mercredi 22 novembre 2017

le dicton du jour

Il faut tourner sept fois la langue dans sa bouche avant de parler.

lundi 20 novembre 2017

Babel, babil, babélisme


« Qui parle avec des cailloux dans la bouche
les qu quand roulent les galets
les ch de la bouche au reflux ? »
Torbjörn le scalde favori de la hird des jarls
grave dans sa mémoire cette kenning
en attendant de trouver un bâton

barbara fraxinels pingatur rhuna tabellis

Rad Thu, de Christian Désagulier
avec une traduction en suédois de Jesper Svenbro.


*   *   *


Mystère de l’inscription funéraire — engraved and encrypted — en langue amharique, inscription gravée sur une plaque de marbre, épitaphe de Sebhat Guèbrè-Egziabhér.

« Couplet, distique, apologue, aphorisme, maxime, dit, proverbe, les formes courtes abondent dans les registres de l’expression écrite et orale en Éthiopie. »

« Ce que l’on croit savoir du byzantinisme éthiopien et de sa propension à s’exprimer en distillant du sens à travers le sèm-enna wèrq ou sa variante cléricale (qéné) laisse assez peu d’espoir quant à une unanime intelligibilité. »

         Francis Falceto

Fécondité des formes courtes :
était-il possible de ne pas en parler longuement ?
        
         Joseph Tubiana


__________________________
Toute la lire, revue de poégraphie, cahier n° 3
Éditions Terracol, 3e trimestre 2017, 176 pages, 18 €


samedi 11 novembre 2017

nonsense poem

12.

Des chattes dénudées
De désir brûlaient
De peler blancs aulx.
Deux truies chues dans l’eau
S’en sont courroucées,
Prenant deux couteaux.
N’eût été veau gris
Deux souris hors pays
Venues de Cîteaux
Etaient déjà d’avis
De porter Paris en Meaux.

[…]

18.

De grosses pierres molles 
Tenaient école 
Pour les pets endormir 
Deux vieilles violes
Vidaient des fioles
Pour faire mouches vesser.
Ai tout ce que désire.
Car commencent caroles
Chantant à loisir
Laudes et kyrielles
Qu’elles venaient de pétrir.

                                         Fatrasies d’Arras (anonyme)
in




Adam de la Halle, Jacques d’Amiens
Baude Fastoul, Jean Bodel
Philippe de Rémi, sieur de Beaumanoir
Conon de Béthune, Hélinand de Froidmont
Richard de Fournival, le Reclus de Molliens
Thibaut d’Amiens, fatrasies d’Arras

présentés et traduits par Jacques Darras

cinq cent vingt-quatrième volume
de la collection « Poésie / Gallimard »
2017, 560 pages

_______
Nota Bene

Nous attendions, sur la couverture : « XIIe-XIIIe siècles » [… et …]

( Le site Gallimard, lui, écrit : « XIIe-XIVe siècle » !) [soit : du … au …]

A la troisième ligne (12), nous avons ajouté un « l ».

vendredi 3 novembre 2017

« Regarde de tous tes yeux, regarde »



Cahier « Livres » 12 pages (21-32), Libération, jeudi 14 septembre 1989


dimanche 29 octobre 2017

André Masson


Libération, jeudi 29 octobre 1987 (3 pages)
[Gradiva, 1939 (détail)]

vendredi 27 octobre 2017

Georges Simenon

millions
d’exemplaires
était plus qu’un
auteur de romans 
policiers : un
écrivain moderne.

