mardi 23 mai 2017

lu mière



« J’ai lu chez Schopenhauer qu’on pouvait lire à s’en rendre idiot, comme on peut trop manger et s’empiffrer, on pourrait aussi trop lire et en perdre la capacité de penser par soi-même. J’ai peur qu’il ait raison. »

Entre guillemets et en italique, article du Monde des livres du vendredi 3 janvier 2014, p. 10, de Florence Noiville, envoyée spéciale à Berlin, « Je déteste les romans normaux », rencontre avec Matthias Zschokke, pour l’édition de Courriers de Berlin, de Matthias Zschokke, traduit de l’allemand (Suisse) par Isabelle Rüf, Zoé, 960 p., 25,90 €.

mardi 9 mai 2017

du sang des bêtes


Le Sang des bêtes

(Georges Franju, 1949 — photogramme)



dimanche 7 mai 2017

tao

Racine-du-ciel se promenait dans le domaine de la Grande-Lumière, parvint à l’eau profonde où elle rencontra Homme-sans-nom. Elle lui demanda :
« Comment peut-on gouverner les hommes ? »
— Va-t’en, ignorante ! répondit Homme-sans-nom. Ta question manque d’a-propos. Je contemple le secret de la création. Quand ma curiosité sera satisfaite, j’enfourcherai l’oiseau immense pour m’évader de l’Univers et errer librement au pays du néant et de l’infini. Comment veux-tu que je m’intéresse au gouvernement des hommes ?
Racine-du-ciel insista.
— Applique toi au détachement, répondit Homme-sans-nom. Concentre-toi dans le silence, conformément à la nature des êtres, sois sans égoïsme. Alors les hommes seront en paix.

Tchouang-tseu
Œuvres complètes, Gallimard/Unesco
« Folio essais », n° 556
traduit du chinois par Liou Kia-hway (p. 102)

jeudi 4 mai 2017

kabbale phonétique

le mercredi 3 mai 2017, à 20.59

à Jean-Claude Mattrat, je maile :


avec 

BARBAUT

j’écris

B.-a. ba : rut !

      *   *   *

le lendemain, à 8.44

« après une longue nuit de sommeil »

J.-Cl. M. me répond :


avec

BARBAUT

j’écris

A.T.U.A.R.B.B.

(— Ah t’es eu ! Aère, bébé !)


mardi 2 mai 2017

papivore


Napoléon, Abel Gance (photogrammes)
Jean d’Yd (Charles de La Bussière)

vendredi 21 avril 2017

pose



Malick Sidibé (Mali, 1936-2016)

jeudi 13 avril 2017

O



— Veut-on des chants nègres, des danses de houris ? Veut-on que je disparaisse, que je plonge à la recherche de l’anneau ? Veut-on ?

Une saison en enfer
« Nuit de l’enfer »



mardi 4 avril 2017

Cet « Entre » sera mon antre



Entre

Un rêve dans lequel il est non seulement légitime mais crucial de ne pas confondre (blanc) et « blanc »,
écrit Jean Frémon dans « De l’usage des guillemets et parenthèses », recueilli dans Gloire des formes (2005).

Je m’en aperçois aussitôt : Il n’y a aucun usage, emploi ou apparition des guillemets et des parenthèses dans Entre, de Philippe Jaffeux.

Pour la première fois très explicitement je pense :
« Voici une œuvre tout entière écrite sans la moindre évocation, profération, caution, exergue, chapeau, abri — nulle citation — d’un nom propre quelconque. »

Avec — de plus, mais ce plus qui serait un « moins » — un vocabulaire (ou stock de mots « élémentaires ») et une syntaxe limités mais incessamment, infiniment, combinés, rebattus, distribués

et

Du livre écrit à deux mains, signé André Breton et Paul Eluard, L’Immaculée Conception, élaboré en quinze jours en août 1930, au 42 de la rue Fontaine, « objet littéraire non identifié, fascinant et énigmatique », dont la phrase d’exergue est :

Prenons le Boulevard Bonne-Nouvelle et montrons-le.

