jeudi 9 octobre 2014

vendredi 3 octobre 2014

J.-J. P.


Libération, « Livres », jeudi 6 décembre 1990

Ailleurs

dimanche 21 septembre 2014

Ne disons jamais... Disons toujours...


Joseph Poitevin
Parlons français et Ecrivons en français
Petit manuel familier de la correction du langage
(Albin Michel, 1929)

dimanche 14 septembre 2014

samedi 13 septembre 2014

mercredi 10 septembre 2014

fêtes & rubans


Ce n’est pas seulement cette énorme erreur de perspective (ou le refoulement inconscient, ou la décision prise d’effacer de sa vision une perspective qu’il rejetait) qui rendit Fourier inapplicable. Une anxieuse volonté d’explorer dans sa totalité l’univers envahit ses œuvres confuses, à la structure labyrinthique, dont les subdivisions complexes donnent naissance à une concrétion proliférante de préfaces, d’intermèdes et de conclusions, définis par une terminologie d’une inépuisable richesse, telle que : Prolégomènes, Préambule, Intermède, Cislégomènes, Extraduction, Arrière-Propos, sans compter les divers Antienne, Cis-Médiante, Trans-Médiante, Intrapause, Cis-Lude, Ulter-pause, Ultralogue, Ultienne, Postienne, Postambule, etc. A cela s’ajoutent répertoires et tableaux synoptiques disposés suivant une numérotation particulière, où les chiffres alternent avec des signes graphiques spéciaux destinés à indiquer le pivot ou centre de la Série (d’où partent les deux ailes et les deux ailerons, ascendants et descendants) et l’ambigu, ou point de transition entre deux Séries, disposition qui peut même correspondre à une échelle musicale, avec ses accords en majeur et mineur. Or ces bizarreries formelles sont en parfaite cohérence avec le flux des raisonnements qui déborde en tous sens, parmi les renvois continuels à une œuvre future où les choses fondamentales seraient enfin dites.
Qu’est-ce qui distingue donc cette œuvre des innombrables paperasses de graphomanes fous, fondateurs de systèmes universels qui continuent à s’entasser dans les bureaux des éditeurs et des revues, de ces œuvres de philosophes incompris et cosmologues du dimanche que Raymond Queneau (grand lecteur de Fourier, d’ailleurs) s’était proposé, dans sa jeunesse, de recenser en dépouillant les catalogues de la Bibliothèque nationale ?
Plus encore que la vision d’une société vouée aux fêtes et aux cortèges, aux costumes ornés de plumes et de rubans, se défiant dans des guerres gastronomiques et galantes, domestiquant les zèbres et les autruches, ce sont les prophéties cosmologiques qui ont chez Fourier excité les railleurs : l’aurore boréale devenue perpétuelle et adoucissant le climat de toute la planète ; la mer acquérant un goût de limonade ; la lune, détruite depuis longtemps par les miasmes terrestres, remplacée par cinq lunes plus petites ; des animaux utiles à l’homme – l’anti-lion, l’anti-baleine, l’anti-crocodile – prenant la place des plus épouvantables bêtes sauvages.

Italo Calvino
La Machine Littérature (Seuil, 1984)
« Pour Fourier » (p. 171 à 208)

lundi 1 septembre 2014

Amer #6


septembre 2014

MONSTRE VEGETAL
écologie de l’imaginaire

VI / passe-moi par-dessus tous les bords 
(dos)

Il faut que tout meure ou que tout change.
On est à l’automne du monde. La végétation des âmes est interrompue et l’hiver approche avec toutes les épouvantes.

vivant en guerre
mort en paix
(quatrième)

Sixième floraison

truffée

d’horrifiantes glaçantes photographies de gueules cassées — ou serait-ce l’effet de la Syphilis ? fleur malade et vénéneuse — pour saborder le centenaire de la Première Boucherie mondiale (première fois qu’un conflit touche le monde en son entier — mais nous ferons mieux), où les bouches sont des trous informes ;
d’un cahier de vingt-trois photographies — Ni fleurs ni couronnes, tatouages & scarifications — en couleur (tendance rouge), autoportraits  risqués de Marie L. ;
d’un extrait de la lettre (« une œuvre sans censure, crue, brute et monstrueuse ») publiée par les éditions de la Contre-Allée de la Tchèque Jana Cerna à Egon Bondy, intitulée Pas dans le cul ce soir (qui mérite beaucoup mieux que son titre) ; 

un acte de sauvagerie tendre qui s’accompagne de (très) longs entretiens (avec Benjamin Hennot, Anna d’Annunzio et Lilith Jaywalker) ;

soit trois cent vingt pages, je cite, « sous la pression des gaz qui se forment à l’intérieur du cadavre »... 

