(2026, 520 p.)
Nota Bene : Cette action s’appuie sur une Théorie du jeu de lettres – théorie entièrement dada et immédiate – qui « paraîtra » bientôt.
(Permutation à la Jakobson, et discrétion / Rotation façon cadenas antivol à chiffres / Jarry 23 ans / Invention de lettres neuves, en 49, par Claude Empereur, dont le digamma inversé Ⅎ / Maligne ou savante erreur de prote, etc. / … / Exltation.)
Le libraire invite Jean-Pierre Siméon pour une rencontre et une dédicace, suivies d’un petit atelier fist fucking récréatif pour bien habiter poétiquement le monde.
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Un jour la librairie sera en redressement judiciaire, mais en attendant le libraire impose le respect : il avait compulsé un livre d’Annie Ernaux avant l’attribution de son Nobel.
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Quand le psychopathe commande seize exemplaires de Qui a tué Minou-Bonbon ? de Joseph Périgot, chez Mini Syros, le libraire lui demande si sa séance avec son analyste s'est bien passée.
Christophe Esnault
Le Libraire et le Psychopathe
Labyrinthes Éd., 70 p., 9 euros
— La culture… La culture… A un moment donné, je me suis dit : « Mais, vivons, que diable ! » Alors, j’ai fait un livre !
Sempé
(— Laid ? gris ? No !)
Aristide Filoselle*, « brave » fonctionnaire retraité, collectionne compulsivement les portefeuilles qu’il a barbotés — après avoir collé méticuleusement une étiquette avec le nom de chaque propriétaire sur chacun d’entre eux, il les classe par ordre alphabétique dans les rayonnages de sa bibliothèque. Il découpe aussi dans les rubriques « faits-divers » des journaux et magazines tous les articles relatant ses filouteries et autres larcins, et les répertorie. C’est là son « œuvre », espiègle, celle d’un personnage attachant, inoffensif quoique hors la loi (outlaw), singulier, naïf et pour cela profondément original.
« J’ose dire, messieurs, que c’est une collection unique en son genre… », affirme Tintin (Le Secret de la Licorne, p. 59, III, 2)
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* philo-selles —> « aimant les étrons » (bloqué au stade anal ?).
> cf. Nicole Benkemoun, La Dernière Aventure de Tintin et Hergé. L’Alph-Art et l’art de l’inachevé, éditions Sépia, 2022, p. 73
dans la nouvelle série
« Daniel Cabanis a trouvé » (8)
« Le français, c’est la plus belle langue du monde, parce que c’est à la fois du grec de cirque, du patois d’église, du latin arabesque, de l’anglais larvé, de l’argot de cour, du saxon éboulé, du batave d’oc, du doux-allemand, et de l’italien raccourci. Celle qui résonne le mieux au monde, la plus sonore de toutes avec ses dix-sept voyelles, trois semi-voyelles, dix-neuf consonnes et quatre-vingt-dix-huit suffixes, très souple, très rythmique, très impure et très croisée. On entend ses racines qui viennent de partout, à peine visibles, très usées, très avalées, très fines, seulement présentes en silhouettes. Un grand théâtre d’ombres, de transformismes, de variétés rythmées… »
Valère Novarina, « Chaos », TXT n° 21 (1987, « Le dégelée Rabelais »)
recueilli in Le Théâtre des paroles (P.O.L, 1989, #formatpoche 2007)