jeudi 20 mars 2014

revue


Miss Baker semble être venue aux Folies Bergère après avoir participé à un spectacle nègre qui avait déclenché une tempête à Paris. Quand les girls y étaient apparues « telles que » et avaient « secoué la chose », les bons Parisiens (qui plus que tout peuple sur terre peuvent se montrer respectables) objectèrent, et si fortement, que les girls furent obligées de revêtir une respectable semi-nudité. C’est du moins ce qu’on raconte. Toujours est-il que Miss Baker s’échappa aux Folies Bergère. Et là, votre humble serviteur peut en témoigner, il n’est rien qui soit le moins du monde respectable, semi-nu, ou autrement insatisfaisant dans la tenue de Miss Baker — qui consiste en quelques bananes et nul autre bijou. Bref, les Folies Bergère ont permis à Joséphine Baker d’apparaître — pour la première fois sur scène — telle qu’elle est.
[…] Aux Folies Bergère, la revue fait usage d’idées, odeurs, couleurs, Irving Berlin, nus, tactilités, escaliers escamotables, trois dimensions, feux d’artifice, pour intensifier Mlle Joséphine Baker.

E. E. Cummings, « VIVE LA FOLIE ! », Vanity Fair, sept. 1926
in Paris, Seghers, « Poésie d’abord », éd. bilingue, traduit et présenté par Jacques Demarcq, 2014, 160 p.


3 commentaires:

George WF Weaver a dit…

Rien à voir, cher Monsieuye, mais savez-vous ce qu'est l'éibohphobie ?

Monsieuye Am Lepiq a dit…

La peur irraisonnée du radar ?

George WF Weaver a dit…

Surtout ceux de Laval, en effet (et notamment lorsqu'on s'appelle Ubu ou Anna) !