vendredi 22 août 2014

32


Tristan Félix : Comment les dentellières en arrivent-elles à perdre leurs dents ?
Philippe Jaffeux : L’hypothèse la plus probable est que nos dents deviendraient inutiles lorsque nous en découpons d’autres dans du tissu. II est aussi possible que l’apparition des pernicieux métiers à tisser à 32 fuseaux ainsi que celle des dentelles à 32 points a eu un effet défavorable sur la dentition des dentellières. Notre destin est imaginé par des nombres qui sont les seuls à pouvoir maîtriser le cours du temps. Si 32 est le chiffre du jeu (cartes, pièces d’un échiquier et celles d’un ballon de football), ce nombre représente aussi la moitié des hexagrammes du Yi-King. A ce propos, des surfaces textiles composées de vides et de pleins ont peut-être pu avoir une incidence sur la cavité buccale des dentellières. En attendant, nos paroles sont cousues à des nombres divins afin d’aiguiller la trame d’un alphabet précis.

mardi 19 août 2014

NaCl


 — incipit, é.o. 1955 [p. 11] —

mercredi 13 août 2014

le Jeu des 7 différences

I
Le premier est de la peinture
le second, de la photographie

II
Le premier est en couleurs
Le second, en noir et blanc.

III
Le premier mesure 98 cm sur 1 m 60
Je suppose la seconde prise en 24 x 36 (mm)

IV
Le premier, hurluberlu à moustaches et esbroufe,
ne coûtait qu'une pièce de 10 F
Le second aimait à prendre les femmes nues étendues
sur une dune de sable

V
1 : quasi aérien
2 : aquatique

VI
Un titre baroque, une abstraction pour mon premier
L’épure de la simple nature pour mon second

VII
— Quelle est la septième ?

dimanche 10 août 2014

la rencontre fortuite sur une table de dissection


Le prince Charles épouse la duchesse de Bourgogne 
Georges Mathieu (1957)


Marais, Camargue
Lucien Clergue (1971)

lundi 28 juillet 2014

SALAMANDRES, NOS FRERES


page 249, in



La Guerre des salamandres (1935), de Karel Čapek (1890-1938), traduit du tchèque par Claudia Ancelot, roman mêlant la fantaisie la plus débridée, le roman d’anticipation, l’essai de cryptozoologie, la fable la plus cruelle – à classer entre l’Amérique et 1984 –, dans un style – un brio – qu’agrémentent les nombreuses tentatives de restitutions typographiques (lettres, contrats, affiches, articles de presse, plaques en émail…) que proposent magnifiquement les éditions
C
am
bou
rakis
____________________
384 pages, 2012 (11 euros)


mardi 22 juillet 2014

mardi 1 juillet 2014

capitales (quatre)



On ne doit pas mettre de capitale sur le mot « capitale » dans la phrase : « Paris est la capitale de la France. »



vendredi 20 juin 2014

du propre


caravagesque hugolâtre
marivaudesque roussellâtre
moliéresque beylâtre
chaplinesque jaclacanâtre

homérique confucéen
saphique freudien
maoïste flaubertien
michelangélesque derridéen

camusien rousseauiste
sartrien dantesque
barthésien ubuesque
pingetien kafkaïen

sadien mozartien 
sadique borgésien
masochiste joycien
bonapartiste napoléonien

rimbaldesque pongien
rimbaldien rabelaisien
gaulliste malrucien
gaullien balzacien

chrétien christique
shakespearien robespierriste
hégélien nietzschéen
machiavélique mallarméen

samedi 14 juin 2014

Rien ne se crée...