Il s’agit du premier paragraphe du chapitre intitulé « Le jugement originel » :

Ne lis pas. Regarde les figures blanches que dessinent les intervalles séparant les mots de plusieurs lignes des livres et inspire-t’en.


— Inspire-t’en.

Je lis, puisque je dois entrer au hasart

Ton imagination est touchée par les états d’une solitude disproportionnée
L’alphabet incorpore le caractère d’une recherche qui façonne notre combat
[…]

Et cætera, etc.

******

Entre, Philippe Jaffeux
LansKine, 2017 (72 p., 12 €)

*******




jeudi 30 mars 2017

...



Ehen, hen, hen. Mna dies, Monsieur, mna dies. […] Hen, hen, hasch. […] Ha, ha ! Il n’a paire de chausses qui veut. […] Hen, hen, ehen, hasch. Cza, je vous prouve que me les doivez bailler. […] Parisius habet clochas. Ergo gluc. Ha, ha, ha ! C’est parlé cela ! […] Hen, hasch, ehasch, grenhenhasch ! […] Jusques à ce que nous les ayez rendues, nous ne cesserons de crier après vous comme un aveugle qui a perdu son bâton, de braisler comme un âne sans croupière, et de bramer comme une vache sans cymbales.

« La harangue de Maistre Janotus de Bragmardo faite à Gargantua pour recouvrer les cloches. » 
Chapitre XVIII.

La Vie inestimable du grand Gargantua, père de Pantagruel 
M. D. XXXV.
On les vend à Lyon, chés François Juste, devant Nostre Dame de Confort

jeudi 23 mars 2017

V


Eugène Atget
Rue de l’Echaudé / rue de Seine, Paris


Berenice Abbott
Flatiron Building, New York, 1938

*   *   *

« En 1928, Berenice Abbott, photographe américaine, achète, par l’intermédiaire d’André Calmettes, chargé de régler la succession d’Eugène Atget, quelque 1 500 négatifs et 10 000 tirages regroupés dans des albums qui restaient dans son atelier, et les emporte à New York ; elle a consacreé quarante années à faire connaître cette œuvre qui exerça une grande influence sur des photographes américains comme Walker Evans et Lee Friedlander. En 1968, elle vend sa collection au Museum of Modern Art de New York. »


lundi 20 mars 2017

Eugène Atget (1857-1927)

(plus ou moins sépia)



« Intérieurs parisiens au début du XXsiècle, artistiques, pittoresques et bourgeois
Documents pour artistes
Paris d’autrefois
… la belle architecture du XVIe au XIXe siècle : les vieux hôtels,
maisons historiques ou curieuses, les belles façades,
belles portes, belles boiseries, les heurtoirs,
les vieilles fontaines,
les escaliers de style... »


mercredi 15 mars 2017

dimanche 12 mars 2017

Noir Brea


« Si la nuit devient noire, fais-toi plus noir encore. »
Proverbe kurde

Récit d’un avocat, de l’impeccable Antoine Brea
Seuil, « Cadre noir », 2017, 112 p.

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Nyctalopes : Vous n’êtes pas un débutant et vous avez déjà plusieurs fois écrit sous diverses formes depuis vos débuts en 2000, allez-vous persévérer dans une veine noire ?

A.B. : Résolument oui. La situation générale n’étant pas brillante, il me paraît pour le moment difficile d’écrire sous d’autres couleurs, quelle que soit la forme exacte adoptée.

vendredi 10 mars 2017

0. 1.