Libération, jeudi 7 septembre 1989 [dossier 6 pages]

mardi 24 octobre 2017

Jean Genet


« Jean Genet chez Brassaï en 1948, à sa sortie de prison »
Libération, mercredi 16 avril 1986 [dossier 8 pages]

dimanche 22 octobre 2017

(premiers craquements) elle / lui


réfléchir aux relations ohmmes femmes . observer l’infamie des désastres autour de soi dans les familles . mettre des mois à se remettre sans relâche comme beaucoup des coups de cravache d’une histoire de déshéritage . mériter davantage de solutions pour déjouer la domination politique que s’imposent les mâles dans le symposium domestique . démêler leur crime et l’omerta des femelles . s’ils arrivent les premiers à aimer les secondes , admirer leur complicité fendre l’époque en moins d’un siècle . c’est assez con : confiance en eux-mêmes confiance en elles . cesser de se contredire : même les sexes ne s’entendent pas

Séverine Daucourt-Fridriksson
Dégelle
La Lettre volée, Bruxelles
2017, 128 pages, 18 euros
[p. 101]


dimanche 15 octobre 2017

un choc, une bible


« Si Rimbaud, le voyant, est un passant considérable, Vélimir Khlebnikov est une constellation fulgurante et sidérante dont il n’est pas sûr que le visage soit même aujourd’hui devenu visible tant il a bouleversé le vers et la poésie de langue russe.
« À le dire abruptement : les révolutionnaires ont cherché la langue de la révolution, Vélimir Khlebnikov l’a trouvée.
« Ombre lumineuse comme une étoile pestiférée. »

préface, p. 29 

« En mai 1905, il part avec son frère Alexandre en mission dans l’Oural. Découvre une nouvelle espèce de coucou : le Cuculus minoris. »

notice biographique, p. 1083

La valise a fait place à une légendaire taie d’oreiller dans laquelle il entasse ses manuscrits, poèmes, proses, lettres, feuilles parfois volées ou envolées, qui accueille aussi son sommeil. Il écrit aussi dans l’urgence, dans l’obscurité, dans la maison des fous, au profond de la faim, des abris de fortune, devant des feux de camp où s’échangent pain et poèmes, pain et immortalité.

Langue des oiseaux, poésie stellaire, écritures des nombres…

quatrième de couverture

Œuvres, 1919-1922
Traduit du russe, préfacé et annoté par Yvan Mignot.

Verdier, coll. « Slovo »
2017, 1 150 pages, 47 euros

barbeauterie

Cette bosseuse éduquée à Auch
Qui pointe une fière paire de loches
Est loin d’être moche
En tapinant avenue Foch
Elle s’en met plein les poches.

samedi 7 octobre 2017

Le VoCaLuSCRiT

De ce triptyque, « Le métier de poète » — défini « séances » — en constitue la séquence centrale, assez hilarante, relatant les déconvenues, les mini-humiliations, les incompréhensions, subies par le « poète », essentiellement en condition de récitant, de diseur, de lecteur, de performeur, d’invité, d’« intervenant extérieur », les échanges disons « polis » en relation avec l’« organisateur/rice » de telle ou telle institution à vocation artistique ou culturelle.

répondre pour la centième fois
qu’un micro moins qu’amplifier
sert à murmurer

[…]

quand son cabinet vous demande
téléphoniquement ce qu’il
faut mentionner sur le contrat
répondre : seulement poète [majuscule superflue]

entendre dire :
ce n’est pas possible.

« Volte-face », ou quand un bref historique de la notion de « vocaluscrit » est proposé — concept (et mot) qu’avance Beurard-Valdoye, lequel se demande avec raison pourquoi l’intervention d’Antonin Artaud le 13 janvier 1947 au Vieux-Colombier est restée dans la mémoire collective sous l’appellation de « Conférence ». Un moment qui sans doute ne ressembla en rien à une conférence mais s’apparenta davantage à un « happening » — mais le mot manquait : « tout indique qu’il s’agissait, dans le lexique contemporain, d’une performance poétique, et certainement la première d’ampleur en France ».

Le « vocaluscrit », s’il fallait le définir, serait le compte rendu suggestif (ou « photo mentale »), la restitution subjective, désinvolte, d’une séance, orale, d’un ou d’une poète invité(e) pour une manifestation in vivo, in situ. 