[…]

bref blanqui était en septembre 1871 le seul locataire du fort du taureau on lui avait signifié qu’il lui était interdit de regarder la mer et les sentinelles avaient ordre de tirer dans les fenêtres de son cachot s’il s’approchait des barreaux […] c’est au fort du taureau qu’il a écrit à soixante-six ans L’Éternité par les astres qui exerça sur walter benjamin comme une fascination et dont j’extrais ceci 

[…]

Voici néanmoins un grand défaut : il n’y a pas de progrès. Hélas ! non, ce sont des rééditions vulgaires, des redites. Tels les exemplaires des mondes passés, tels ceux des mondes futurs. Seul le chapitre des bifurcations reste ouvert à l’espérance.


 Seul le chapitre des bifurcations reste ouvert à l’espérance.

[…]


in (p. 278-279)
Comme un fracas. Une chronique.
Jacques-Henri Michot

Al Dante, 2009

vendredi 13 juin 2014

dimanche 8 juin 2014

In vivo


1960. Chronique d’une année exemplaire



vendredi 6 juin 2014

contes fantastiques


Charles de Sivry, les Mauvais Sous
précédé de « Un être très nuisible », présentation de Ian Geay
juin 2014, couverture à rabat, 144 p.


mercredi 21 mai 2014

le Chevalier des Touches


Je ne tiens pas beaucoup […] à la plaisanterie sur mon nom « crotté comme un barbet », d’autant que cette plaisanterie est à côté : Je suis barbey (poisson) et non barbet (chien). Je porte d’azur à deux barbeaux ou barbeys (en patois normand), écaillés d’argent (armes parlantes).

 Jules Barbey d’Aurevilly



lundi 12 mai 2014

14-18

commémoration

Bien sûr celle de l’an quarante ne m’a pas tout à fait déçu
Elle fut longue et massacrante et je ne crache pas dessus
Mais à mon sens elle ne vaut guère, guère plus qu’un premier accessit

Moi mon colon celle que je préfère, c’est la guerre de quatorze dix-huit !


Moi mon colon celle que je préfère, c’est la guerre de quatorze dix-huit !

Georges Brassens
(in Les Trompettes de la renommée, 1962)

samedi 10 mai 2014

lundi 5 mai 2014

plaquette

— de pharmacie


(2 x 10)

— ou de poésie






samedi 26 avril 2014

Érik Satyre (non pas jactati)



Mon o(n)cle


• L’Enfance de Ko-quo (recommandations maternelles)
— 1. Ne bois pas ton chocolat avec les doigts.
• L’Enfance de Ko-quo (recommandations maternelles)
— 2. Ne souffle pas dans tes oreilles.
• L’Enfance de Ko-quo (recommandations maternelles)
— 3. Ne mets pas ta tête sous ton bras.

*   *   * 

« Se mettre à plat ventre, c’est bien. Toutefois cette position est incommode pour lécher la main de celui qui vous donne des coups de pied dans le derrière. »
É. Satie


cOcO sOurce (16 avril 2014) & —mmentaire

vendredi 25 avril 2014

stendhalien



Le Rouge



Si j’emploie la formule :

« le mot “amour ” a fait couler beaucoup d’encre »,

je n’en oublie pas pour autant cette autre :

« le mot “ couteau ” n’a jamais fait couler la moindre goutte de    
       sang ».



& le Noir

vendredi 18 avril 2014

Tu perdras le sommeil au fur que tu perdras la vue...


3e trimestre 1966, 168 p.



1er trimestre 1976, 192 p.
(avec une préface de Philippe Sollers et une postface, « Braille-art »,  de Jean-Noël Vuarnet)



janvier 1997, 172 p.
(édition en sept couleurs)

vendredi 11 avril 2014

vendredi 4 avril 2014

aux bains (de mer)