« On a souvent accusé cette théologie [celle de Hegel] d’être panthéiste et on l’a aussi accusée d’être le contraire, de laisser croire que l’homme était Dieu. À tort. Le rationalisme n’exclut pas l’abscondité, le panthéisme n’exclut pas la subjectivation,  ni même la subjectivité de la substance, sa personnalité. Dieu est tout cela. Le Système désigne tout cela. Aussi bien, on peut même le prier, on peut le craindre et on peut le louer. Car prier Dieu, c’est programmer le Système ; la justice de Dieu, c’est l’immanence du Code ; et la consolation de Dieu, c’est le triomphe sur la mort. » 

Marc Alizart, Informatique céleste
P.U.F., « Perspective critique », 2017 (208 p., 19 €)
(p. 181)

mardi 7 mars 2017

« choucas » en tchèque



« Chez lui, dont le père si redouté a placé le nom sous l’emblème du choucas, le singe,  les chevaux, les souris, les rats, les chiens, le monstrueux insecte, la taupe géante, les chacals, serpents, léopards, la cigogne, le moineau, la martre bleu-vert, le dragon vert, l’espèce de kangourou à la longue queue de renard, l’agneau-chaton et la bobine, ne sont eux aussi que littérature. »

page 25

in Kafka, Sade, Lautréamont — rêve déchiré, de Jean-Claude Lebensztejn

samedi 4 mars 2017

88


Averty Ubu / Google Images

mercredi 1 mars 2017

aqua bon ?


(photo d’Edouard Levé)

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Quelques jours avant ses trente ans, ce 24 février, le photographe chinois Ren Hang, qui, à lui tout seul, a réinventé l’art du « nu », rien que ça, s’est suicidé par « défenestration ».




Ici même, j’avais totalement oublié, occulté, cette « publication », le 27 juillet 2015...

mardi 28 février 2017

en Harmonie


C’est au chapitre « Les compotes » (les composites compotes, le mixte du sucre et des fruits, du solide et du liquide) de la section Fourier du livre Sade Fourier Loyola, de Roland Barthes, quand celui-ci déplie l’un des rêves fouriéristes : 

« L’Harmonie sera sucrée. Pourquoi ? Pour plusieurs raisons, construites en surdétermination (indice probable d’un fantasme). D’abord parce que le sucre est un contre-pain ; puisque le pain est un objet mythique de la Civilisation, symbole de travail et d’amertume, emblème du Besoin, l’Harmonie renversera l’usage du pain et en fera le chiffre du Désir ; le pain deviendra aliment de haut luxe (« l’un des comestibles les plus coûteux et les plus épargnés ») ; en contrepartie, le sucre deviendra l’aliment courant, le sucre deviendra le blé. Ensuite, parce que le sucre, ainsi promu, allié au fruit sous forme de compote, formera le Pain d’Harmonie, base de nourriture chez les peuples devenus riches et heureux. »


Pourquoi ?
… parce que… puisque… parce que… base de...

samedi 18 février 2017

n i H i l


© Honoré / Camus

Magazine littéraire, n° 279, juillet-août 1990, « Le nihilisme », p. 26

lundi 13 février 2017

Hah... Wooh...

Le fait le plus remarquable est l’existence d’un verbe « ne pas être » : Wooh, différent du verbe « être » : Hah (je me permets de rappeler ici que dans le n° 1 des Subsidia Pataphysica, j’ai proposé d’adjoindre au lexique français des mots négatifs formés par la préfixation de la lettre n dans le cas d’un vocable commençant par une voyelle ; ainsi « nêtre » pour « ne pas être ». Hamlet dirait : « Être ou nêtre, voilà la question », ou encore : Hah… Wooh… ; mais Lewis Carroll ne donne pas les équivalents de « voilà » et « question » en langage chien).




De quelques langages animaux imaginaires et notamment du langage chien dans « Sylvie et Bruno »
Raymond Queneau 
L’Envers / L’Herne (1971, 32 pages)

[p. 12-13]

jeudi 9 février 2017

33


Autobiogre d’A.M.75, précédé de Hervé et suivi de
Hachette / POL
collection dirigée par Paul Otchakovsky-Laurens
1980, 120 p.



samedi 4 février 2017

mercredi 25 janvier 2017

Diptères



De tous les enculeurs de mouches,
celui-là était un tireur d’élytres.


