dimanche 29 mars 2015

T’chin’ !


*   *   *

Carte postale : Île de Groix (Morbihan)

17 - 8- 1964 (cachet de la Poste) 

Je n’ai jamais vu autant de bistrots au mètre carré. On ne peut pas tous les faire — c’est désespérant, cette quête de l’absolu jamais atteint.
Pense à l’almanach, j’y pense et m’y mets dès mon retour.
à toi.

Fr. Caradec

François Caradec & Noël Arnaud
Du Lérot, éditeur (2015)

vendredi 27 mars 2015

( o )


M. C. Escher
Œil (1946, manière noire)

dimanche 22 mars 2015

anagrammes



Cinq Preuves irréfutables de l’existence de Dieu

Apôtre & global (s. l. n. d.)

(première preuve par le mouvement)

source

mercredi 18 mars 2015

This is not a novel

« Le comble de l’absurdité en matière de non-sens pur — ou dans le mélange de non-sens dans des masses extravagantes de mots, auparavant l’apanage des asiles de fous — fut atteint par Hegel. »
A dit Schopenhauer.

David Markson, Arrêter d’écrire
Le Cherche Midi, coll. « Lot 49 », 2007 (p. 70)

traduit par Claro

mardi 17 mars 2015

bêtise

Dionys Mascolo, qu’il faut de nouveau citer ici, parlera pour sa part, parlant de Heidegger justement, de la « bêtise de l’intelligence même ». Je le cite : « Force il y aurait donc bien, en un sens dont l’humour échappe au penseur, lequel, sinon, se serait avisé que traiter de l’intelligence en termes de puissance est la fortifier dès l’abord de bêtise. Ainsi s’expliquerait l’existence de ce phénomène remarquable et bien connu, auquel il n’est personne qui ne soit heurté à un moment ou à un autre, et qui est la bêtise de l’intelligence même. » Lignes qui visaient Heidegger donc ; qui ne visaient pas que lui, sans doute ; qui visaient Sartre aussi, mais pour d’autre raisons ; qui étaient cependant assez bien faites pour viser Blanchot lui-même, par un effet de retour inattendu ; pour les mêmes raisons que Mascolo disait que celui-ci, attaquant Heidegger, s’accusait du coup (je rappelle ses mots : « très certainement en pensant à lui-même »). Il n’y pas jusqu’aux plus grandes pensées à ne pas échapper à la bêtise. On peut même en faire l’hypothèse : toute grande pensée comporte sa propre part de bêtise inhérente, constitutive, et sans doute proportionnelle. L’erreur de Blanchot est possible, et est du même ordre que celle de Heidegger (à un degré cependant moindre de solennité et de puissance) ; sa bêtise l’est d’autant, qui en a revêtu l’éclat immédiat, mais s’est entouré de durée : c’est longtemps que Blanchot a été ce que Heidegger fut aussi au même moment (un temps long, sans aucun doute, mais dont tout le monde dispute de la longueur) ; et c’est aussi longtemps que l’un et l’autre le dissimulèrent (autant que chacun le put, Heidegger moins que Blanchot) ou ne le reconnurent pas (ou pas sans réticence ni atténuation).

Michel Surya
L’Autre Blanchot. L’Ecriture de jour, l’écriture de nuit.
Gallimard, coll. « Tel » (inédit), 2015
(p. 23-24)




samedi 14 mars 2015

bilinguisme


pour une saine compréhension intercommunautaire

mardi 10 mars 2015

lundi 2 mars 2015

James Baldwin

Avant



(1976)

Après


— 2015 —

Première édition française intégrale


Je n’oublierai jamais. Je ne sais même pas si je suis capable de décrire ce qui se passa. D’un seul coup, tout se figea pour devenir une parodie d’horreur à la manière des Marx Brothers. Chaque visage blanc prit l’immobilité de la pierre. L’arrivée du messager de la mort n’aurait pas eu un effet plus foudroyant que l’apparition, sur le seuil de ce restaurant, d’un petit homme noir, sans armes et complètement stupéfait. J’avais compris mon erreur dès que j’avais ouvert la porte : mais la véritable terreur qui se peignait sur chacun de ces visages blancs – personne ne bougea – me paralysa. Nous nous regardâmes fixement, sans prononcer un mot.
Le charme fut rompu par une de ces femmes qui, j’espère, n’existent que dans le Sud, au visage semblable à une hache rouillée, aux yeux tels deux clous rouillés – des clous de la Crucifixion. Elle se précipita vers moi comme pour me battre et aboya – car sa voix n’avait pas son humain. « Qu’est-ce que tu veux, mon garçon, qu’est-ce que tu viens faire ici ? » Puis, avec le geste de recul qu’on a devant un lépreux : « Par là. C’est par là. »
Je ne savais absolument pas de quoi elle parlait ; je reculai vers la porte. 
« C’est par là, mon garçon », dit une voix derrière moi.
Sur le trottoir, vide une seconde plus tôt, se tenait un homme blanc, sorti de nulle part. Je le fixai d’un regard vide. 