« Là, en faisant saler l’eau de sa baignoire et en y mêlant, suivant la formule du Codex, du sulfate de soude, de l’hydrochlorate de magnésie et de chaux ; en tirant d’une boîte soigneusement fermée par un pas de vis, une pelote de ficelle ou un tout petit morceau de câble qu’on est allé exprès chercher dans l’une de ces grandes corderies dont les vastes magasins et les sous-sols soufflent des odeurs de marée et de port ; en aspirant ces parfums que doit conserver encore cette ficelle ou ce bout de câble ; en consultant une exacte photographie du casino et en lisant ardemment le guide Joanne décrivant les beautés de la plage où l’on veut être ; en se laissant enfin bercer par les vagues que soulève, dans la baignoire, le remous des bateaux-mouches rasant le ponton des bains ; en écoutant enfin les plaintes du vent engouffré sous les arches et le bruit sourd des omnibus roulant, à deux pas, au-dessus de vous, sur le pont Royal, l’illusion de la mer est indéniable, impérieuse, sûre.
« Le tout est de savoir s’y prendre, de savoir concentrer son esprit sur un seul point, de savoir s’abstraire suffisamment pour amener l’hallucination et pouvoir substituer le rêve de la réalité à la réalité même.
« Au reste, l’artifice paraissait à des Esseintes la marque distinctive du génie de l’homme. »

J.-K. Huysmans
À rebours

samedi 29 mars 2014

orientation bibliographique


Pour vous préparer sereinement à l’épreuve tant redoutée de la dic-té-eu, vous lirez — ou consulterez — toujours avec profit :

— l’Abrégé du Code typographique à l’usage de la presse ;
— Accents et autres signes diacritiques : pour un usage raisonnée ;
— Accords parfaits ;
— « L’acquisition des finales homophones en -er/-é/-ais… à l’école élémentaire et au collège, entre phonographie et morphographie » ;
— Approches didactiques contrastées et compétences orthographiques ;
— le Bref… (ou « Abrégé des règles typographiques en usage au département lecture-correction Larousse ») ;
— Caractères, polices : l’Œil de la lettre ;
— C’est ma très grande « pheautteux » ! ;
— « Cirier, Brisset, Dubuffet, Queneau… : quelques ortho-grapheurs aberrants » ;
— la Clarté française : ses principes illustrés à la lumière de nombreux exemples, suivi d’une Table des solécismes les plus fréquents accompagnés de leurs solutions ;
— « Le classement alphabétique des listes de titres. Une approche rationnelle et originale » ;
— De la norme : qui décide ? De l’Académie à la rue ;
— De la phantaizy dans la grafy ;
— « De la règle des capitales et du bon usage de l’italique dans le traitement typographique des titres » ;
— Des particularités maison en usage à l’Imprimerie nationale ;
— Des tolérances orthographiques ;
— le DHOF (pour Dictionnaire historique de l’ortho-graphe française) ;
 le Dictionnaire des pièges, des difficultés et des plus ou moins heureuses subtilités de la langue française ;
— Dis-moi comment tu orthographies, je te dirai qui tu es ;
— « “Emplois critiqués” et “emplois critiquables” : des contradictions entre les différents dictionnaires d’usage courant » ;
— la Grammaire des fautes ;
— la Grammaire telle que l’on tenta de me l’expliquer, & Celle que vous comprendrez ;
— le Grand — ou, à défaut, le Petit — Robert ;
— Initiation à la préparation de copie et à la correction des épreuves ;
— l’Instruction pour diviser les mots à la fin des lignes à l’usage des dyslexiques se destinant à la composition typo-graphique ;
— Liaisons & Élisions
           le Littré (& le Fontanier) ;
— Manuel de morphologie du français ;
— Objectif : zéro faute ;
   « Orthographe d’usage ou orthographe des règles ? » ;
Orthotypographia. Traité nécessaire pour ceux qui vont corriger des livres imprimés & Conseils à ceux qui vont les publier ;
— Pataquès et Chausse-tra(p)pes ;
— le PLi (Petit Larousse illustré) ;
— Phonétique et phonologie : une distinction ;
— les « Rapports sur les rectifications de l’orthographe française — quelques recommandations » ;
— « La réalisation de l’accord du participe passé employé avec l’auxiliaire avoir. De l’influence de quelques variables linguistiques et sociales » ;
— le Roman de l’orthographe. Au paradis des mots avant la faute (1150-1694) ;
— le « Thomas », évidemment ;
— Toute l’orthographe pratique (TOP) ;
— le Tut (ou le Traité des usages typographiques) ;
— Un correcteur fou à l’Imprimerie royale ;
— Un point, c’est tout ! La ponctuation expressive ;
— Vive l’aurtograf ! ;
— la Vraie Horthographe rendue phacylle ;