Avec « Vif de voix sur l’émotif » (« archive sonore »), P. B.-V. (en position de spectateur, d’auditeur, de preneur de notes d’humeur folâtre, de croquiste sur le motif) en présente ici trente-sept « captures » (« le caractère nécessairement hétérogène et éclectique de l’ensemble ») : d’Oskar Pastior (Lyon, « L’écrit-parade », bibliothèque municipale, 18 mars 1992) à Claude Royet-Journoud (Lyon, « L’écrit-parade », bibliothèque municipale, 15 octobre 1997), de Valère Novarina (Lyon, « La station d’arts poétiques », ENSBA, 30 mars 2011), à Franck Venaille (Paris, librairie Tschann, 10 juin 2007) ou Hélène Cixous (Paris, amphithéâtre Richelieu, Université Paris-Sorbonne, 4 décembre 2006, « parfois le captage des mots devient difficile, la clameur d’étudiants lâchés d’un autre amphi, la dureté des bancs sur lesquels les corps remuent, un à un les auditeurs se retirent sur la pointe des pieds voués au dehors »)…

Tentatives toutefois dont la vraie mesure ne pourra être véritablement entendue (histoire de voix vive) que grâce au visionnage, sur le site de l’éditeur (« Quand le livre s’accompagne d’une création filmée autour de la lecture du texte », élucide in fine la collection « Poéfilm » — un dispositif ?), d’une dizaine de ces textes choisis et dits par Beurard-Valdoye : de David Antin (Paris, Double Change, Le Point éphémère, 3 mai 2008), « commençant son talk tandis qu’un grand miroir va chuter retenu de justesse dans l’assistance Qu’est-ce qui se passe ? », à Bernard Heidsieck (Paris, Grand Palais, 3 juin 2006) et Ghérasim Luca (Lyon, « L’écrit-parade », bibliothèque municipale, 3 octobre 1990), « doigts écartés de la main droite en lutrin jusqu’à la retraite l’évasion du blanc sans perspective main passée sur le crâne chauve / demeure de l’ouïe au fin fond de l’auditoire ».

Soit un film d’Isabelle Vorle de quelque 22 minutes, complément indispensable au texte…

— chuchotements, murmures, jeu de mains, accidents, de micro (combien ? pied ? bien réglé ? qu’on heurte), glissades vocales, silences éloquents y compris.

*  *   *

l’auteur ajoute : ON PEUT PEUT-ÊTRE ARRÊTER LÀ
(« Alain Frontier, Paris, Musée Zadkine, 28 octobre 2004 »).

*  *   *
— Merci, Patrick.
(main sur le cœur)

_______________
Le Vocaluscrit, Patrick Beurard-Valdoye
LansKine, collection « Poéfilm », 2017

104 p., 14 €


vendredi 6 octobre 2017

À une lecture

Pendant tout le temps de la représentati-
on tu lustres tes jambes pin-up mordorée
les étires sans fin les étends et les ré-
tractes un tricotage à donner le tournis

surtout si haut dans le souterrain paradis
de ton théâtre élémentaire improvisé
Sur toi seule j’avoue que je suis concentré
suspens et vertige en ce seul point de Paris

Même les trains qui prétendent passer tout près
même leur neige factice qui sent la craie
leurs lunes et leurs souffles surlignés

même la claque finale à ce tralala
ne t’ont fait bouger d’un cheveu tu es bien la
seule artiste de la soirée pauvre araignée


________________
Guillaume Métayer
Libre Jeu
préface de Michel Deguy, dessins d’Alfred Bruckstein
Editions Caractères, 2017
(92 p., 15 €)


mardi 3 octobre 2017

l’Origine de la géométrie

« L’égalité des côtés nous plaît, celle des angles double notre plaisir. Lorsque nous découvrons une seconde face semblable à la première, le plaisir semble être porté au carré ; lorsque nous en découvrons une troisième, il semble porté au cube et ainsi de suite. »

E. A. Poe
« L’essence du vers »
(cité p. 167, Heller-Roazen)


vendredi 15 septembre 2017

MERZ ou DADA ?


