samedi 30 mai 2020

origine (1)


J’ai douze [?] ans.


La montagne, couverte d’une jungle épaisse, semblable à un tapis de caoutchouc mousse, glissa sous le ventre brillant du vieux Mitchell. Derrière l’avion, les constructions blanches de Tamini n’étaient déjà plus qu’une agglomération de cubes minuscule à laquelle un grouillement humain conférait une vie de fourmilière.

(incipit)

« Les Aventures de Bob Morane », n° 1 [1953].

mercredi 27 mai 2020

entre, pars en thèse


(je ne sais trop d’où vous tenez cette information
selon laquelle je subirais, j’aurais subi, cette impression
d’être coincé

— quasi enterré —

entre deux parenthèses

— de toutes les façons

je m’en suis)

                                                            extrait

mardi 26 mai 2020

John Updike

(1932-2009)


(Libération, jeudi 23 mai 1996 [publicité])


« Je pourrais écrire des pubs pour les déodorants ou des étiquettes pour les bouteilles de ketchup, s'il le fallait. Le miracle qui consiste à transformer des idées en pensées, et des pensées en mots, et de donner vie aux mots par le métal et l'encre d'imprimerie ne perd jamais de sa force pour moi. »

[citation de J.U. sur sa fiche Wikipedia France]

*   *   *

N.B. : Je ne l’ai jamais lu. J’ai toujours aimé rencontrer sa bouille. Il semble avoir écrit un nombre considérable de (t/l)i(t/v)res. Commencer par un « Rabbit » ?…

lundi 25 mai 2020

lundi 18 mai 2020

le Roi Soleil


Brassaï (1950)

Graffiti [1960]



samedi 16 mai 2020

G rare


Dans l'ancienne Egypte, Osiris régnait sur le royaume des morts. Au Jugement dernier, dans l’un des plateaux de la balance, le mort déposait son cœur, dans l'autre Anubis posait la plume de la Vérité. Thot le scribe inscrivait le résultat. Si le cœur était aussi léger que la plume, Osiris prononçait la parole qui ressuscite : « Passe, tu es pur. »

Florence Delay
Dit Nerval
Gallimard, « L’un et l’autre »
1999, p. 103



jeudi 14 mai 2020

l’écriture selon... (7)


Au diable vauvert

traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Romain Monnery

(2017, 336 p.)

*

cette forme d’écriture, la poésie, mieux vaut la pratiquer avec modération. Je suis content de pouvoir picoler, m’embrouiller avec des femmes et travailler un peu en prose histoire de faire redescendre la pression. Parfois je tombe sur des interviews d’écrivains qui parlent de leurs méthodes de travail et j’ai l’impression que ces gens poncent des meubles. Je suppose que c’est la conséquence d’avoir trop étudié et trop peu vécu.

lettre à William Packard, 13 octobre 1972

lundi 11 mai 2020

deux jets




Félicien Rops
La Douche (1878)



Pierre Jamet
(auberge de jeunesse de Villeneuve-sur-Auvers, 1937)
[de dos : Dina Vierny]

dimanche 3 mai 2020

« des parties de détail(s) »


Avec quelle jubilation contenue Jean-Jacques Pauvert, citant les Mémoires secrets (au 30 avril 1770) de Bachaumont — lesquels décrivent la Beauvoisin, fille que Sade entraîna en son château de La Coste en juin-juillet 1765, deux ans exactement après son mariage avec Renée-Pélagie de Montreuil, faisant peut-être passer en Vaucluse celle-là pour celle-ci, soit sa maîtresse pour sa femme —, avec quelle satisfaction introduit-il un discret appel de note après la citation, manière de faire comme en passant une leçon de français dix-huitiémiste, mettre par là même le holà à certaines lectures par trop automatiques :

« Mademoiselle Beauvoisin, courtisane d’une jolie figure, et qui avait des parties de détail, mais sans taille, courte et ramassée, avait été obligée, pour cette raison, de quitter l’Opéra, dont elle avait été danseuse 2. »

Appel qui attire cette note pauvertienne, sèche, de bas de page (122) : 

2. « Des parties de détail », c’est-à-dire jolie par certains traits, si on ne regardait pas l’ensemble, et non, comme le croit [Gilbert] Lely, parce qu’elle faisait « des passes, outre des liaisons régulières » (!)