(p. 76)

jeudi 26 février 2015

hum er


... une suave fragrance.

dimanche 22 février 2015

la bonne méthode


ECOLE A.B.C. DE REDACTION


CECI DOIT CONVAINCRE LES INCREDULES

Tout le monde ne peut pas être Pascal et réinventer d’instinct.

Ne continuez pas à végéter... Vous êtes guidé personnellement
par des écrivains connus tels que Gaston PICARD,
Maurice Ch. RENARD, Jean MAROTTE.

jeudi 19 février 2015

ondes alpha


Maurice Roche

Opéra Bouffe

roman

Editions du Seuil, collection « Tel Quel »

(1975, 112 p.)


De peur qu’un quelconque aveugle ne braille
de peur à ta place, provoque le cri étouffé
d’une onde hurlante heurtant les parois à
l'intérieur de ton crâne


vendredi 13 février 2015

la tragédie des stagiaires

Selon un sondage récent, 79 % des Français déclarent que DSK — qualifié à l’envi de « meilleur économiste de France », cet homme qui avoue ne pas pouvoir, ou savoir, distinguer entre les prestations d’une amante bénévole et celles d’une travailleuse, ou professionnelle, dûment rémunérée — aurait fait un meilleur président de la République que l’actuel occupant du palais de l’Elysée.

mardi 10 février 2015

échos


• Soumission, de Michel Houellebecq, est best-seller (ou « meilleure vente ») depuis sa sortie en France – mais aussi en Allemagne et en Italie –, un record historique qui « confirme la capacité de l’auteur à toucher au cœur des angoisses occidentales ».
« Être numéro un des ventes dans trois pays européens en même temps, c’est du jamais vu de mémoire d’éditeur, a confié Flammarion, son heureux éditeur français. Houellebecq est même passé devant le dernier Umberto Eco en Italie. »

• A la barre, DSK, lui, a déclaré à Lille : « Moi, j’aime que ce soit la fête. »

mardi 3 février 2015

Humour


in

HUM !

FRED

(Dargaud, 1974)

mercredi 28 janvier 2015

au piano



à  l’u-na-ni-mi-té

lundi 26 janvier 2015

7 ans de réflexions



barbOtages — ce ci-devant blog —, surgi le 26 janvier 2008,

présente six cent soixante-trois (y compris celui-ci) posts

(sans publicité) à ce jour

(et six cent cinquante et un commentaires).


— On continue ?...

jeudi 22 janvier 2015

lundi 19 janvier 2015

8

 c H o r o n

                   H a r a - k i r i 

         c H a r l i e

                  H e b d o



         c H a r b

jeudi 15 janvier 2015

en -i

Cette donzelle qu’on appelait Zazie
Etait une geisha venant d’Asie 
Elle savait des trucs de ouf, des bizarreries
Des spécialités et des chinoiseries 
Ainsi que des perversions quasi.

mercredi 14 janvier 2015

en -in(t)

Cette demoiselle de Pékin

Confond sa bouche avec son vagin

Elle maquille en carmin

Son énorme clito et peint

Ses grandes lèvres couleur vin.



lundi 12 janvier 2015

sont morts sous les balles

Alfred Jarry

Alphonse Allais

Cami

Jacques Vaché

Jacques Rigaut

Pierre Dac

Chaval

Reiser

Gébé

Professeur Choron

Cavanna

Coluche




de rire

dimanche 11 janvier 2015

je suis



musulman
juif
chrétien
dessinateur
correcteur
honoré
policier
femme
homosexuel
putain
journaliste
poète

je suis
ce jour



jeudi 8 janvier 2015

samedi 3 janvier 2015

jeudi 1 janvier 2015

atomique

     au  sortir  d’écrire  un  livre  impossible  de
marcher   dehors   sans   être   en   suspension
excessive   des   tendons,   d’où   rebonds   à
trébuchés d’air ahuri comme si tout était plus
simple qu’un texte et beaucoup trop lisse, plus
idiot  mais  aussi  plus  complexe  et  plus  flou,
plus inexplicablement déraisonnable

David Lespiau
Poudre de la poudre (p. 24)


Le bleu du ciel, nov. 2014 (48 p., 10 €)

lundi 29 décembre 2014

mot d’hauteur


Notre bonne amie est en sueur :
il faut dire que le point de vue
est bigrement élevé !

in Grosse Chaleur
Guillaume Pô, 2014

pour M[arc} D[écimo], même


(Elle a chaud : haut, c’est !)

mercredi 17 décembre 2014

Martin Gale



LE DISCIPLE : Sur le long terme, peut-on
gagner à la roulette, maître ?