Tristan Tzara / Kurt Schwitters

(coordonnés par Henri Béhar & Patrick Beurard-Valdoye)




dimanche 10 septembre 2017

bouche tache

Une mouche sur mon nez. Il me faut loucher pour la voir. La voilà maintenant sur ma joue. J’aime le contact de ses petites pattes. Elle se demande peut-être si je suis bon, c’est-à-dire si je suis mort.

Roger Rudigoz
Le Fauteuil vert



mouche : minuscule memento mori

mercredi 30 août 2017

fais-moi un signe

Quoique en piteux état, Fat alla ouvrir lui-même lorsque le livreur de la pharmacie frappa à la porte. Il se retrouva nez à nez avec une jeune femme aux cheveux sombres qui lui tendit un petit sac noir contenant le Darvon N. Malgré sa souffrance extrême, Fat oublia les cachets car toute son attention se trouva retenue par le collier doré qui brillait sur la gorge de la fille. Il ne pouvait en détacher ses yeux. Ivre de douleur (et de penthotal), épuisé par l’épreuve qu’il venait de subir, il parvint néanmoins à demander à la fille ce que représentait le motif doré sur le devant du collier. C’était un profil de poisson. 
La fille toucha le poisson d’un doigt mince et dit : « C’est un symbole qu’utilisaient les premiers chrétiens. »

Philip K. Dick
Siva (La Trilogie divine, I)
traduit de l’américain par Robert Louit
(page 161)



samedi 26 août 2017

mardi 22 août 2017

X V I I I

C’est délicieux, cette fantaisie, ce droit de divaguer, broder, la légèreté, laissez-moi rêver. 
Aydée, Nassès, Zâdis, Zéphis, Almaïs, Modès, Arabie, Zadig, zéphyrs, turqueries et turcomanie.
Rococo, chinoiseries, jeux d’enfants.

Un peu de Crébillon, quelques phrases, un sofa rose et l’on se perd. Mazulhim, Zulica, Zéïnis, Phéléas. Pagode de Chanteloup, Tente tartare du Désert de Retz.

Voyez cette vogue dix-huitième des petits objets, tabatières, bonbonnières, fanfioles, miniatures, breloques ; ajoutez-y celle des contes de fées et des noms en z, Zaïre, Zéphyr, et ces Zélide et Ziziphile des Bijoux indiscrets ; ajoutez-y encore le zézaiement, une mode : on prononce zoli ou pizeon, Mme du Barry y excellait, c’était un charme de plus avec sa façon enfantine de rire du roi : La France, comme elle l’appelait, La France, ton café fout le camp. 
Encore ce petit zézaiement au guichet de la Conciergerie quand elle dictait la liste des objets enterrés à Louveciennes, les coupes en zaspe sanguin, la boîte en écaille avec un portrait de relizieuze et toutes ces petites chozes d’arzent cachées dans la granze avec les outils de zardinaze. 
Où ai-je lu cette histoire de zézaiement ? 
Et que Law se prononçait Las, Warens Ouaran, et Watteau Ouatteau ?

Marianne Alphant
Ces choses-là

(108-109 et 126, P.O.L, 2013)

jeudi 17 août 2017

en tiss(ip)ant



C’est bizarre mais, en termes de représentations, je perçois le monde comme tissé en permanence par une espèce d’araignée — d’ailleurs, je l’ai vue à l’œuvre, la tisserande, et j’ai vu le monde comme étant sa création. Le voile de Maya n’est-il pas, pour les brahmanes, tissé (par Kâli) ? Et il y a là-dedans du faux-semblant, du leurre (ou de l’illusion). Nous sommes pris dans la toile. Prisonnier d’elle, en ignorant complètement qu’elle est artificielle, fabriquée (et sans avoir conscience de la tisserande qui se meut furieusement — qui, en permanence, tisse et organise). Considérer l’ensemble (c.-à-d. le monde) comme authentiquement réel, ce serait comme tenir pour réels une image, une émission de télé et le contenu narratif associé. ça aussi c’est tramé — par un point en déplacement rapide et constant. Et ce que trame le point est fictif.