__________________________

N.B. : « … des parties de détails », dans le texte de ces Mémoires (libr. de Firmin Didot frères, 1846), et, aussi, puisqu’il est question de détail(s) et de (tour de) taille : « par cette raison ».



Sade vivant

(1 216 pages, Le Tripode, 2013)



mardi 28 avril 2020

emploi du temps

10 h : je lis
midi : je lis
14 h : je lis
16 h : je lis
18 h : je lis
20 h : je lis
22 h : je lis
minuit : je lis

2 h : au lit !


(démarqué de l’un des Cent quarante signes, Alain Veinstein, Grasset, 2013, p. 162)

dimanche 26 avril 2020

l’Ecriture selon... (5)


2015
Fata Morgana, 40 p.
dessins de Michel Potage

Excusez-moi du tour tout à fait personnel, donc limité, de cet exposé, mais je ne prétends pas
faire une étude exhaustive de l’écriture ; c’est ainsi que je ne dirai rien de l’écriture automatique :
je ne l’ai jamais pratiquée.

vendredi 24 avril 2020

ou... ou bien


Raymond Federman
Quitte ou double
(id.)
[p. : 11 < 11.1]

système D


Raymond Federman
Quitte ou double
traduit de l’anglais (U.S.) par Eric Giraud
al dante / léo scheer
2004, 286 p.
[p. 70]

—————

exergue :

Ce qui est dit n’est jamais dit puisqu’on peut le dire autrement.
Robert Pinget
[p. 9]


jeudi 23 avril 2020

Il ne faut pas confondre


Jim Morrison (Doors, 1943-1971) avec George Harrison (Beatles)

ni George Harrison (1943-2001) avec Jim Harrison (1937-2016)




Libération (jeudi 22 mai 2003, photo Jérôme Brézillon)

mercredi 22 avril 2020

— Qui ?



Il y a quelques années, un quotidien que vous avez reconnu à sa typo consacrait un long article à un écrivain non inconnu, avec ce titre :


— De qui s’agissait-il ?


N.B. : je ne doute pas qu’un modeste geek puisse en retrouver aisément la source — et la solution —, mais spontanément ? en faisant appel à votre fantaisie ? vos libres associations ? votre sagacité ? votre rêverie ? — pour vous, qui est-ce ?…

(degré de difficulté : 2,5/5)


dimanche 19 avril 2020

... les Lilliputiens



« Je ne m’étendrai pas ici sur leurs connaissances, qui sont très variées, dans ce pays de vieille et florissante culture, mais leur écriture est très particulière : ils n’écrivent ni de droite à gauche comme les Arabes, ni de gauche à droite comme les Européens, ni de haut en bas comme les Chinois, ni de bas en haut comme les Cascagiens, mais en oblique, d’un coin à l’autre de la feuille, comme les grandes dames en Angleterre.

« Ils enterrent leurs morts la tête en bas, parce qu’ils croient qu’ils vont tous ressusciter dans onze mille lunes ; à ce moment-là, la terre, qu’ils conçoivent comme une grande plaque, se retournera sur l’autre face et les morts se retrouveront de la sorte debout sur leurs pieds, au jour de la résurrection. Les esprits éclairés reconnaissent l’absurdité de cette doctrine, mais l’usage subsiste, pour ne pas rompre avec une tradition populaire. »

Jonathan Swift
Voyages de Gulliver
« Voyage à Lilliput », chap. VI
(« Bibliothèque de la Pléiade », n° 180, p. 67-68)

mercredi 15 avril 2020

en berne

Markus Raetz
(1941, Berne - 2020, Berne)


Raymond Rousssel, « Impressions d’Afrique » (1980)


Deux visages (feuilles d’eucalyptus, épingles) [1981]


mardi 14 avril 2020

l’Ecriture selon... (4)


2013
Zones Sensibles, 184 p. (9 illustr.)
traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jérôme Hansen

Fermez brièvement les yeux et imaginez leurs intérieurs : les salles d’attente, les couloirs, les portes et les bureaux dans lesquels des employés sont occupés à écrire, copier, calculer ou rêvasser ; notes, formulaires, dossiers, registres débordant des tiroirs, des étagères et des classeurs. 
Ce livre traite de la paperasse et de ses contradictions. (p. 9)

lundi 13 avril 2020

l’Ecriture selon... (3)


2010
Fayard, 154 p. (jaquette)

Je vais parler maintenant de l’événement qui n’advient jamais.