… ainsi que les comptes rendus et annales des diverses commissions officielles de lexicographie et de lexicologie françaises.

jeudi 20 mars 2014

revue


Miss Baker semble être venue aux Folies Bergère après avoir participé à un spectacle nègre qui avait déclenché une tempête à Paris. Quand les girls y étaient apparues « telles que » et avaient « secoué la chose », les bons Parisiens (qui plus que tout peuple sur terre peuvent se montrer respectables) objectèrent, et si fortement, que les girls furent obligées de revêtir une respectable semi-nudité. C’est du moins ce qu’on raconte. Toujours est-il que Miss Baker s’échappa aux Folies Bergère. Et là, votre humble serviteur peut en témoigner, il n’est rien qui soit le moins du monde respectable, semi-nu, ou autrement insatisfaisant dans la tenue de Miss Baker — qui consiste en quelques bananes et nul autre bijou. Bref, les Folies Bergère ont permis à Joséphine Baker d’apparaître — pour la première fois sur scène — telle qu’elle est.
[…] Aux Folies Bergère, la revue fait usage d’idées, odeurs, couleurs, Irving Berlin, nus, tactilités, escaliers escamotables, trois dimensions, feux d’artifice, pour intensifier Mlle Joséphine Baker.

E. E. Cummings, « VIVE LA FOLIE ! », Vanity Fair, sept. 1926
in Paris, Seghers, « Poésie d’abord », éd. bilingue, traduit et présenté par Jacques Demarcq, 2014, 160 p.


dimanche 9 mars 2014

« Ça demande un minimum d’assemblage. »



Lire une phrase après l’autre — chacune séparée de la suivante par deux lignes de blanc —, lire une phrase sur deux, lire une phrase sur trois… entendre 5 sur 5, revenir de huit pas en arrière… enjamber sept pages… enchaîner chaque avant-dernier fragment de page…

« Y’a de la reverb’ » — calculée ou pas, redoutée ou recherchée —, comme on le dit dans le domaine du son, de l’acoustique (repérez-vous aux oreilles, en chair et en corne, ou en creux), voire celui de la musique — soit des échos, ondes, reflets, bonds et rebonds, appels et rappels (marabouts’de ficelle), des correspondances, des dérivations, des accrocs.

Suivre ou non les consignes, les conseils ; détecter les mises en garde et les mises en boîte (« exercice du CE1 : entoure les verbes dans un encadré ») et en abyme.

Prouver s’il en était besoin qu’une phrase simple au sens grammatical (« une phrase simple ne contient qu’un seul verbe conjugué » — aussitôt : quand et pourquoi un verbe est-il considéré comme conjugué ? venant à l’esprit) peut s’avérer éminemment complexe.

Bref, inventez vous-même votre parcours, faites vous-même votre expérience, aventurez-vous (« c’est pour mieux sauter mon enfant »)…


Tissage est l’une des mamelles. (p. 27)

Au commencement est le verbe. (29)

Se succèdent à un rythme. (31)

Le décalage est la seconde mamelle. (34)

Combien y en a-t-il au total ? (35)

Le verbe est au commencement. (49)

Certaines phrases passent plus difficilement. (70)

Par conséquent, il est primordial d’apprécier les intervalles. (73)

Entre deux lignes serait une façon de dire. (103)


Livre exigeant. Exigeant quoi ? Votre libre lecture — propre, instable, improvisée, accidentée, déstabilisante, originale ; toutes qualités issues de quel free jazz ?…

« Écrire [et lire, par la même occas’], semble nous dire Bruno Fern, consiste à briser les pléonasmes qui nous aliènent, à contrarier les liaisons convenues qui nous piègent, à permettre à notre pensée, enfin, de ne jamais, plus jamais s’arrêter », proposa il y a peu (sitaudis) Alain Frontier…

______________________
rencontre avec Bruno Fern
pour la publication de reverbs (phrases simples)
[Nous, 2004, 144 p., 14 €]
ce jeudi 13 mars à 19h30
librairie Texture — 94, avenue Jean-Jaurès, à Paris, XIXe arr.