Philip K. Dick
L’Exégèse
traduit par Hélène Collon
Nouveaux Millénaire/J’ai lu, 2016
(vol. 1, p. 462-463, classeur n° 50 : janvier 1978)


samedi 12 août 2017

vendredi 28 juillet 2017

Je me le rappelle


Magazine littéraire, n° 133 (« Faulkner »)
février 1978 (p. 54, publicité quart de page)

dimanche 16 juillet 2017

élargissements


                                                     Juliette S.

Merci infiniment aux « lycéens de i-voix »
pour leurs quelque quatre-vingts détournements,
prolongations, prélèvements, appropriations
transformations.

(17 novembre 2016 - 18 juin 2017)



vendredi 14 juillet 2017

vendredi 7 juillet 2017

lundi 3 juillet 2017

théorie de l'évolution


Si le but ultime de l’homme avait été la recherche du bonheur, il se serait arrêté au poisson — voire avant.

jack barbeau

jeudi 29 juin 2017

poiscaille

Si les hommes avaient mis le bonheur au-dessus de tout, ils seraient restés poissons ou même moins.

Pierre Albert-Birot 

lundi 19 juin 2017

Broodthaers, Marcel


[…]
Il ne vient pas de rien, il a lu la poésie, il a vu la peinture, il a savouré la philosophie. Ses maîtres immédiats, ceux avec qui il dialogue, sont Marcel Duchamp et René Magritte, si différent qu’il puisse être d’eux pour finir ; son plus proche camarade est Joseph Beuys. Il est surtout lui-même, ni vraiment Pop, sauf en passant, ni totalement voué à la matière, si ce n’est en riant, ni franchement minimaliste, ou alors fugitivement, ni aveuglément conceptuel ni purement néo-Dada, ni délibérément Fluxus. Il est tout cela et beaucoup plus encore, il renvoie toute posture trop affichée à de la pacotille, il est un créateur d’espace, il a du reste rendu la poésie à l’espace, il est le visiteur le plus enivrant de la postmodernité. 
[…]
par Yves Peyré
En attendant Nadaud, n° 34



& ici
&

vendredi 16 juin 2017

b i b i s m e

nom masculin

« Le Bibisme était une sorte de Dada avant la lettre. Il affirmait le goût du baroque et du primitif. Il chérissait les arts sauvages et ces formes d’art populaire qui s’expriment par des fantaisies sur peluche, coffrets en coquillages, cartes postales à surprises, tableaux en timbres-poste, constructions en bouchons, etc. »
Les Nouvelles littéraires, Adrienne Monnier, 26 avril 1930


Raymonde Linossier

avocate, défenderesse des prostituées, orientaliste liée au groupe du musée Guimet, fonds Tibet, immense amie de Francis Poulenc — surnommée « la Violette noire » par Léon-Paul Fargue —, un temps dactylographe de certaines pages d’Ulysse,

est l’auteure, disparue à l’âge de 33 ans, du « plus court roman du monde», intitulé Bibi-la-Bibiste, publié en 1918 (édition originale limitée à 50 exemplaires numérotés sur simili Japon, Imprimerie Birault), soit trente lignes environ divisées en cinq chapitres, admiré par Ezra Pound qui le fit reproduire dans The Little Review.

Elle écrivait sous ce nom de plume : « les sœurs X ».


« Avec une fougue de jeune sauvage, elle approuvait le Manifeste Dada 1918. Boumboum, boumboum, boumboum. »
Adrienne Monnier, Rue de l’Odéon



mercredi 14 juin 2017

c r a c


Raymond Hains (1926-2005)
[de la série SEITA / SAFFA]

lundi 12 juin 2017

numéro seize



XVI

Brisée à coup de hache l’eau imprimée
À fleurs couvre maintenant les épaules les hanches
Comme l'image dans l'œil noué de
Reflets de casseroles mais ce n'est qu’
Elle-même se rafraîchissant le regard tandis que
Je me rince le néant contre un mur
Blanc ce phénomène s’examine en rêve sans
Laisser tomber de gouttes sur la moindre surface.