Il arrive que l’écriture naisse d'un humain, lettres et syllabes, qu’un alphabet naisse sous nos yeux.


dimanche 12 avril 2020

l’Ecriture selon... (2)


1980
Gallimard, « Blanche », 224 p.

♦︎ Il ne croit pas au désastre, on ne peut y croire, que l’on vive ou que l'on meure.
Nulle foi qui soit à sa mesure, et en même temps une sorte de désintérêt, désintéressé
du désastre. Nuit, nuit blanche – ainsi le désastre, cette nuit à laquelle l’obscurité manque,
sans que la lumière l’éclaire.

(fragment 2, p. 8)

samedi 11 avril 2020

l'Ecriture selon... (1)


1972 [1953]
Points/Seuil (n° 35), 192 p.

Hébert ne commençait jamais un numéro du Père Duchêne
sans y mettre quelques « foutre » et quelques « bougre ».



1978
Christian Bourgois, coll. « TXT », 146 p. (couv. à rabats)
(4e de couv. signée Denis Roche)

« — Le bonhomme qui disposerait un microphone dans ma chambrette
pour surprendre mes dits ou bruits privés ferait une bonne affaire :
je ne me retiens pas en public. — »

(Louis Scutenaire, Fantomas, 73-76)


vendredi 10 avril 2020

mercredi 8 avril 2020

cryptonymes


Lorsque je découvre, parmi les dernières anagrammes qu’a publiées Jacques Perry-Salkow, 


le parfait 

FRANCE CONFINÉE
ENFER, CONFIANCE

le stupéfiant 

CHAUVE-SOURIS
SOUCHE À VIRUS

et le subtil

BOÎTE DE PANDORE
PARODIE DE BONTÉ



il me vient des idées métaphysiques, ésotériques, mystiques, spiritualistes et quasi inquiétantes — une espèce de malaise…

jeudi 2 avril 2020

La Peste écarlate


Jack London (1912)




traduit de l’anglais par Paul Gruyer et Louis Postif

Editions G. Crès et Cie (1924)

(excipit)

mardi 31 mars 2020

en relief



(série « À table avec le Caravage »)

dimanche 29 mars 2020

papyrornithologie

Cocotologie se compose du mot français cocotte, « petit oiseau en papier », et du mot grec logie, de logos, « discours ». En français, la cocotte appartient au langage des enfants ; au sens propre et direct, le mot s’applique à la volaille et, par extension, à tous les oiseaux ; au sens métaphorique, il s’applique aux cocottes en papier et aux filles de joie. Ici, je devrai développer une comparaison entre les filles de joie et les cocottes, fragiles par nature les unes et les autres.


Observez la perfection avec laquelle la cocotte pose ses pieds à terre et se tient debout ; remarquez qu’elle entretient le moins de contact possible avec le sol et ne le touche que sur les trois points nécessaires pour se maintenir en équilibre stable ; dites-moi s’il ne s’agit pas là d’une nouvelle et mirifique perfection de son être, une perfection qui l’élève au-dessus de tant de plantigrades humains qui ont besoin de toucher le sol autant qu’ils le peuvent couvrir. La cocotte est un être tripode, et la cocotte parfaite, la cocotte archétype ou idéale, ne devra toucher le sol que sur trois points géométriques, trois points purs, déterminants, d’un plan rigoureux. 


Chez le mâle parfait (comme le montre la fig. 4), la pomme d’Adam forme une protubérance triangulaire dont l’extrémité se situe aux trois quarts de la ligne qui va de la pointe du pied à celle du bec. De cette pointe, une autre ligne va jusqu’à la moitié du cou. En revanche, chez la femelle parfaite (fig. 3) apparaît une gorge trapézoïdale dont l’angle libre, également situé aux trois quarts de la ligne susnommée, trace une ligne vers le sommet de la tête. On voit donc que chez le mâle, c’est le cou qui commande la pomme d’Adam, tandis que chez la femelle c’est le sommet de la tête qui commande la gorge d’Eve. Je laisse aux mystiques et aux humoristes − qui ne sont qu’un − le soin de passer au crible, ordonner, perquisitionner et réquisitionner ce symbolisme. Le sérieux notoire de la recherche scientifique ne me permet pas de me laisser distraire par cela.