LE MAÎTRE : Bien entendu, disciple. Il suffit
de posséder le casino.


___________________________________
Ed. Nous, « Disparate », MMXIV

mardi 9 décembre 2014

Tiercé nouveau de l’oulhippisme


Lorsque la hulotte ulule : Ou !
Je m’horripile dans mon lit
Puis j’évoque sur mon pipeau

Un Chinois vêtu de pilou
Qui trempe à plus de mille li
Trois poils de martre dans un pot

Et peint sur soie un docte loup
Dont le regard sénestre lit
La formule à changer de peau

Pour mieux voler je ne sais où
Vers un archange mal poli
Méditant les trous d’un drapeau

Tandis que Tintin et Milou
Las de voir le temps faire un pli
Prennent refuge à l’Oulipo.

Albert-Marie Schmidt

in Oulipo. La Littérature potentielle
(Créations Re-créations Récréations)
Idées/Gallimard, n° 289
1973 (p. 15)


vendredi 28 novembre 2014

D. & G.


« Nous avons vu pourtant que la terre ne cesse d’opérer un mouvement de déterritorialisation sur place par lequel elle dépasse tout territoire : elle est déterritorialisante et déterritorialisée. Elle se confond elle-même avec le mouvement de ceux qui quittent en masse leur territoire, langoustes qui se mettent à marcher en file au fond de l’eau, pèlerins ou chevaliers qui chevauchent une ligne de fuite céleste. »




Minuit, coll. « Reprise » 2005 [1991], p. 82
chap. « Géophilosophie »



vendredi 21 novembre 2014

biographème

Cité Falguière, atelier de MontParnasse, Chaïm Soutine qui installait à tremper les Pieds de son lit dans quatre boîtes de conserve remplies d’eau Pour éviter que les Punaises ne grimpassent la nuit pour l’assaillir jusqu’au matelas de son grabat (de misère).

mardi 18 novembre 2014

samedi 1 novembre 2014

Oniromancie


« Si la femme dans une vision accomplit la prière quelle que soit l’heure du jour elle n’aura pas ses règles ce mois-là et risque de tourmenter beaucoup les hommes. C’est signe qu’une grande peur noire va s’abattre sur la région. En tout cas une grande peur dans l’âme aux hommes. Et si la femme pendant qu’elle prie entend des voix lui dire d’endosser une armure et de porter le fer sur l’ennemi elle ferait mieux de rester sur ses gardes. De rester à garder ses bêtes. Elle ferait mieux de se garder des hommes. Les voix sont équivoques et peuvent vouloir la chahuter ou la voir monter sur une pile de bûches. »

Antoine Brea, Roman dormant, Le Quartanier, Montréal (Québec), 2014, p. 52-53


*
*   *
(Explicit le Roman Dormant
Qui est d’or mais par endroits ment.)


dimanche 26 octobre 2014

mac


Le douloureux Charles Baudelaire se complut un moment non sans férocité dans cet état ; accident sans doute par attachement à sa ténébreuse métisse, son idole noire qui avait le secret de lui assurer d’épuisants plaisirs. Jeanne Duval se prostitua à Dijon pour subvenir à leurs besoins communs. Elle n’y prenait aucune peine, il est vrai. Le champ de bataille était dans l’hôtel même où ils étaient descendus et avec la furie d’un sadisme cérébral, Baudelaire l’envoyait au sacrifice en l’adjurant de bien dire les raisons de cet impur holocauste et il prenait un curieux plaisir à obtenir les détails du marché et des échanges. M. Jacques Crépet en a rapporté de croustillants et désolants détails, celui par exemple d’un homme très digne qui, apprenant les mobiles de la prostituée, refuse la consommation en en abandonnant le profit ; Baudelaire n’accepta pas cette sorte d’aumône et poussa la complice à tenir l’engagement souscrit en acceptant les enjeux. Et quel piment de sacrilège quand elle eut pour client un prêtre ! Ce raffinement de péché ravissait l’horticulteur des fleurs maléfiques. Guillaume Apollinaire prit plaisir à le rapporter. Il faut convenir que le poète malade mettait quelque fanfaronnade dans son vice.

