
Comme noté,
Tu vois la vie en rose bébé ?
mardi 5 novembre 2019
mercredi 30 octobre 2019
cécité
« Nos vieux maîtres ont donc eu beau jeu pour couvrir l’arcane d’un voile épais, en mélangeant les qualités spécifiques des diverses substances, au cours des quatre opérations qui manifestent la couleur noire. Aussi devient-il très laborieux de les séparer et de distinguer nettement ce qui appartient à chacune d’elles.
« Voici quelques citations qui pourront éclairer l’investigateur et lui permettre de reconnaître sa route dans ce ténébreux labyrinthe. »
Fulcanelli
Le Mystère des Cathédrales
et l’interprétation ésotérique des symboles hermétiques du grand œuvre.
Troisième édition augmentée, avec trois préfaces d’Eugène Canseliet, F.C.H., quarante-neuf illustrations photographiques nouvelles et un frontispice de Julien Champagne.
À Paris, chez Jean-Jacques Pauvert, 1964
(p. 101-102).
jeudi 24 octobre 2019
c'est cité
« Depuis tout ce temps que je me débats avec le démon de la citation, avec le surmoi de la citation, avec la compulsion de la citation, avec le dégoût, la névrose, l’amour de la citation, je ne sais pas si j’en ai trouvé le juste usage mais il m’est arrivé de penser qu’au lieu de continuer à écrire des livres, je pourrais faire œuvre de scribe, moine copiste devenu assez idiot pour ne même plus penser au salut de son âme mais vivant sa tâche de copieur dans l’absurdité mystique de chaque instant, quelque chose comme un “ en lisant en écrivant ” que j’aurais pris au pied de la lettre, copiant infiniment toutes les phrases qui me plaisent en un florilège infini, avec ce seul sentiment de les glisser comme des images dans un album que je remplirais patiemment, quotidiennement, m’occupant à le concevoir, autant peut-être que si je faisais une maquette, un puzzle, ou quelque autre artisanat qui confond si bien ses moyens et ses fins. »
Tanguy Viel
Icebergs
Minuit, 2019 (p. 28-29)
mardi 22 octobre 2019
« One minute past eternity »
Libération, jeudi 18 octobre 2001, article de Philippe Garnier
sur
Hellfire
Nick Tosches
(23 octobre 1949 - 20 octobre 2019)
Allia (2001, 2008)
préface de Greil Marcus
traduit de l’anglais par Jean-Marc Mandosio
(quatrième de couverture, 2008)
Libellés :
coupure presse,
de profundis,
Nécro,
pop,
un livre en papier
samedi 12 octobre 2019
la lime
dans la nouvelle série
« Daniel Cabanis a trouvé » (3) :
« Daniel Cabanis a trouvé » (3) :
Vénus callipyge (fragment), anonyme, âge de la pierre polie (paléolithique supérieur)
Collection Marcel Navas, Paris
vendredi 11 octobre 2019
mercredi 9 octobre 2019
écrivains nomades ma tête
« Il y a non seulement d’étranges voyages en ville, mais des voyages sur place : nous ne pensons pas aux drogués, dont l’expérience est trop ambiguë, mais plutôt aux véritables nomades. C’est à propos de ces nomades qu’on peut dire, comme suggère Toynbee : ils ne bougent pas. Ils sont nomades à force de ne pas bouger, de ne pas migrer, de tenir un espace lisse qu’ils refusent de quitter, et qu’ils ne quittent que pour conquérir et mourir. Voyage sur place, c’est le nom de toutes les intensités. »
Mille plateaux (1980), p. 602
mardi 8 octobre 2019
écrivains voyageurs mon cul
Je n’ai jamais supporté d’entendre cette appellation, cette formule publicitaire, ce pseudo-regroupement, d’
écrivains voyageurs.