Il va sans dire qu’aucun être studieux ne se contentera de méditer sur ces figures, il doit prendre un papier, le plier et faire, comme dans un séminaire ou un laboratoire de recherche scientifique, sa propre expérience, car le pire pour la science serait d’être réduite à un exercice de mémoire ou de littérature.


———————

Miguel de Unanumo (1864-1936), Apuntes para un tratado de cocotología

La Cocotologie. Notes pour un traité, traduit de l’espagnol par Emma H. Clouard, Ed. Self, 1946
Traité de cocotologie, trad. Sylvie Coudel, présenté par Fernando Arrabal, Ed. de Paris, 1994



mardi 24 mars 2020

Janus bifrons


Erik Dietman
(1937, Suède - 2002, France)

lundi 23 mars 2020

cAnArdAges


Un Jardin Ecosystème (FB)


Nicolas Portnoi / Paris Match


signé Didier Deux-Coins

vendredi 20 mars 2020

premiers de cordée


Glen Baxter

(Libération, jeudi 13 février 1997)

jeudi 19 mars 2020

détails


Jan Van Eyck
(vers 1390-1441)




• Retable dit « de l’Agneau mystique », Gand 

________

• La Vierge au chanoine Van der Paele, Bruges


sources : 
Closer to Van Eyck: Rediscovering the Ghent Altarpiece

lundi 16 mars 2020

crise sanitaire (2)


Grégoire Solotareff

Libération, jeudi 28 mai 2015

jeudi 12 mars 2020

crise sanitaire


« Docteur Piqûre », Grégoire Solotareff

Libération, jeudi 29 novembre 1990

dimanche 1 mars 2020

des stratagèmes


« Je ne regrette pas les orgies de livres. Je me sens comme au temps de la gestation de Masse et Puissance. A l’époque déjà, tout passait par l’aventure avec les livres. Lorsque je n’avais pas d’argent, à Vienne, je dépensais en livres tout l’argent que je n’avais pas. Même à Londres, au temps des vaches maigres, je réussissais encore, de temps à autre, à acheter des livres. Je n’ai jamais appris quelque chose de façon systématique, comme d’autres gens, mais uniquement dans la fièvre soudaine de l’émotion. Le déclenchement se produisait toujours de la même manière, à savoir que mon regard tombait sur un livre, et il me le fallait. Le geste consistant à s’en saisir, le plaisir de flamber son avoir, d’emporter le livre à la maison ou dans le café le plus proche, de le contempler, le caresser, le feuilleter, le mettre de côté, de le redécouvrir le moment venu, parfois des années plus tard — tout cela fait partie d’un processus créatif dont les rouages cachés m’échappent. Mais cela ne se passe jamais autrement chez moi et il me faudra donc acheter des livres jusqu’à mon dernier souffle, en particulier lorsqu’il m’apparaîtra que je ne les lirai sans doute jamais.
« Vraisemblablement est-ce encore là une manière de défier la mort. Je ne veux pas savoir lesquels, parmi ces livres, ne seront jamais lus. Leur sort, à cet égard, demeurera incertain jusqu’à la fin. J’ai la liberté du choix : parmi tous les livres qui m’entourent je puis, à tout moment, choisir librement, et le cours même de la vie, de ce fait, repose en ma main. »
(1973)

« Quelqu’un remet à plus tard, d’année en année, ses ouvrages les plus importants. Il sait qu’il ne peut pas mourir avant de les avoir livrés mais, contre la mort, il n’est ruse qui ne lui paraisse licite. »
(1969)

Elias Canetti
Le Livre contre la mort (Das Buch gegen den Tod)
Albin Michel, 2018



lundi 17 février 2020

Lacan, encore


« Puisqu’il y en a ici quelques-uns qui ont autrefois lu Poe, vous devez savoir qu’il y a un ministre dans le coup, celui qui a barboté la lettre. Il est clair que c’est uniquement en fonction de cette circulation de la lettre que le ministre nous montre, au cours du déplacement de ladite lettre, des variations, tel [tel] ses variations de couleur le poisson courant. »