René-Louis Doyon, Eloge du maquereau, Serge Safran éditeur
édition établie et présentée par Eric Dussert, 2014 (1re éd. 1949)



jeudi 23 octobre 2014

origine


La Source, ou la Baigneuse à la source
Gustave Courbet
(1862)

« Pour moi, ce corps féminin cristallisait, dans toutes les dimensions de son paraître, et la face, les seins, le ventre livrés à la chute de l'eau, toute une charge d’émotions sentimentales et érotiques restée en suspens sur un point précis de mon passé. »

Claude Louis-Combet, le Nu au transept, L’Atelier contemporain, 2014, p. 11.

Ailleurs

mardi 21 octobre 2014

. . .


1986 (O NVIII), 272 pages, 89 FF

_____________________________

« Il a certainement mis plus de curiosité à le scruter à la loupe ces jours derniers sur le papier qu’à l'observer aujourd’hui en grandeur naturelle sur le terrain. »


jeudi 9 octobre 2014

vendredi 3 octobre 2014

J.-J. P.


Libération, « Livres », jeudi 6 décembre 1990

Ailleurs

dimanche 21 septembre 2014

Ne disons jamais... Disons toujours...


Joseph Poitevin
Parlons français et Ecrivons en français
Petit manuel familier de la correction du langage
(Albin Michel, 1929)

dimanche 14 septembre 2014

samedi 13 septembre 2014

mercredi 10 septembre 2014

fêtes & rubans


Ce n’est pas seulement cette énorme erreur de perspective (ou le refoulement inconscient, ou la décision prise d’effacer de sa vision une perspective qu’il rejetait) qui rendit Fourier inapplicable. Une anxieuse volonté d’explorer dans sa totalité l’univers envahit ses œuvres confuses, à la structure labyrinthique, dont les subdivisions complexes donnent naissance à une concrétion proliférante de préfaces, d’intermèdes et de conclusions, définis par une terminologie d’une inépuisable richesse, telle que : Prolégomènes, Préambule, Intermède, Cislégomènes, Extraduction, Arrière-Propos, sans compter les divers Antienne, Cis-Médiante, Trans-Médiante, Intrapause, Cis-Lude, Ulter-pause, Ultralogue, Ultienne, Postienne, Postambule, etc. A cela s’ajoutent répertoires et tableaux synoptiques disposés suivant une numérotation particulière, où les chiffres alternent avec des signes graphiques spéciaux destinés à indiquer le pivot ou centre de la Série (d’où partent les deux ailes et les deux ailerons, ascendants et descendants) et l’ambigu, ou point de transition entre deux Séries, disposition qui peut même correspondre à une échelle musicale, avec ses accords en majeur et mineur. Or ces bizarreries formelles sont en parfaite cohérence avec le flux des raisonnements qui déborde en tous sens, parmi les renvois continuels à une œuvre future où les choses fondamentales seraient enfin dites.
Qu’est-ce qui distingue donc cette œuvre des innombrables paperasses de graphomanes fous, fondateurs de systèmes universels qui continuent à s’entasser dans les bureaux des éditeurs et des revues, de ces œuvres de philosophes incompris et cosmologues du dimanche que Raymond Queneau (grand lecteur de Fourier, d’ailleurs) s’était proposé, dans sa jeunesse, de recenser en dépouillant les catalogues de la Bibliothèque nationale ?
Plus encore que la vision d’une société vouée aux fêtes et aux cortèges, aux costumes ornés de plumes et de rubans, se défiant dans des guerres gastronomiques et galantes, domestiquant les zèbres et les autruches, ce sont les prophéties cosmologiques qui ont chez Fourier excité les railleurs : l’aurore boréale devenue perpétuelle et adoucissant le climat de toute la planète ; la mer acquérant un goût de limonade ; la lune, détruite depuis longtemps par les miasmes terrestres, remplacée par cinq lunes plus petites ; des animaux utiles à l’homme – l’anti-lion, l’anti-baleine, l’anti-crocodile – prenant la place des plus épouvantables bêtes sauvages.

