mardi 26 avril 2016

Doppelgänger

 Je m’étais toujours senti de l’aversion pour mon malheureux nom de famille, si inélégant, et pour mon prénom, si trivial, sinon tout à fait plébéien. Ces syllabes étaient un poison pour mes oreilles ; et quand, le jour même de mon arrivée, un second William Wilson se présenta dans l’école, je lui en voulus de porter ce nom, et je me dégoûtai doublement du nom parce qu’un étranger le portait, — un étranger qui serait cause que je l’entendrais prononcer deux fois plus souvent, — qui serait constamment en ma présence, et dont les affaires, dans le train-train ordinaire des choses de collège, seraient souvent et inévitablement, en raison de cette détestable coïncidence, confondues avec les miennes.


Edgar Allan Poe, « William Wilson », 
Nouvelles Histoires extraordinaires (traduction de Charles Baudelaire)

lundi 25 avril 2016

un philosophe-artiste


« Un livre de Vuarnet reste pour la littérature française une matrice et une maîtrise qui légitiment l’essai critique et la pensée poétique. C’est donc le moment de dire qu’il y a un avant Vuarnet et un après Vuarnet dans les lettres et dans les esprits, il faut dire, pourtant, que personne ne l’a dit encore, mais que des lecteurs conscient et artistes le découvrent, sans aucun doute possible. »
Alain Jugnon, « D’une inconvenance »


réédition incorpore, 2016


samedi 23 avril 2016

Janine


« Super-foutre les couilles à l’air / Bites pointues reins bien ouverts / 
Aiguilles plantées au derrière / Une nouvelle manière de plaire / 
A trois, à trois dans les waters »
(p. 16)

Janine, Olivier Hodasava
Inculte, 2016 (128 p., 16,90 €)

Françoise Wald (1958-1984, Fontaine, banlieue de Grenoble)
(Emmanuelle / Jeanine, Jeannine…)
A 3 dans les WC / WC3 (1978-1984)
Saint-Quentin (« c’est-à-dire à peu près nulle part », Aisne, Picardie)


spéciale dédicace (PCH)


vendredi 22 avril 2016

... nouveau signe...


[…] Aucun « h » , sous quelque forme qu’il soit, ne se soustrait à sa sagacité. D’où un bel ouvrage, avec moult citations mais aussi une recherche sur les variations visuelles de la lettre, donnant au fil des pages une riche expression typographique. […]

christopHe kantcHeff
« La quête du H », in Politis, n° 1400 (21-27 avril 2016)






mardi 19 avril 2016

« humble hommage à mon professeur »


Philippe Bonnefis, par Valerio Adami

(source : Editions Galilée)

Flaubert, Baudelaire, Malraux, Cendrars, Ponge, Simon, Quignard, Adami
Presses Universitaires du Septentrion
avril 2016, 324 p., 25 €

samedi 16 avril 2016

La Charmeuse de serpents (d’après)


Victor Brauner 
La Rencontre du 2 bis, rue Perrel 
(1946 - 80,5 x 105 cm)

En 1945, Victor Brauner (Roumanie 1903-Paris 1966), peintre et sculpteur, s’installe au nunéro  2 bis de la rue Perrel (XIV arr. de Paris).
À cette même adresse, le peintre Henri Rousseau, dit « le Douanier », avait résidé. Il y avait son logement, au premier étage, et son atelier, au rez-de-chaussée. Alfred Jarry (ami proche de Rousseau, tous deux nés à Laval) y fut logé temporairement... 


vendredi 15 avril 2016

O



[…]
On apprend dans la tradition occulte que le chou est la forme que prend le néant pour se manifester à la conscience humaine. Cela je ne l’invente pas mais je l’ai lu dans des livres d’occultisme et de magie. Or d’après ces livres il paraîtrait que Satan : le hasard issu de l’inexistant, se serait servi de cette forme pour composer l’organe sexuel féminin, etc., etc.
[…]
Antonin Artaud
lettre au docteur Ferdière
Rodez, 18 octobre 1943

samedi 9 avril 2016

samedi 2 avril 2016

2 x 3 éc H os

Après Bruno Fern, en ouvreur :

Une fois de plus, J. Barbaut se tient à l’écart de toutes les poses encore en vogue sous des formes ripolinées.

Sitaudis, « Parutions »

C’est Grégory Haleux, en 8 paragraphes et 8 notes :

Car dès le « Harpon » inaugural nous sommes happés par des leçons de langue sur le H, souvent sous forme de coups de hache en lalangue, que Bartlebaut le Scribe a dénichées chez des maîtres tels Saussure (une pointure en la matière), Hugo le pohète amusé […], l’onomatopologue Nodier, le merdecin Rabelais en graphie des origines, et bien d’autres, et bien d’autres, essentiellement des fous ès linguisteries configurant la plus belle constellation, effectivement propre à déclencher le phantasme.


François Huglo, en son « AlBum BarBaut » :

Les trois H sont, outre Heidegger, Husserl et Hegel dont le Derrida de Glas prononce le nom à la française pour découvrir en lui « l’aigle pris dans la glace et le gel ». Barbaut n’oublie ni Heine, ni Hermann Hesse (Siddharta), ni la compagne de Raoul Hausmann, Hannah Höch, « Die Dadasophe », qui doit à Kurt Schwitters le second h de son prénom.

Sitaudis, « Incitations »

Eric Dussert, in « Mythes et réalités du H » :

En 2010, le correcteur Jacques Barbaut entreprenait d’établir un alphabet personnel qu’il vient enrichir du volume consacré à la lettre H. […] Que le Hareng saur nous croque, on attend avec impatience le volume consacré au O cédillé, plus familièrement nommé « Q ».

Le Matricule des anges, n° 171, mars 2016 (p. 5)

Claro, qui propose « Histoire d’H » :

Zutiste tendance aquoiboniste. Il ne croit que ce qu’il lit, et encore. Mais ce qui l’attire, dans l’ombre hiératique de l’H, ce sont ses vertus sécantes, cette fière allure de guillotine qui permet de couper court aux longs discours. Ainsi, l’H – que personnellement je m’obstine à élider par pure perversité – jouerait le rôle de grand monolithe noir sur la planète alphabétique (et humaine). On le retrouve d’ailleurs dans de nombreux patronymes divins – yHwH, jéHovaH, yaHvé, éloHim, cHrist, allaH, maHomet, tHot, hetc.


et Alain Frontier, dans sa « lettre à Jacques Barbaut » :

Car à peine pourrait-on affirmer que la lettre h fût un signe. Un simple signal plutôt, pointant seulement un des paramètres possibles de la prosodie. En somme, elle est le degré zéro de la consonne, étant là pour l’œil plutôt que pour l’oreille : jamais elle ne se prononce. Même quand elle est dite aspirée, elle n’est le signe d’aucun son, d’aucun bruit, mais se borne à signaler la manière dont une voyelle est prononcée (avec une attaque glottale) : non liée, comme on dit en musique, mais attaquée. Cet imprononçable génère le livre tout entier. Pour un peu, tu nous l’aurais écrit à partir d’un accent ou d’une cédille. Tu es un typographe et un musicien du silence (tu fais résonner l’inaudible).