[ 2006, p. 102

« D’une fonction à ne pas écrire », 17 mars 1971 ]

Non pas calant

jeudi 13 février 2020

*


Claire Bretécher
(1940-2020)

samedi 8 février 2020

Sur un cheval


Pour moi, le choix est encore impossible entre Dieu et l’Evolution, entre le plein et l’atome. Tout ce que je regarde est de plus en plus hanté par l’atome. C’est-à-dire que la « beauté » elle-même m’est de plus en plus interdite, en ce sens que dans toute chose, tout événement devant moi, paysage, corps, « ciel », etc., je vois immédiatement sa désintégration, son inexistence en somme ; et comment aimer humainement corps humain, esprit de ce corps, cœur de ce corps, quand, en quelques secondes, sa forme en quelque sorte disparaît, pour vous, dans l’abondance infinie de sa composition atomique ? Comment à plus forte raison y trouver de la beauté ? Mais il faut admirer, aimer et donc vivre malgré tout en connaissance de cause ; et n’est-ce pas au fond ce que l’art dans son ensemble universel nous apprend chaque fois ?

Pierre Guyotat (1940-2020), entretien avec Marianne Alphant (14-15 juillet 2000), le Cahier du refuge, cipM, sept. 2000, p. 35 (repris dans Divers, Les Belles Lettres, 2019, p. 199)



jeudi 6 février 2020

vécu


M. Sinet est le secrétaire-qui-fait-le-jour. […]

À son travail, M. Sinet n’est jamais saoul. Il est simplement plus ou moins rouge, avec une haleine plus ou moins à l’alcool, à la bière ou au vin, suivant ce qu’il a trouvé, quand il vient de dire : 
— Eh ! petit ! guette une minute ; je reviens.

Crac ! Il tombe à M. Sinet une grosse enveloppe. Un raz-de-marée. Des milliers de morts ! Quelle catastrophe ! Pour vous, peut-être. Pour M. Sinet, c’est une vague copie qui le submerge ; c’est du français d’Agence à redresser ; et ces milliers de morts, peut-être bien qu’en s’arrangeant il pourra en tirer quelque joli sous-titre.

André Baillon
Par fil spécial. Carnet d’un secrétaire de rédaction.
(1924 ; 2020, avec une préface, « La prise d’Homsk », d’Eric Dussert, Héros-Limite, Genève)

mardi 4 février 2020

GP / PG



Georges Perec dans le train entre Paris et Lyon, 1978
photographie de Bernard Plossu
Album Georges Perec, par Claude Burgelin
Nrf / Gallimard / La Pléiade
2017 (cinquante-sixième album)
p. 190-191

dimanche 2 février 2020

À dada ! À dada !


[…]

Écru, pur, ce
lit a-t-il
été
sali ? Las !
Pardon, ô drap !


Guillaume Pô
illustr. Fabius Lorenzi
16 p., chez l’auteur

lundi 27 janvier 2020

Retour à l’envoyeur




Entre « la tarte de l’art pour l’art », « la tarte de sidération partagée », « la tarte tombée pour rien » et « la tarte pour avoir le dernier mot »…

Evitant « le conflit du paris-brest contre une omoplate » (puisque le film a fait un four),

Pierre Senges — arbitre des élégances, maître de ballet — saute du coq à l’âne

— « le coq est Søren Kierkegaard, l’âne Kiki de Montparnasse » —

sans en passer par Deleuze, Gilles — « Qu’est-ce qu’un visage ? Système mur blanc / trous noirs », de mémoire —, le contournant adroitement, ni même par une certaine « gazette bimestrielle d’orthographe et de poésie » souvenir, souvenirs…

Il fait se confronter — face à face

— ou, à ma droite :

Stan Laurel, gagman de Californie (épaulé — épaulé-jeté — par Hardy), 

armé de sa déclaration about La Bataille du siècle (The Battle of the Century, court-métrage, 1927), dont une bobine — le film en rouleau, non le visage, la binette, la bouille — manquerait,

échos du burlesque, « quand il a été inventé, quelques années après le filament et le téléphone », le plus long attentat pâtissier — un record du temps du muet (ou dix minutes d’entartrages, entre peaux de banane et courses-poursuites, sur pellicule), et non sans le renfort salarié de cohortes d’« assignateurs de significations » (les descendants des herméneutes et des exégètes) expressément engagés :