Italo Calvino
La Machine Littérature (Seuil, 1984)
« Pour Fourier » (p. 171 à 208)

lundi 1 septembre 2014

Amer #6


septembre 2014

MONSTRE VEGETAL
écologie de l’imaginaire

VI / passe-moi par-dessus tous les bords 
(dos)

Il faut que tout meure ou que tout change.
On est à l’automne du monde. La végétation des âmes est interrompue et l’hiver approche avec toutes les épouvantes.

vivant en guerre
mort en paix
(quatrième)

Sixième floraison

truffée

d’horrifiantes glaçantes photographies de gueules cassées — ou serait-ce l’effet de la Syphilis ? fleur malade et vénéneuse — pour saborder le centenaire de la Première Boucherie mondiale (première fois qu’un conflit touche le monde en son entier — mais nous ferons mieux), où les bouches sont des trous informes ;
d’un cahier de vingt-trois photographies — Ni fleurs ni couronnes, tatouages & scarifications — en couleur (tendance rouge), autoportraits  risqués de Marie L. ;
d’un extrait de la lettre (« une œuvre sans censure, crue, brute et monstrueuse ») publiée par les éditions de la Contre-Allée de la Tchèque Jana Cerna à Egon Bondy, intitulée Pas dans le cul ce soir (qui mérite beaucoup mieux que son titre) ; 

un acte de sauvagerie tendre qui s’accompagne de (très) longs entretiens (avec Benjamin Hennot, Anna d’Annunzio et Lilith Jaywalker) ;

soit trois cent vingt pages, je cite, « sous la pression des gaz qui se forment à l’intérieur du cadavre »... 

vendredi 22 août 2014

32


Tristan Félix : Comment les dentellières en arrivent-elles à perdre leurs dents ?
Philippe Jaffeux : L’hypothèse la plus probable est que nos dents deviendraient inutiles lorsque nous en découpons d’autres dans du tissu. II est aussi possible que l’apparition des pernicieux métiers à tisser à 32 fuseaux ainsi que celle des dentelles à 32 points a eu un effet défavorable sur la dentition des dentellières. Notre destin est imaginé par des nombres qui sont les seuls à pouvoir maîtriser le cours du temps. Si 32 est le chiffre du jeu (cartes, pièces d’un échiquier et celles d’un ballon de football), ce nombre représente aussi la moitié des hexagrammes du Yi-King. A ce propos, des surfaces textiles composées de vides et de pleins ont peut-être pu avoir une incidence sur la cavité buccale des dentellières. En attendant, nos paroles sont cousues à des nombres divins afin d’aiguiller la trame d’un alphabet précis.

mardi 19 août 2014

NaCl


 — incipit, é.o. 1955 [p. 11] —

mercredi 13 août 2014

le Jeu des 7 différences

I
Le premier est de la peinture
le second, de la photographie

II
Le premier est en couleurs
Le second, en noir et blanc.

III
Le premier mesure 98 cm sur 1 m 60
Je suppose la seconde prise en 24 x 36 (mm)

IV
Le premier, hurluberlu à moustaches et esbroufe,
ne coûtait qu'une pièce de 10 F
Le second aimait à prendre les femmes nues étendues
sur une dune de sable

V
1 : quasi aérien
2 : aquatique

VI
Un titre baroque, une abstraction pour mon premier
L’épure de la simple nature pour mon second

VII
— Quelle est la septième ?

dimanche 10 août 2014

la rencontre fortuite sur une table de dissection


Le prince Charles épouse la duchesse de Bourgogne 
Georges Mathieu (1957)


Marais, Camargue
Lucien Clergue (1971)

lundi 28 juillet 2014

SALAMANDRES, NOS FRERES


page 249, in



La Guerre des salamandres (1935), de Karel Čapek (1890-1938), traduit du tchèque par Claudia Ancelot, roman mêlant la fantaisie la plus débridée, le roman d’anticipation, l’essai de cryptozoologie, la fable la plus cruelle – à classer entre l’Amérique et 1984 –, dans un style – un brio – qu’agrémentent les nombreuses tentatives de restitutions typographiques (lettres, contrats, affiches, articles de presse, plaques en émail…) que proposent magnifiquement les éditions
C
am
bou
rakis
____________________
384 pages, 2012 (11 euros)


mardi 22 juillet 2014

mardi 1 juillet 2014

capitales (quatre)



On ne doit pas mettre de capitale sur le mot « capitale » dans la phrase : « Paris est la capitale de la France. »



vendredi 20 juin 2014

du propre


caravagesque hugolâtre
marivaudesque roussellâtre
moliéresque beylâtre
chaplinesque jaclacanâtre

homérique confucéen
saphique freudien
maoïste flaubertien
michelangélesque derridéen

camusien rousseauiste
sartrien dantesque
barthésien ubuesque
pingetien kafkaïen

sadien mozartien 
sadique borgésien
masochiste joycien
bonapartiste napoléonien

rimbaldesque pongien
rimbaldien rabelaisien
gaulliste malrucien
gaullien balzacien

chrétien christique
shakespearien robespierriste
hégélien nietzschéen
machiavélique mallarméen