jeudi 2 juin 2011


Le correcteur n’est en général pas assoiffé d’argent ni de renommée, tout au contraire. Il veut tout au plus qu’on note de temps en temps qu’il existe. Son plaisir est d’être dans la coulisse, d’observer, il déteste le plein jour et la lumière brutale. Il est à la manière de Céline un  « raffiné », qui trouve trop dur l’éclat des plages en été et trop vulgaire le troupeau des caméras. « Voir sans être vu », « entendre sans être entendu », c’est non seulement le propre du grand général selon Sun Tsé, mais aussi celui du correcteur. Il a trop de respect pour la littérature pour écrire des livres. S’il en commet, ils sont courts et rares. […]

in Souvenirs de la maison des mots (anonyme)
Éditions 13 bis, 2011, 112 p., 10 €.



L’auteur, anonyme, correcteur d’édition, a chassé depuis deux décennies pour Galligrasseuil et leurs « scripteurs » (M. Hirsch, Fr. Weyergans, M. Onfray, B. Kouchner et autres BHL), ou leurs nègres, bourdes, galimatias, à-peu-près, anachronismes,  hénaurmités sans pareille — un travail dit de « débotulisation * » —, et la relation qu’il en donne provoque (selon le point de vue que l’on adopte) franche hilarité ou morne consternation.

du nom du philosophe fictif Jean-Baptiste Botul.

9 commentaires:

BF a dit…

Traquer le galimatias de M. Onfray, B. Kouchner et autres BHL ? Il ne risque pas de se retrouver au chômage !

antoine brea a dit…

Il ne m'a pas l'air très anonyme cet anonyme !

BF a dit…

C'est un anonyme connu.

ArD a dit…

De qui s'agirait-il ?

ArD a dit…

On ne m'a pas répondu. Et en plus, mon libraire ne trouve pas ces éditions 13 bis pour commander ce livre.
La vie est dure.

Monsieuye Am Lepiq a dit…

ArD :

1/ Comment vous répondre (mieux) puisque l'auteur a décidé (d'être/de rester) Anonyme ? çA ns AgAce ?

2/ En mai de cette année, une librairie sise entre le Flore & les Deux Magots les présentait en pile, ces Souvenirs...

3/ Voir, par le blog républicain du biographe de Marcel Dassaut, de Gaston Gallimard, de Simenon, d'Hergé, à la date du 19 mai 2011, le post intitulé « Supplique d’un auteur débordé par ses lecteurs même ».

ArD a dit…

Oui, çA doit m'AgAcer probablement, mais ce n'est pas désagréable.

Bizarres, ces piles d'un côté et leurs fantômes de l'autre.

Merci pour le filon républicain.

George WF Weaver a dit…

Sans craindre de déflorer un secret bien gardé, je puis juste assurer que les deux premières lettres du prénom de l'auteur sont précisément celles du mot à qui cet ouvrage est attribué.

Je ne tombe qu'aujourd'hui sur ce billet, mais ArD, pourquoi ne pas m'avoir demandé ? Moi aussi, j'en ai des piles...

Anonyme a dit…

Ah oui, je sais, il s'agit du regretté André Trillaud !