XVII

Divine exactitude : au cinéma plus près de celle
Qui s’éloigne en courbe en pleurs puis
Un petit grincement vulgaire comme nuée du matin
J'ai crié sans peine tel un chameau
Condamné à une ode perçant son cœur mort
Sablé d’amant en crachin jusqu’au soir
Cœur encore hanté par l’étroite crainte de
S’exposer sous des voûtes prêtes à gronder.





jeudi 8 juin 2017

mardi 6 juin 2017

Pommes frites


Amer
« revue finissante »
# septième service #
« Bouffe, gastrosophie littéraire »
MMXVI
352 pages
« revue finiséculaire ventrue rédigée à grands coups de fourchette en Palatinolinotype,
imprimée loin des baraques à frites et éditée par les Âmes d’Atala / copyleft »

[ quatrième de couverture ]


lundi 5 juin 2017

mercredi 31 mai 2017

rebetiko



XII

Je mangeais une banane sur la dune aux Outrages. Seul. 
J’avais pris mon paratonnerre préhistorique, trouvé
dans un surplus de l’Est.
C’était un temps où j’avais encore le regain nécessaire
pour me mouvoir en période de ponte.
Sur ma carapace on inscrit maintenant des graffitis.


***
Guillaume Decourt 
Le Cargo de Rébétika
LansKine, 2017
(56 pages, 12 €)
[p. 22]

jeudi 25 mai 2017

E. E. D.



« Jay Leyda nous indique que Dickinson avait marqué le passage suivant dans l’édition en huit volumes des Comédies, pièces historiques, tragédies et poèmes de William Shakespeare, établie par Charles Knight et que possédait sa famille :

Si l’homme que l’on vole n’a pas l’usage de l’objet dérobé,
Qu’il n’en sache rien, et on ne lui aura rien volé. 
Shakespeare, Othello, III, iii 

« Usant d’exagérations, d’abréviations, de distorsions, d’amplifications, de soustractions, d’énigmes, d’interrogations, de réécritures, elle tira des textes d’autres textes. »


Susan Howe
Mon Emily Dickinson
traduction et postface d’Antoine Cazé
(2017, 264 p., 22 € [p. 61])

mardi 23 mai 2017

lu mière



« J’ai lu chez Schopenhauer qu’on pouvait lire à s’en rendre idiot, comme on peut trop manger et s’empiffrer, on pourrait aussi trop lire et en perdre la capacité de penser par soi-même. J’ai peur qu’il ait raison. »

Entre guillemets et en italique, article du Monde des livres du vendredi 3 janvier 2014, p. 10, de Florence Noiville, envoyée spéciale à Berlin, « Je déteste les romans normaux », rencontre avec Matthias Zschokke, pour l’édition de Courriers de Berlin, de Matthias Zschokke, traduit de l’allemand (Suisse) par Isabelle Rüf, Zoé, 960 p., 25,90 €.

mardi 9 mai 2017

du sang des bêtes


Le Sang des bêtes

(Georges Franju, 1949 — photogramme)



dimanche 7 mai 2017

tao

Racine-du-ciel se promenait dans le domaine de la Grande-Lumière, parvint à l’eau profonde où elle rencontra Homme-sans-nom. Elle lui demanda :
« Comment peut-on gouverner les hommes ? »
— Va-t’en, ignorante ! répondit Homme-sans-nom. Ta question manque d’a-propos. Je contemple le secret de la création. Quand ma curiosité sera satisfaite, j’enfourcherai l’oiseau immense pour m’évader de l’Univers et errer librement au pays du néant et de l’infini. Comment veux-tu que je m’intéresse au gouvernement des hommes ?
Racine-du-ciel insista.
— Applique toi au détachement, répondit Homme-sans-nom. Concentre-toi dans le silence, conformément à la nature des êtres, sois sans égoïsme. Alors les hommes seront en paix.

Tchouang-tseu
Œuvres complètes, Gallimard/Unesco
« Folio essais », n° 556
traduit du chinois par Liou Kia-hway (p. 102)