Un jugement de Belzébuth

MMXVI, 8 p., couverture rempliée (15 ex.)



vendredi 20 janvier 2017

[ fanilibarbo ]

sur ://i-voix.net/

pour ta lecture de H ! Hasch ! Hache !

ici :   http://i-voix.net/2016/12/fanny-lit-barbaut.html

Fanny, je te dis : Merci ! trois fois

je te délivre un 19/20

>>> merci aussi à toutes et à tous




jeudi 19 janvier 2017

incipit

Фo

11. 8. 75     Il faut bien vivre, alors je vais bientôt écrire un nouveau graphe, pacifique, retour à Aristofantasme quand on aiguise les couteaux les saucisses, la mortadelle au cœur architectural de ces vieilles maisons vieilles rues d’Athènes vivre dans sa poussière les nuées
_________________________________
Ô mes amis, songez à l’ancienne manière de vivre, aux figues sèches, aux figues fraîches, à ces myrrhes, au mou flatteur, à la puissance des violettes près de la source sauvage, les oliviers de craie et de lune.
La Paix, I, 10 
_________________________________

Phanées les nuées se nommera ce livre 
On y retrouvera le Prométhée que je n’arrive pas à finir, la guerre d’Espagne (qui me demeure si étrange, Souvenir d’enfance peut-être), ma lecture du monde jour après jour, période et grandes périodes, — emboîtements, échelles de temps, …

__________________________
Hachette P.O.L, 1981, 312 pages
(page 9)


Hubert Lucot
(1935 - 18 janvier 2017)

mardi 17 janvier 2017

Princesse Anthracite

   Si je crois que l’excitation sexuelle est un « état second », analogue à celui dans lequel le cannabis plonge la brigade des stupéfiants, je crois également que la beauté de l’Africaine aux Yeux Noirs comme l’Espace, aux Sourcils noirs comme des Plumes de Geai, aux Cheveux noirs comme des Flammes
   est un phénomène hallucinatoire, une « ruse de la Nature », le subterfuge dont se sert l’Espèce pour se perpétuer.
   Sans en avoir pleinement conscience, je prive de sa valeur le concept de la beauté, de la sienne le concept de l’amour : chose plus lugubre encore, si possible, je me figure que je suis lucide uniquement lorsque je ne suis pas excité, ce qui veut dire que je qualifie de « pathologique » l’inspiration, l’extase et tous les états de conscience analogues.
   J’en conclus que seul est normal l’état dans lequel me place le fisc quand il m’envoie une lettre comminatoire, que la femme à qui l’orgasme révèle le sens de la vie est gravement névrosée et que la Lumière vermeille est une invention de mon excessivement primitive mentalité.
   Selon la Négresse, il va sans dire que l’excitation, l’inspiration, l’extase et les états analogues représentent l’Anorme dont l’état ordinaire est la Norme. Autrement dit, ils représentent la minorité qui, dans un régime démocratique, possède le droit de juger la majorité, de la réprouver ou de l’approuver.

Charles Duits
La Seule Femme vraiment noire (p. 254)
(avec une préface de Juste Duits, éditions éoliennes, Bastia,
400 pages, 2016, 400 exemplaires)



jeudi 12 janvier 2017

trépied

Il vaut mieux ne pas confondre
Pierre Molinier
(1900 Agen-1976 Bordeaux)


avec
Carlo Mollino
(1905 Turin-1973 Turin)


vendredi 6 janvier 2017

archives sonores


« Le Coup de cœur », d'Anthony Bellanger :

H ! Hache ! Hasch ! de Jacques Barbaut


France Inter, mardi 21 juin 2016 (durée : 3 min 25)