Il s’agit d’un pur et simple pléonasme, comme « monter en haut » (bien qu’on puisse monter en bas) ; un écrivain, par définition, voyage, ou vagabonde, ou décaroge, ou se translate, ou stationne, ou visite l’Afrique sans même écarter les rideaux de sa papamobile.
dimanche 6 octobre 2019
ardent, irradiant et hypnotique
en France
aujourd’hui
il y a un livre
— hors catégorie —
d’un écrivain vivant
qui plane très haut
au-dessus de tous les autres
passionnant de bout en bout
son nom est :
Divers
Textes, interventions, entretiens (1984-2019)
de Pierre Guyotat
Les Belles Lettres, sept. 2019, 512 p., 27 €
Libellés :
Tu veux du feu ?,
un livre en papier
mercredi 2 octobre 2019
barbOtages
Au Poiss’ d’or, Alec Scouffi
Séguier, « L’Indéfinie », 2019 (E.O. 1929)
Ceux-là, leur compte était bon. Ils paieraient pour les autres. Toute une racaille composée de poisses et de jolis barbeaux, les marlous de la zone, descendus de Barbès ou venus de Sébasto, chaussés d’espadrilles, la casquette enfoncée jusqu’aux yeux gluants de rimmel, avec des joues roses à barbettes et des lèvres trop rouges.
p. 45
Assis tous deux sur le lit, ils grillaient des cigarettes anglaises que Chouchou tirait ostensiblement d’un joli étui en fausse écaille barboté dans la poche d'un client novice.
p. 103
Marthe allait bien, « comme toutes les catins qui n’s’en font pas » ; et Julot aussi, « comme tous les barbeaux qui vivent à leurs crocs ». Mais c'était le vieux Biche qui tirait la jambe…
« Tu sais, ajouta-t-elle, qu’y a eu descente au Poiss’, voilà six mois. Quelle histoire ! On n'a jamais su pourquoi, car, entre nous, hein, le vieux père est un ancien sergent d’ville. On croit qu’c’est l’Julot qu’a vendu la mèche. C’est p’t-être des bobards. Mais l’vieux l’a f’tu à la porte tout d’même, avec la Marthe, et parle déjà d’vendre la boîte. Pour du nouveau, c'est du nouveau, hein ? »
p. 195
N. B. : Nous avons ajouté le gras.
lundi 30 septembre 2019
Jour de fête
« Le plus intime en nous ce sont les autres. »
J.-Fr. Bory
Préface : « François H. », par Michel Valprémy
Le démon de saint Jérôme
La Boétie via Abensour
Hugo faber
Baudelaire au travail
Le désert, Rimbaud
Paul Lafargue
Trois textes de Paul Valéry
Emmanuel Bove
Les métamorphoses de Tintin
Pierre Garnier, un agitateur
Jean-Christophe Averty
Les récits instantanés de Carole Naggar
Julien Blaine autour de 68
Jean-François Bory dans les dés
Christian Prigent dans la place
Jean-Pierre Verheggen prix Nobelge
Éric Clémens, un pacte démocratique
Christophe Tarkos
Ivar Ch'Vavar via Pierre Vinclair
Album Barbaut
Sylvie Nève, un abêtcédaire
Didier Moulinier, un amour de moi
Bobillot C'est les rats
Philippe Jaffeux en 26 mots
Jacques Donguy et la poésie numérique
Michel Valprémy, la chambre claire-obscure
Remerciements et dialogue annexe
Antécédents
Lire, c’est tout
[…] L’autorité du critique incite-t-elle à la lecture ? Son « puisque je vous le dis » vaut-il comme argument de vente, ou d’achat ? Sa descente en flammes dissuade-t-elle ? Encore faudrait-il qu’on sache de quoi il parle. Or, il ne parle que de lui, de ses goûts, de son goût, excellent puisqu’il occupe la position de critique ! Le lecteur n’occupe aucune position, il navigue au gré des livres qu’il lit, chacun émet un coup de dés, chacun décide. Il prend un risque, il recommence, il n’est personne. Aucune posture : il n’interviendra pas (zen ?). Il se laisse (ou non) prendre au jeu, se met en jeu. C’est tout.
Lecteur, comme n’importe qui, et pourtant la lecture s’apprend. Quand le jugement tombe, toujours trop vite, comme un couperet, elle reste en suspens. Nos chers professeurs des classes secondaires ne nous demandaient pas notre avis sur les auteurs, mais une attention soutenue au texte. C’est tout.
Ce n’est pas à l’information de mettre en valeur le journaliste. Il est là pour transmettre, pour représenter une partie du monde, ou une population, à une autre. Il peut aussi, aventure comparable à celles de Tintin, reporter et explorateur, tenter d’entrer dans un livre, de le prendre sur lui pour le porter vers d’autres, le leur présenter, le représenter. C’est tout.
François Huglo
Les Intimes
Patrick Fréchet éditeur / Les Presses du réel
2019, 148 p., 14 euros
en excellente compagnie (« intime dream team »)
Libellés :
H,
Tu vois la vie en rose bébé ?,
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