« On a voulu faire en sorte que chaque tarte ait un sens. »

   — et, à ma gauche :

Angelus Silesius, plus léger que la plus légère — des crèmes 

ravi de la crèche, mystique allemand contemplatif

équipé de cet extrait (distique) du Pèlerin chérubinique (1657), un recueil de 1 676 poèmes courts (souvent des alexandrins), soutenu par des hordes de moniales, de solitaires de couvent, une infanterie de pères de l’Eglise, férus de Bible et de sacré :

« La rose est sans pourquoi [ohne warum]. Elle fleurit parce qu’elle fleurit.
Ne prend soin d’elle. Ne demande pas : suis-je regardée ? »

Les deux sœurs McKensie, de la Los Angeles Cream Pie Company (un empire : grandeur et décadence), vont régler les assauts — d’amabilités — de ce débat subtil, néanmoins carabiné, légèrement chicaneur, spéculatif.

On y verra passer — de cour à jardin — quelques considérations renversantes (« on ne le dira jamais assez : recevoir une tarte en pleine figure demande de savoir viser »), « des tartes de vaudeville côtoyant des tartes compréhensibles seulement d’un point de vue shintoïste * » et — de fond en comble — les hauts paniers de la théologie, le Monastère des Noms infusés dans l’Eau Chaude, « les membres d’un chœur d’Aristophane déguisés en hippopotames ou en docteurs de la foi », la lévitation en tulles & l’invention de la crème Chantilly (bulles, air, bulles d’air…) rococo par le surintendant des Finances Nicolas Fouquet au fin fond de sa cellule de prison, « l’iconographie du chou depuis Nicolas Poussin (du chou expressionniste, du chou chez Eisenstein…) » (je n’invente rien, je me contente de citer **), « des ouvrages de six volumes et douze mille pages au sujet d’un seul zeste de citron »…

Produit par Hollywood (Universal ou Warner Bros). Illustré par Bretzel et Bretelle. Avec, outre les figurants ne figurant que pour leurs figures (au sens propre), leurs faces éphémères de lune enfarinée, Giordano Bruno, Rodolphe Töpffer, le docteur Caligari, John Ford, Marlene Dietrich, les frères Marx, Wittengstein et Heidegger..., et la participation exceptionnelle de Jean-Jacques Rousseau (parvenu jusqu’ici en passant par on ne sait quel soupirail), Buster Keaton, Rudolph Valentino et Henri Bergson (la crème fouettée claquée sur du vivant).

_________________
« Encore faut-il que ça existe. » (NdPS) 
** «  Si j’ai bien compris à force de l’entendre répéter, il n’existe que des copies, l’original est toujours la copie d’autre chose. » (id.)


————————
Pierre Senges, Projectiles au sens propre
Verticales, 2020, 168 pages, 16,50 euros

(publié sur Sitaudis le 16 janvier)

samedi 18 janvier 2020

vendredi 10 janvier 2020

« toute écriture est l'histoire d'un nom »

un sondage d’opinion

Tandis que paraîtra au dernier trimestre de cette année un nouveau titre, un nouveau livre, aux éditions Nous, le quatrième — après A As Anything, Anthologie de la lettre A ; 1960, Chronique d’une année exemplaire et H ! Hache ! Hasch ! Hallucinations de la lettre H —, pour la fabrication duquel la commission Poésie du CNL a (à nouveau) refusé la subvention à l’éditeur — preuve que mon livre n’en est pas (de la poésie) —, et que d’ordinaire les titres me sont venus en premier, parfois même en furent les déclencheurs…
Pour une fois, j’hésite entre plusieurs titres — ou je n’ai pas encore décidé.

Ce livre d’un peu plus de deux cents pages — dont « Petit Traité d’onomastique amusante » pourrait être le sous-titre — traite, essentiellement sous la forme de prélèvements, de la question du nom propre, du prénom, de l’anthroponyme, du nom de famille, des noms de scène, de plume ou d’artiste, du pseudonyme…

— Alors ?…

C’est du propre

Au propre

Proprement dit

Des noms

— autres ?…


(toute contribution bienvenue)